Edito
 

Champ de mines

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le 21.06.17 | 12h00 Réagissez


Le nouveau ministre de l’Industrie et des Mines, Mahdjoub Bedda, a dû hériter d’une gestion chaotique léguée par son prédécesseur Bouchouareb pour s’entourer d’un nouveau staff en renvoyant pas moins de 7 hauts cadres centraux et d’organismes relevant du secteur. Pour l’heure, rien n’a filtré sur les causes de ce limogeage massif des anciens collaborateurs directs de l’ex-ministre.

Cependant, le nombre pléthorique de postes de direction visés par cette opération coup depoing et la sensibilité des structures concernées laissent penser que le nouveau premier responsable du secteur a découvert des choses gravissimes qui auraient justifié ce qui apparaît bien comme étant une opération de «débouchouarebisation» en bonne et due forme.

Le nouveau ministre de la Communication, Djamel Kaouane, pour sa part, a été un peu plus prolixe en annonçant le lancement d’un audit sur un scandale qu'il a hérité de Hamid Grine, en l'occurrence celui de la délivrance des cartes de journaliste à de faux journalistes. Le ministre de la Communication s’en remet aux résultats de l’audit qui déterminera les responsabilités dans ce dossier pour prendre les décisions qui s’imposent.

Mais si l’information est avérée, la responsabilité de l’ancien ministre est pleinement engagée. Il devra s’expliquer et rendre des comptes sur sa gestion de ce dossier dont le délit reproché — le faux et usage de faux — relève du pénal. Il n’y a que chez nous où les ministres et les hauts responsables influents du système sont couverts par une espèce d’immunité à vie après leur départ du gouvernement et de leurs postes. A-t-on déjà vu un ministre, un ambassadeur, un haut gradé rattrapé par la justice ? La communication gouvernementale et institutionnelle a toujours souffert d’un manque de transparence caractéristique des modes de gouvernance autocentrée.

Alors que dans les Etats démocratiques la chronique judiciaire est quotidiennement alimentée par des affaires dans lesquelles de hautes personnalités sont mises en cause, en Algérie il y a comme une fausse pudeur politique à en parler publiquement, voire une culture de la gestion politique des affaires et des scandales pour amortir les chocs sur le système. La décision d’un ministre fraîchement nommé, qui limoge séance tenante une charretée de hauts cadres de son ministère ayant compté parmi les collaborateurs les plus proches de son prédécesseur, ne peut pas être mise sur le compte d’un simple caprice d’un gestionnaire «dégagiste», trop imbus de son pouvoir.

Ce n’est pas un fait banal et routinier de gestion de ressources humaines pour ne pas s’interroger sur le mouvement tectonique du violent séisme qui a frappé l’encadrement du ministère de l’Industrie et des Mines. Le nouveau ministre de l’Industrie a ouvert la boîte de Pandore, mais sans rien dévoiler de son contenu.

La chasse à l’homme visant des cadres de confiance de l’ancien ministre confirme la thèse de la disgrâce de l’ancien ministre que l’on disait proche du cercle présidentiel et qui a eu à ce titre carte blanche pour gérer ce secteur stratégique avec les résultats très contestables que l’on sait. Le nouveau ministre de l’Industrie et des Mines a du pain sur la planche pour déminer le champ truffé d’engins explosifs laissé par Bouchouareb. C’est du moins la lecture première que l’on peut faire des changements spectaculaires de cadres opérés dans ce secteur, en attendant d’en savoir plus.

Omar Berbiche
 
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