Edito
 

Chasse aux sorcières

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le 11.10.17 | 12h00 Réagissez


Non content d’avoir détruit l’Algérie économiquement, institutionnellement et moralement, le pouvoir actuel, accaparé par un petit groupe d’individus agglutinés autour de Abdelaziz Bouteflika, a déclaré une guerre totale aux idées et à la culture dans notre pays. N’ont droit de cité que les laudateurs professionnels et les larbins en tous genres pour faire l’apologie du leader respecté et bien-aimé.

Dernière agression contre notre culture : deux universitaires renommés, Aïssa Kadri et Daho Djerbal, invités à donner des conférences sur la lutte des peuples contre le colonialisme le 1er novembre prochain par les organisateurs du Salon international du livre d’Alger (SILA) ont été informés qu’ils ne font plus partie des invités. Aucune explication ne leur a été fournie.

Et pour cause. La décision est tellement grave, et connaissant le fonctionnement du système algérien, qu’elle n’a pas pu être prise par les organisateurs du SILA, cet espace en théorie dédié à la liberté de création, mais transformé en lieu de répression. Le crime de ces deux hommes ? Avec d’autres respectables personnalités, ils ont appelé, le 7 septembre dernier, à l’organisation d’une élection présidentielle anticipée, une proposition qui fait horriblement peur aux prédateurs du cercle présidentiel qui sont entrain de détruire le pays par la réprime, la peur et le chantage.

Tout système basé sur le pouvoir personnel ne tolère pas les débats d’idées, les intellectuels, et pour cela, il déclenche une guerre sans merci à tout ce qui peut remettre en cause son pouvoir foncièrement antidémocratique. De ce fait, il n’hésite pas à s’engager dans une chasse aux sorcières sans merci.

Depuis deux ans, il a été constaté que la wilaya de Béjaïa est sa cible privilégiée. Toutes les conférences sont systématiquement interdites. Même une figure politique comme Saïd Saadi a été interdit(e) de présenter au Café littéraire d’Aokas son livre, qui n’a pourtant rien de subversif, sur le musicien et chanteur Cherif Kheddam. Même des écrivains comme Kamel Daoud, par exemple, sont interdits de publier. Jamais des explications sont fournies, tout simplement parce que les fonctionnaires de service n’osent pas dire qu’ils ne font qu’exécuter des ordres venus «d’en haut» pour ne pas perdre leur emploi.

Le bouteflikisme, outre qu’il a ruiné l’Algérie, a décidé aussi d’en faire un désert culturel pour abêtir les citoyens et les renvoyer au Moyen-Age. On sent que la culture est l’ennemi de la médiocrité. Les incompétents et les aventuriers qui sont au pouvoir le prouvent amplement. A une époque récente, n’a-t-on pas permis à un prédicateur obscurantiste, Mohamed El Ghazali, ami du chantre du terrorisme El Qaradhaoui, de s’attaquer sur la chaîne de TV algérienne à de grandes figures de la littérature algérienne comme Mohamed Arkoun et Kateb Yacine. La grande Amérique avait beaucoup perdu lorsqu’elle avait laissé au début des années 1950, le sénateur McCarthy faire la chasse à ses grandes figures de l’art et de la culture.
 

Tayeb Belghiche
 
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