Edito
 

Coup de colère

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le 08.08.17 | 12h00 Réagissez


L'ancienne procureur spécialiste du crime de guerre, Carla Del Ponte, vient de nous rappeler l’existence, depuis le mois d’août 2011, d’une commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Ce n’était pas là son objectif, car si elle en parlait, c’était pour s’en séparer, jeter l’éponge et reprendre sa liberté. Elle quitte une commission qui «ne fait absolument rien», selon elle, des propos sentencieux sans la moindre circonstance atténuante. Elle parle d’inaction sans en donner les raisons, alors même que dans un tel débat, c’est ce qui fait cruellement défaut. Mais la juriste rejoint dans sa position tous ceux qui parlent de vide ou, en d’autres termes, que des actions n’ont pu être menées pour mettre fin à la guerre en Syrie. Ce que ne rapportent nullement les rares débats eux-mêmes fourvoyés et otages des questions de procédure. Rien ne se fait sans un certain consensus. C’est ce qui a fait dire à un spécialiste des conflits, et dès les premiers mois, qu’il ne fallait pas parler d’échec de la diplomatie, car, soulignait-il, rien n’avait été entrepris. Un bien curieux dilemme, mais le fait est là, et depuis 2011, plus personne ne sait comment décrire cette guerre, établir un constat qui soit incontesté, la seule qui ne le soit pas est que la lutte des Syriens pour la démocratie a été dévoyée, et les premiers opposants au régime syrien remplacés par d’autres, leur voix étouffée et leurs revendications perdues de vue, même s’il s’agit, au moins dans une certaine étape, de combattre encore et toujours le régime en place. Désormais, «tous en Syrie sont du côté du mal. Le gouvernement Al Assad a perpétré de terribles crimes contre l'humanité et utilisé des armes chimiques. Et l'opposition n'est désormais composée que d'extrémistes et de terroristes», juge-t-elle.

Sauf que depuis quelques années, rares sont les Etats qui souhaitent réellement le départ de ce dernier, persuadés que si cela venait à se produire, ce serait le néant. Une espèce de vide qui a transformé la Syrie en un immense camp d’entraînement pour les extrémistes du monde entier, même de pays que l’on croyait éloignés du champ de bataille. Et c’est justement ce qui a bloqué l’action de Mme Del Ponte et de ses collègues, et qui l’a amenée à quitter cette commission. «Je ne peux plus être dans cette commission qui ne fait absolument rien.» Des propos qu’elle ne cherchera pas à nuancer, puisque cela renvoie au fonctionnement des institutions internationales. La juriste accuse en effet les membres du Conseil de sécurité «de ne pas vouloir établir la justice». Aussi juste soit-il, son jugement paraît sévère néanmoins en raison justement des facteurs de blocage auxquels, à vrai dire, le monde s’est heurté, alors que la Syrie connaissait non pas une guerre, mais plusieurs, aux conséquences désastreuses pour un pays démembré, fracturé et systématiquement détruit, avec une population exposée aux différentes formes de massacres et d’exil, les juristes, parlant quant à eux des «pires violations des droits de l’homme et crimes internationaux que l’humanité connaît». Suffisant pour rendre justice au peuple syrien et éviter d’autres guerres du même genre, sinon pires ? Bien sûr que non.

Mohammed Larbi
 
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