Edito
 

Aventurisme saoudien

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le 20.11.17 | 12h00 Réagissez


Non contente d’avoir déstabilisé les mondes arabe et musulman avec son wahhabisme, l’Arabie Saoudite, prise par le démon de l’aventurisme, cherche aujourd’hui à entraîner les «frères» dans de nouvelles escalades guerrières. Sans crier gare, et sans consulter quiconque, elle a demandé, pour hier, une réunion d’urgence de la Ligue arabe pour discuter «des moyens de contrer les interventions iraniennes dans les pays arabes et ses atteintes à la sécurité et à la paix».

Depuis la révolution de palais qui a permis au roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud et son fils Mohamed d’évincer du pouvoir tous les princes de la lignée Al Saoud, les deux nouveaux maîtres de Riyad prennent des décisions qui sont en apparence irréfléchies. L’affaire Saad Hariri en est une parfaite illustration.

Selon la presse libanaise, il a été convoqué par le palais royal qui l’aurait obligé à lire une déclaration anti-iranienne. Il aurait peut-être pu subir le sort de l’imam libanais Moussa Sadr. Ce dernier, invité en Libye en 1978 par Mouammar El Gueddafi, a disparu lui et ses compagnons et des traces de leurs corps auraient été découvertes récemment. La France a joué un rôle fondamental dans le départ du Premier ministre libanais d’Arabie Saoudite.

On sait que les Saoudiens et les Iraniens se livrent une féroce guerre de leadership au Moyen-Orient, sous couvert de confrontation entre chiites et sunnites. L’Arabie Saoudite joue sur ce registre pour espérer mobiliser le monde arabe, essentiellement sunnite, contre la République islamique d’Iran. Elle aurait même cherché à nouer une alliance avec Israël pour l’engager dans un conflit armé avec Téhéran. Le chef des services de renseignement israélien a cependant déclaré à une chaîne de télévision française que son pays n’est pas prêt à se battre pour les Saoudiens contre les Iraniens.

C’est peut-être cette déclaration qui a poussé Riyad à «convoquer» une réunion de la Ligue arabe. Rares sont les pays arabes qui accepteraient de s’engager plus à fond contre l’Iran dans une croisade au résultat incertain, sinon catastrophique. L’ancienne Perse a des capacités de nuisance et une puissance inégalée dans la région. L’Algérie avait souffert de ses activités subversives dans les années 1990.
L’Arabie Saoudite cherche-t-elle à ouvrir un nouveau front dans lequel elle pense entraîner les Arabes ?

En s’engageant contre le Yémen, elle a voulu jouer au gendarme de la Péninsule arabique. Elle croyait que cela serait une simple promenade et que les rebelles houthis seraient rapidement balayés. Depuis trois ans, elle est en train de goûter au fruit amer de la défaite. Elle a engagé dans l’aventure des pays qui n'ont rien à voir avec les problèmes du Yémen, comme le Maroc et l’Egypte.  L’exemple du Yémen donnera beaucoup à réfléchir à tout pays arabe qui aurait envie de prendre fait et cause pour la monarchie saoudienne.

Tayeb Belghiche
 
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