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Entrepreneurship : le diagnostiquer et le développer

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le 19.02.18 | 12h00 Réagissez


Les programmes de promotion de l’entrepreneurship sont en train de s’approfondir et de toucher de plus en plus de vastes couches de la population.

Il est heureux de constater que des personnes peu nanties peuvent accéder à des positions de créateurs de richesses et d’emplois. Seules comptent les idées et non seulement les ressources que l’on peut mobiliser. Cependant, l’entrepreneurship est un phénomène complexe et l’optimisation des ressources nécessite un affinement du phénomène dans notre contexte : qui sont les différents groupes d’entrepreneurs ? Quelles sont leurs motivations ? Quels sont leurs potentiels de développement des différentes activités et comment optimiser l’utilisation des ressources mises à leur disposition ? Nous n’avons là qu’un échantillon de questions qui nous permettent de mieux saisir les contours de la question et d’y apporter des réponses claires à des questionnements légitimes.

Le mythe de la grande entreprise est assez répandu même au sein des nations. Nous avons tendance à croire que les grandes firmes sont les principales productrices de richesses ; et pourtant ! Plus de 65% de la valeur ajoutée des pays développés sont produits par les PME. Il en est de même pour l’emploi.

Une politique économique de création, de promotion et de redéploiement des PME est incontournable dès lors que l’on aspire au développement.

La résolution des problèmes économiques passe par la dynamisation du secteur des PME/PMI. Nous ne pouvons résoudre le problème de l’emploi en Algérie avec seulement environ un million de PME/PMI et plus de 35 milliards de dollars d’importations. Le Maroc a plus du double de nos PME/PMI. Notre secteur productif est trop petit par rapport à la taille de la population.

L’articulation des politiques de développement aux différents niveaux hiérarchiques s’établit ainsi : stratégie de développement ; plans (indicatifs) et objectifs macroéconomiques ; politiques sectorielles ; politiques de développement régional ; plans d’aménagement locaux.

Cette articulation cohérente permettra aux grands groupes industriels de définir leurs stratégies et aux responsables locaux d’insérer leurs actions dans le cadre d’un mouvement d’ensemble clairement défini.

Le rôle des pouvoirs locaux

Les politiques de développement local résultent des stratégies des pouvoirs publics, des redéploiements des grandes firmes et de la recherche de valorisation des potentialités locales. Comment peut-on concevoir des plans de développement locaux et d’aménagement sans disposer d’orientations macro-économiques claires ou si elles variaient chaque année ? Il ne serait pas aisé d’architecturer cette cohérence.

Cela nécessite toute une ingénierie organisationnelle. Beaucoup d’expériences, de compétences, de motivation et de responsabilisation des acteurs économiques à tous les échelons sont nécessaires. Certes, il est important de sensibiliser, de former et d’intensifier la communication entre tous les acteurs. Cependant, notre préoccupation essentielle dans ce contexte demeure la PME. En instaurant des procédures et des mécanismes qui incitent les acteurs locaux (pouvoirs publics, entrepreneurs...) à se concerter, à coopérer et à agir de concert avec les orientations globales, on se rapproche des objectifs ainsi assignés.

C’est en tissant les intérêts des acteurs en jeu que l’on arrivera à rétablir cette cohérence. La gestion des institutions locales par objectifs, l’introduction d’une plus grande transparence, la précision de critères de performance des collectivités locales et de toute la hiérarchie institutionnelle produisent certains stimulants qu’il faudrait renforcer. Compter uniquement sur le bon vouloir et la bonne conscience des individus serait un leurre. Un système de cohérence nationale reste à architecturer. Un modèle économique, social et politique ne s’articule pas spontanément de lui-même.

Son ingénierie est promue par un groupe d’hommes mûrs, experts, modestes et connaissant leurs marges de manœuvre et leurs limites en conférant aux marchés économiques et politiques ce qui relève de leur savoir-faire, et en agissant à l’aide d’instruments qui demeurent à leur disposition pour permettre aux décideurs d’exercer l’influence nécessaire à l’obtention des résultats escomptés.

Pour cela, les spécialistes en aménagement par exemple ont à organiser l’espace, introduire des cohérences locales et promouvoir des schémas de développement décentralisés mais cohérents avec la stratégie de développement. Mais une grande dose de modestie et de flexibilité est nécessaire. Il ne s’agit pas de substituer le diktat de l’aménagement à celui du plan.

Les pouvoirs locaux ont soit à proposer un catalogue très riche d’activités à entreprendre, soit à délimiter les projets incompatibles avec la région pour des raisons précises (pollution, indisponibilité de l’eau). La marge de manœuvre en matière de choix de projets et de délimitation de la taille des entreprises doit demeurer en grande partie le privilège des entrepreneurs. Autrement, nous aurions simplement décentralisé le centralisme.

Les orientations centrales

Lorsqu’on compare les programmes publics de développement de l’entrepreneurship avec ceux de nombreux pays étrangers, on peut situer nos forces et nos faiblesses. Les volumes de ressources mobilisées au profit des entrepreneurs potentiels nous placent parmi les pays les plus généreux. Les avantages consentis sont également énormes.

Ceci ne doit pas nous laisser l’impression que nous avons atteint un haut degré de maîtrise. Nous avons trois faiblesses manifestes qu’il faut corriger sous peine de voir ces programmes déraper. Le premier concerne la préparation (l’amont) du projet : la formation des futurs entrepreneurs et la maîtrise de la conception des projets. Le second concerne l’accompagnement après financement : un tissu d’incubateurs et de pépinières experts est dans une phase très embryonnaire et son évolution est trop lente pour prendre en charge correctement le volume des ressources mobilisées.

En troisième lieu, nous avons toute une industrie du savoir à créer autour de ces activités (qualité, exportation, prévisions, etc.) pour prendre en charge correctement et orienter aussi bien les activités des entités créées que celles des PME/PMI et micro-entreprises déjà en opération.

C’est cette industrie du savoir qui sera capable d’aider nos entrepreneurs à booster leur niveau de performance. Un embryon existe et des approches avec le système universitaire commencent à se dessiner. Il nous faut approfondir la réflexion et l’action dans ces trois directions salutaires. Sinon on continuera à mobiliser plus de ressources qu’il n’en faut au moment où on en a le plus besoin pour diversifier l’économie hors hydrocarbures..

Abdelhak Lamiri
 
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