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Houna Qassentina, nouveaux espaces culturels à Constantine

Faire jaillir la parole pour vaincre la résignation

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le 16.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	 Un espace, une tribune de choix promouvant la culture à Cirta 
	 
 Un espace, une tribune de choix promouvant la culture à...

Grâce aux soirées ramadanesques organisées dans cet établissement, à la qualité des débats, de l’organisation et de l’assistance, la ville a renoué avec ce qu’elle savait faire il n’y a pas très longtemps : transcender les vicissitudes du factuel et le sublimer par l’intellect.

Lors de ces rencontres, le public a vite saisi le potentiel que recèle le concept, d’où une affluence grandissante d’une semaine à l’autre. En réalité, il s’agit d’une double initiative, inscrite à l’enseigne de «Houna Qassentina», reprise de l’historique annonce des programmes des décrochages constantinois de la station d’Alger de radiodiffusion, tel qu’expliqué par les initiateurs. Les rencontres nocturnes du Café Riche sont couplées à un autre événement thématique, et plutôt académique, intitulé «Le forum constantinois», décliné sous forme de conférences-débats.

Pour cette double initiative, le forum élit domicile à l’Office des établissements de jeunes (ODEJ) chaque mardi, et son numéro zéro a été animé par Pr Abdallah Boukhelkhal, venu livrer un autre regard sur Cheikh Abdelhamid Benbadis, un thème choisi opportunément, au moment où la vie et l’œuvre de l’ancien président des Ulémas font l’objet de quelques mystifications, notamment dans le biopic projeté en mai dernier.

Quels sont les ingrédients nécessaires pour réussir: Un toit, un concept et un public.Ajoutez-y du thé et de bonnes vibes et vous obtiendrez un miracle. Ces conditions ont pu être réunies, et plus encore, puisque l’organisation a été assurée par une équipe jeune et dynamique, drivée par deux personnages fous, atteints de «zinzinite aiguë», LounisYaou et Meriem Merdaci. Le premier, à la tête de l’association Numidi-Art, secoue le cocotier depuis deux ans déjà, avec un volontarisme militant au service de l’action culturelle. Les Zinzins de la lecture, les Zinzins du cinéma et les Zinzins de la musique agitent la vie culturelle locale et élargissent chaque jour un peu plus le cercle des fidèles, les jeunes surtout arrachés au pouvoir de l’inertie et de la résignation. Meriem Merdaci, quant à elle, mène une carrière d’éditrice, à la tête des éditions du Champ Libre. Son amour pour sa ville et sa révolte face au marasme culturel (jamais assez dénoncé), la conduit à tenter plusieurs expériences avant d’aboutir à cette initiative qu’on peut qualifier d’ores et déjà de réussie.
 

Remobilisation citoyenne

Le Café Riche, vestige d’une cité perdue et d’une idée nostalgique d’un centre-ville flamboyant, est l’endroit idéal pour tenter un projet de rencontres culturelles et amorcer une aventure pertinente et hardie. Le centre-ville de Constantine, carrefour millénaire et réceptacle d’un patrimoine matériel et immatériel inestimable, est étouffé par une activité commerciale excessive et avilissante. Les rencontres du Café Riche prennent tout leur sens dans la mesure où elles tentent de reconquérir un territoire totalement dominé par des pratiques opposées au beau. La philosophie de Houna Qassentina dépasse justement les sentiments de désolation et de résignation, face au « constat, largement partagé par les acteurs et les observateurs de la scène culturelle constantinoise, de l’état de déshérence de la vie artistique et intellectuelle de la vieille médina, et cela en dépit des fastes et  des paillettes de Constantine, capitale de la culture arabe», écrivent les organisateurs dans le document fondateur de leur action.

«Les Zinzins du Café Riche» se décline en trois rubriques : la première reçoit un personnage issu des médias, pour raconter sa semaine à travers des moments forts de l’actualité. Sans exception, les intervenants ont su provoquer des échanges passionnés et sincères, notamment s’agissant de tout ce qui a trait aux problèmes de la ville. Le blogueur infatigable, Tewfik Benzeggouta, la journaliste de la Chaîne 3, Hayet Kerboua, ou encore l’ancien journaliste de la radio, Mohamed Eulmi, ont….

Comme plat de résistance, la deuxième rubrique, «En toute liberté», est définie comme une rencontre thématique culturelle, artistique, patrimoniale, qui fait place au débat entre un invité principal et le public. L’art culinaire constantinois, la géomorphologie de Constantine, le Festival Dimajazz, ou encore «le Sama’ El qassantini «(les confréries Soufi à Constantine). Là aussi, les invités s’exprimant ès qualité, notamment le chef Hassan Bentalha et  Pr Mohamed-Tahar Benazzouz, ont réussi à donner du plaisir et à remuer les méninges chez l’assistance. Fait remarquable: le public s’accroche jusqu’à une heure tardive de la soirée. Les éclairages et les témoignages de personnalités notoires de la ville, à l’image de Pr Abdelmadjid Merdaci, l’architecte Nourredine Khelfi et l’artiste Ahmed Benyahia, ont apporté un plus à la qualité des échanges.

Et les soirées sont clôturées par des outros musicaux qui ont su prolonger le plaisir en offrant à chaque fois une couleur différente du spectre musical large que renferme la ville. «Houna Qassentina» a secoué les nuits ramadanesques constantinoises, mieux, les deux initiatives ont pu fonder des espaces de qualité, rassembleurs, où la parole est libre, et où s’expriment les talents, les inquiétudes, les espérances, et les idées, «pour rappeler que les Constantinois ne se résignent pas et sont en capacité de contribuer à la scène culturelle nationale, de se remobiliser autour d’initiatives novatrices». Gageons que cet élan citoyen pourra dépasser le cap de l’expérience éphémère et faire des racines.

Nouri Nesrouche
 
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