Edito
 

Clameurs et crises latentes

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le 03.06.17 | 12h00 Réagissez


Un mois après les dernières élections législatives, la situation dans le pays ne prête guère à l’euphorie. Quand on sait que le thème de la stabilité était l’axe principal du programme de campagne des partis au pouvoir ou qui s’en réclament, on mesure à quel point les lendemains des élections peuvent s’inscrire en faux contre le dispositif politique qui avait été mis en place pour gagner les suffrages. L’affaire du ministre du Tourisme limogé 48 heures après sa nomination illustre, à elle seule, la nature factice, foncièrement instable, du système de gouvernance qui aura échoué dans une simple opération de ravalement de façade.

Si le programme d’un gouvernement n’engage que très relativement celui-ci auprès de l’opinion publique, le choix des hommes est, par contre, scrupuleusement examiné. D’aucuns ont salué l’installation d’un professeur en médecine en remplacement de l’ancien ministre de la Santé, qui avait montré une conception très approximative de la recherche médicale, mais ce serait ignorer un grave problème posé dans les hôpitaux où les services de soins et les blocs opératoires sont désertés par les praticiens émérites.

L’entrée remarquée des walis au gouvernement laisse, par ailleurs, perplexes des citoyens qui ont eu à éprouver la gestion locale, ces dernières années, ayant globalement consisté, précisément, en le maintien de la «stabilité sociale» et de l’ordre public. Depuis les instructions adressées aux walis en août 2015 par l’ex-Premier ministre, l’inénarrable Abdelmalek Sellal, au sujet de la relance de l’activité économique à la base, la libération et l’accompagnement de l’initiative entrepreneuriale, aucun bilan n’a été établi.

Des walis ont juste été intégrés à l’Exécutif. Le «succès» avec lequel le pouvoir a tenté une opération ponctuelle de rajeunissement de l’équipe gouvernementale est de nature à susciter quelque scepticisme dans les nouvelles promotions intervenues dans le sillage des élections législatives. Les chantiers sont nombreux et il est impossible de les réduire à la satisfaction du seul «droit au logement». Il y a aussi la santé et l’éducation qui sont les missions de base de l’Etat. Des secteurs qui poursuivent leur chute libre en l’absence d’un plan de sauvetage et de réhabilitation. De vraies crises latentes qui minent le corps social.

Les populations n’arrivent pas à faire entendre leur voix dans un contexte national dominé par un invraisemblable vacarme et clameurs en tous genres. Les derniers appels à la mobilisation concernent l’interdiction d’émissions de télévision qu’il suffit de ne pas regarder. Dans un monde où l’ironie le dispute au cynisme, c’est le FMI qui s’inquiète, au sujet de notre pays, de la protection des démunis, alors que ces derniers n’ont pas oublié les conditions de la déstructuration de l’économie nationale, dont certains acteurs se considèrent présentement en «réserve de la République».
 

Djamel Tamani
 
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