Edito
 

Apaisement

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le 10.01.18 | 12h00 Réagissez


Les deux Corées ont décidé hier de rétablir leurs liaisons téléphoniques militaires. Il a fallu du temps, au moins deux années, et c’est tout de même rassurant. Et rien d’autre, et surtout en attendant la prochaine crise, pourraient affirmer sans risque de se tromper les spécialistes de la question coréenne. Ce qui tend véritablement à relativiser une telle décision, laquelle n’est qu’un palier dans un long processus inauguré il y a soixante-cinq ans, soit à la suite de l’accord de cessez-le-feu signé le 27 juillet 1953. Depuis cette date, la petite localité de Panmunjam a fini par être connue, pour situer ce qui tient lieu de ligne de cessez-le-feu, et de lieu de rencontre entre les responsables des deux pays. Ou encore une Nation et deux Etats que l’ONU avait reconnus comme tels en 1948, et qui n’ont jamais pu établir des relations normales avec ce que cela implique dans ce cas très particulier.

A commencer par les échanges entre familles que la guerre entre le Nord et le Sud avait séparées. De telles opérations ont pu avoir lieu sans jamais avoir le niveau souhaité par ceux qui sont concernés, autrement dit, les Coréens des deux côtés. Pareille opération ne serait pour ainsi dire qu’un indicateur de la relation entre le Nord et le Sud, franchement mauvaise ces derniers mois après la crainte d’un nouveau conflit qui pouvait résulter, quant à lui, des échanges menaçants entre la Corée du Nord et les Etats-Unis au sujet de l’arme nucléaire que Pyong- yang déclare détenir, menaçant même de l’utiliser en cas d’attaque extérieure. Beaucoup de craintes et certainement des nuits blanches pour les dirigeants de cette région, il est vrai habitués, voire contraints de vivre avec le risque de guerre depuis une soixantaine d’années. C’est pourquoi, et tout en le relativisant, il faut prendre l’accord conclu hier pour ce qu’il est, un nouveau départ après maintes ruptures, mais aussi un préalable dans le lourd dossier entre les deux Etats.

Car on attend la suite dans un processus qui avait débuté en 1970 avec ce même téléphone militaire qui a été étendu au domaine civil, et le fonctionnement des deux lignes dépendait totalement du climat politique, comme en atteste le contexte dans lequel il a été décidé de rétablir le contact. Mais cela suffit-il pour régler ce que l’on considère depuis toujours comme le conflit intercoréen ? Très certainement pas, puisque, constate-t-on, la question se pose depuis 1953, même si le contexte n’est absolument plus le même depuis la fin de la guerre froide et de la rivalité entre l’Est et l’Ouest. Que manque-t-il donc à ce dossier pour qu’il soit enfin réglé et que disparaisse le risque de guerre que certains disent bien réel ? Toutes les questions litigieuses, ou considérées comme telles, sont pourtant clairement identifiées, que les différentes phases de tension n’ont pas altérées. Elles ont au contraire été clairement consolidées en vue d’un règlement durable. La région tout entière en a bien besoin.
 

Mohammed Larbi
 
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