Edito
 

Cette chose qui n’est pas à nous

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le 15.08.17 | 12h00 Réagissez


Abdelkader Messahel vient de mettre les pieds dans le plat. Lors d’une conférence de presse donnée samedi après-midi, il s’en est pris à la Ligue arabe qui, a-t-il dit, a besoin de réformes profondes, «sinon elle est vouée à disparaître». Ce n’est pas la première fois qu’un ministre algérien des Affaires étrangères pose le problème de cette organisation. Avant lui, Abdelaziz Belkhadem, quand il était à ce poste, s’était révolté contre son fonctionnement et a demandé de le revoir de fond en comble.

Il n’est pas arrivé à ses fins. Et pour cause ! Les Egyptiens en ont fait un instrument au service de leur seule diplomatie, d’où son immobilisme. Jusqu’à ce jour, seuls les Algériens ont dénoncé le fonctionnement arbitraire de la Ligue qui est devenue de ce fait obsolète. A. Messahel a totalement raison de revenir à la charge. «Aujourd’hui, elle est dans l’incapacité de résoudre ses propres crises», a-t-il souligné. Effectivement, le monde arabe connaît des bouleversements souvent tragiques, surtout depuis ce qu’on appelle le «printemps arabe».

Or, la Ligue en question était totalement absente de la scène, et l’est jusqu’à ce jour, comme si les problèmes apparus ne l’intéressent pas du tout ou qu’elle est totalement incompétente face à la situation. Il a toujours été écrit qu’elle est un syndicat de chefs d’Etat et que sa fonction première est de ménager la chèvre et le chou. Ce qu’elle fait avec zèle et sans honte. Il n’est pas dit qu’elle froissera un chef d’Etat en fonction. Elle sait se voiler la face lorsqu’un pays arabe bombe le torse et veut écraser et humilier son petit voisin.

C’est ainsi qu’elle était aux abonnés absents lorsque l’Arabie Saoudite a envoyé en 2011 ses chars et ses soldats envahir l’émirat de Bahreïn pour mater une manifestation pacifique de chiites qui n’avaient pour seule arme que le Coran. Même silence complice lorsque le royaume wahhabite, épaulé par une coalition arabe dans laquelle figure le Maroc, a agressé le Yémen, un pays parmi les plus pauvres du monde et qui n’a que sa foi pour résister à l’agression.

La politique de l’autruche était de rigueur lorsqu’une intervention militaire occidentale, à la demande apparemment du Qatar qui lorgnait sur le gaz libyen, a abouti à l’élimination du dictateur Mouammar El Gueddafi et à l’éclatement de la Libye en proie jusqu’à ce jour à la guerre civile, cette même guerre civile qui ravage la Syrie sans que les diplomates bedonnants de la Ligue ne bougent le petit doigt. Ce sont les Russes, les Américains et l’Union européenne qui cherchent à trouver une solution. Méprisée, la Ligue n’est même pas consultée et n’a pas droit au statut d’observateur.

Ne parlons pas de l’Irak abandonné à son sort depuis l’invasion américaine. Les dirigeants arabes se sont même frottés les mains lorsque Bush a décidé de l’effacer de la carte du monde. Lorsque des centaines de milliers des réfugiés, surtout syriens, vagabondaient à travers l’Europe pour fuir la guerre, ils n’ont trouvé aucun réconfort et aucune aide du côté de la Ligue.

Ce sont surtout les «infidèles» chrétiens qui leur sont venus en aide. De ce fait, A. Messahel a beaucoup d’arguments à avancer pour justifier sa démarche. La Ligue ne peut rester éternellement une vache à lait destinée à payer grassement des fonctionnaires égyptiens.
 

Tayeb Belghiche
 
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