Edito
 

Au chevet de l’ivre passion

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le 26.10.17 | 12h00 Réagissez

La 22e édition du Salon international du livre d’Alger (SILA) a été étrennée hier, officiellement, par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Un rendez-vous annuel très attendu et prisé par les Algériens. Et pour cause, cette adhésion.

Le Sila 2016 a drainé près de 1,5 million de visiteurs. Et la preuve patente. C’est l’embouteillage à «l’effet escargot» et le stationnement débordant où les places sont chères. Un succès qui ne se dément pas. Mais l’événement livresque de cette année est émaillé par des appels au boycott suite à la bévue du commissaire du Sila, ayant fait maladroitement l’apologie de la violence contre les femmes, et aussi par l’ostracisme de certains écrivains et d’intellectuels algériens, privés, voire victimes du fait du prince et autres pratiques jurassiques et orwelliennes.

Il est des voix aussi prônant la participation pour la préservation de cet espace se voulant d’expression directe, un cadre de référence pour les belles lettres, le savoir, la culture et surtout les valeurs cardinales universelles, notamment de tolérance. A conquérir et reconquérir. Et ce, en échangeant, partageant, s’écoutant, acceptant les différences. Sans exclusive, ni exclusion. Versus une vision unilatérale, idéologique et unique, pour ne pas dire inique. Sinon, sans jouer aux thuriféraires, comment expliquer l’absence flagrante au Sila 2017 d’auteurs prestigieux, des enfants du pays, Kamel Daoud, Yasmina Khadra ou encore Boualem Sansal. Si les détracteurs avancent l’alibi de «caprices de stars», l’argument est trop simpliste, insultant l’intelligence des gens en(et) sentant «l’intox et la manip’» à plein nez.  Ces Algériens… en lettres capitales sont encensés et traduits partout dans le monde, mais officieusement, plutôt officiellement, honnis en leur pays. Cette célébration du livre en Algérie leur revient aussi.

Bien sûr, sans protocole ni esbroufe. Mais ils ne sont pas de la fête. Alors que ces auteurs devraient être une fierté nationale. Avez-vous vu dans le monde des auteurs toiser leur public, leur lectorat ? Que nenni ! C’est leur milieu vital, ce bain de foule des ventes-dédicaces et conférences est un acte manqué privant ces milliers de gens. Et de surcroît, ayant acheté leurs romans et faisant d’eux des best-sellers.

De front, le livre proprement dit demeure très onéreux, inaccessible et inabordable en Algérie, comme l’a souligné Yasmina Khadra, sans démagogie ou autre défaitisme. Les taxes et la surtaxation relatives à l’édition et l’absence d’une réelle et efficiente politique du livre mènent immanquablement à l’autodafé. Il s’agit de démocratiser et, par conséquent, exonérer le livre pour être accessible à tous. Soutenir et encourager l’ouverture de librairies et bibliothèques. Aussi, à l’occasion de ce Sila, les décideurs sont interpellés quant à la promotion du livre. Pour qu’il ne soit pas un acte élitiste résumant et caricaturant les autres à l’achat et la lecture d’ouvrages théologiques — bradés en quantité industrielle pour la circonstance (suivez mon regard) —, de cuisine et d’interprétation des rêves.

K. Smail
 
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