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Gisement de Bled El Hedba (Tébessa)

Un faisceau d’investissements pour des mirages

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le 19.06.17 | 12h00 Réagissez

 
	Les milliards de dollars d’investissement 
	du Saoudien Radyolla dans le phosphate n’étaient qu’un leurre
Les milliards de dollars d’investissement du Saoudien Radyolla...


A travers ces investissements, il s’agira d’assurer la transformation de cinq millions de tonnes de phosphates marchands en engrais phosphatés et la production d’un million de tonnes d’ammoniac et de 800 000 tonnes de calcium ammonium nitrate», annonçait avec fierté, Abdessalem Bouchouareb, l’ex-ministre de l’Industrie et des Mines, lors de la cérémonie de signature, le 18 juillet 2016, du MoU avec l’indonésien Indorama. Pour ce faire, devrait au préalable être remise en exploitation de la mine de Bled Hedba (Tébessa) avec des capacités de production annuelle de six millions de tonnes de phosphate marchand. Instruction sera, dans cette perspective, donnée à la société des mines de phosphates, Somiphos Tébessa, propriété du groupe public Manal, de renforcer sa flotte minière. Une commande d’engins d’extraction, gros tonnages, a été, aussitôt, passée auprès d’un constructeur européen pour un coût oscillant entre 10 et 15 millions d’euros, nous a-t-on appris.

Alors que ce que l’on ignore, peut-être, est que pour les besoins de la réouverture en 2006 de cette même mine, Somiphos dut débourser près de dix millions d’euros dont 2,7 millions pour l’achat d’une douzaine de camions Mercedes d’une capacité de 40 tonnes/unité et 3 millions pour l’acquisition auprès d’un leader allemand d’un surface-miner ultrasophistiqué. Introduit pour la première fois en Algérie en 2008, cet engin spécifique à la grande exploitation minière qui remplace à la fois la sondeuse, l’explosif et la chargeuse dans l’exploration et l’exploitation des produits miniers, devait permettre au gisement Bled El Hedba de s’assurer, à partir de 2010, une production de 2 millions de tonnes/an. Malheureusement, pour des raisons à ce jour inexpliquées, il eut été décidé de la fermeture de ce gisement à peine trois années après son entrée en service, c’est-à-dire en 2009 : «Cet équipement dont peu de pays y compris ceux développés et industrialisés pouvaient à l’époque en disposer est à l’arrêt depuis près d’une dizaine d’années. Toutes ces mesures anti-économiques prises pour des raisons occultes avaient eu raison de l’ambition de franchir le seuil de 1,2 million de tonnes/an de phosphates, alors qu’en termes relatifs, le pays dispose de  réserves prouvées estimées à deux milliards de tonne, parmi les plus grandes au monde », s’indignent nos sources.

Et de rappeler, au passage, avec dépit, l’abandon, la même époque et pour des motivations tout aussi occultes, d’un autre projet tout aussi déterminant que s’apprêtait à lancer Sonatrach et feu Ferphos Group en partenariat avec un Groupe australien. Il était question de la réalisation d’un complexe exclusivement dédié à la fourniture de super simple phosphate (SSP) à Bab El Aassa (Tlemcen) et pour lequel plus de 100 millions de dollars d’investissement devaient être mobilisés. Autant dire que nos décideurs ne savent plus sur quel pied danser et que l’Algérie est un pays qui marche résolument sur la tête.

Naima Benouaret
 
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