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Exposition de Nora Zaïr, une jeune photographe

Les «réflexions féminines»

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le 19.03.17 | 12h00 Réagissez

 
	Une photo modèle au flou artistique
Une photo modèle au flou artistique

En effet, cette initiative remonte au mois d’octobre dernier, lorsque trois jeunes talents d’Oran ont été invités à présenter leurs œuvres en même temps que deux de leurs homologues strasbourgeois.

L’événement a été organisé par l’association PasSages, en partenariat avec le collectif Iso club d’Oran, dont fait partie l’artiste oranaise, qui a entamé son parcours en 2012. Autodidacte, elle a profité de la dynamique impulsée ici par le même institut (journées de la photo, entre autres) et qui a permis l’émergence en quelque sorte d’une nouvelle génération d’artistes photographes issus d’univers divers, dont celui de la presse ou de la vie associative, mais qui ont en commun la même passion pour cet art visuel. Celui-ci n’est pas très développé en Algérie et c’est en ce sens qu’il est utile de lui donner plus de visibilité. Nora Zaïr explore plusieurs thématiques et semble chercher une voie et un style propres qui la feront émerger sur la scène artistique.

Deux œuvres retiennent particulièrement l’attention dans cette exposition. Il s’agit notamment d’un travail sur le reflet et intitulé «Réflexion féminine», réalisé en avril 2015. Le titre est en soi déjà un jeu de mots. Sur la devanture d’une vitrine, elle nous fait voir un mannequin habillé d’une jupe courte et aux côtés duquel, en reflet, comme s’il était question d’une surimpression, on distingue des têtes de femmes en hidjab. «Dans ce travail, je voulais surtout montrer cette opposition vestimentaire», indique-t-elle. Seulement, accentué d’un côté par l’effet noir et blanc, qui met beaucoup plus en valeur les visages que les habits, et de l’autre, par le fait que le mannequin soit sans tête, le résultat de ce travail de composition décline un même personnage central qu’on a décapité. Vue sous cet angle, l’image est forte et renvoie à un passé révolu, mais bien réel.

Les psychanalystes verront sans doute la résurgence inconsciente d’une horreur refoulée, car insoutenable.
Lui faisant indirectement écho, un autre travail, réalisé en septembre 2016 et intitulé «La prière», suscite la curiosité.
 Il s’agit d’un grand nombre de femmes portant toutes un voile ou un foulard blanc sur la tête et qui semblent en pleine méditation. Cette réunion improbable a été captée par la photographe lors d’un événement inhabituel organisé par la fondation Djanatu el âarif, présidée par Khaled Bentounes, à l’occasion d’une célébration du Mawlid ennabaoui.

Traditionnellement, cette date anniversaire du calendrier lunaire donnait lieu, malgré l’opposition des fondamentalistes, à des aspects festifs familiaux ou confrériques, mais le cheikh âlaoui de Mostaganem a voulu lui donner une dimension publique supplémentaire. Seulement le fait que la scène se passe dans une salle des fêtes, cela lui confère plutôt un aspect tape-à-l’œil pour ne pas dire mercantile. Une double mise en scène avec la photographe qui recadre un événement lui-même sorti de son contexte traditionnel. Mais Nora Zaïr ne fait ni dans l’instantané ni dans le reportage, comme le montrent ses autres œuvres, où on devine souvent les petits arrangements qui lui permettent d’aboutir à l’effet voulu.

En cela, malgré la jeune expérience de l’activité de la photo à Oran, commencent également à se dessiner les influences que les uns ont sur les autres. Le titrage «Les enfants d’Oran», y compris le cadrage à partir d’un balcon, rappelle les travaux de Hamid Aouragh, comme la séquence «Disco Maghreb» (ancien magasin de cassettes et de disques) évoque une belle œuvre de Fayçal Rezkallah (Alias Fay la Faille). Pour le reste, ce sont des scènes de vie ordinaire conjuguées à des portraits de personnages atypiques. Les photographies montrant Oran la nuit sont également admirables, à condition de ne pas les confondre avec le concept qui n’est plus de mise et dont la ville garde encore la réputation, celle des «nuits oranaises».
 

Djamel Benachour
 
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