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       <title>El Watan - Point Zéro</title>
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       <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:10:10 +0100</lastBuildDate>
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           <title>Le temps éphémère des cerises</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 28 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Graine des rois, dessert du raffinement, rond, charnu, sucré et difficile à cultiver, la cerise est le fruit de l’éphémère par excellence. Elle vient d’apparaître sur les marchés, les routes et les campagnes, cédée entre 600 et 1000 DA le kilo. Comme toutes les primeurs recherchées, les premières fournées sont destinées aux riches, c’est-à-dire ceux qui se servent les premiers. Les classes moyennes devront attendre quelques semaines que les prix baissent, et les pauvres une autre vie pour se le permettre.

	La cerise est pourtant un fruit cultivé en Algérie, et le PNDA, Plan national de développement de l’agriculture, n’a rien à voir avec elle, puisque ce fruit existait bien avant Saïd Barkat, l’ex-ministre du secteur, aujourd’hui milliardaire sans n’avoir jamais été inquiété pour ses achats et ventes sur le marché des terres et du premier servi. Car les fonctions, tout comme les cerises, sont aussi éphémères. Quand on est ministre, il faut être plus rapide qu’une saison, encore plus rapide que cette bonne et éphémère idée de l’obligation de déclaration de patrimoine, avant et après avoir été ministre ou député. On raconte que seul Benbitour, éphémère chef de gouvernement, aurait accompli cette formalité, c’est-à-dire publier son patrimoine avant (d’être nommé) et après (avoir démissionné).

	Les autres ne l’ont pas fait et ne le feront probablement jamais, trop occupés à gérer l’éphémère et manger des cerises. A ce titre, le président Bouteflika, bien que vieux, et le système, bien qu’âgé, auront paradoxalement raté la maîtrise du temps. Un pays, un homme, une femme, une idée ou une idéologie se juge sur le long terme, et il faut bien reconnaître qu’aucun homme du sérail désigné par la Présidence n’aura eu une vision plus lointaine que celle de l’avenir de ses propres enfants, préférant empocher rapidement des cerises. Avec un seul slogan, il faut faire vite, et mal.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/le-temps-ephemere-des-cerises-28-05-2012-172454_173.php</link>
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           <title>Un Dieu, un homme</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sun, 27 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 27 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Devinette : il a attendu son quota, il n’est jamais venu. De qui s’agit-il ? Bouguerra Soltani, Ahmed Ouyahia, Louisa Hanoune ou Hocine Aït Ahmed ? Car si tout le monde parle ouvertement de quotas, c’est qu’ils ont bien été ouverts. Dans cette Assemblée, qui représente en salaires 14 milliards de dépenses par mois (462 x 300 000 DA), tout le monde aura eu sa part, mais dans le sens du restaurant-plat du jour vers ses clients, «mangez, mais c’est moi qui choisis le menu». D’ailleurs, le président de l’Assemblée sera désigné par la Présidence, pour bien montrer que le contre-pouvoir législatif n’a aucune réalité, et les députés, représentants du peuple, aucune autonomie. La logique est restée la même, Abdelaziz Belkhadem, secrétaire jusqu’à nouvel ordre du FLN, a été imposé par la Présidence.

	Le FLN a gagné les élections législatives, mais le président de l’APN sera lui aussi imposé par la Présidence. La Présidence va imposer ses hommes, qui seront mariés, ses lois, qui seront votées et son programme, qui sera adoubé. Pendant que les réformes, mise  en place des contre-pouvoirs législatif et judiciaire, seront reportées à 2015. En plein printemps, 50 ans après l’indépendance, 30 ans après le Printemps berbère et 1 an après le Printemps arabe, l’autocratie se maintient avec les jardiniers de l’impossible : cultiver des fleurs sous serre plutôt que dans la terre.

	Question : que peut-on imposer à la Présidence ? Pas grand-chose à part couper la route d’El Mouradia, brûler des chaises, appeler les militaires à la rescousse ou les islamistes au secours. On pourrait même imaginer une alliance entre les généraux et les ex du FIS pour reprendre le pouvoir ou le décentraliser. Un général en qamis  appelant au djihad, ou Ali Benhadj en tenue militaire, appelant à la guerre. Non, ça, c’est déjà fait. Et la devinette ? Oui, non, il s’agissait de Belloumi, le footballeur.
	 </description>
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           <title>Vulcain, dieu des vulcanisateurs</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sat, 26 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 26 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Le tout et le rien, concepts propres à toutes les cosmogonies, ressemblent bien à la nouvelle Assemblée, où il y a justement de rien et de tout. Des femmes bien sûr mais aussi des hommes, et entre eux deux, des moudjahidine, des affairistes, des islamistes rescapés, démocrates épargnés et même des vendeurs de drogue, selon Louisa Hanoune. Bref, une Assemblée hétéroclite mais représentative, où l’on trouve même des ministres. Six d’entre eux ont d’ailleurs quitté le gouvernement parce qu’ils sont devenus députés. L’Algérie a-t-elle gagné au change en perdant six ministres qui n’ont pas brillé dans leurs secteurs et qui vont maintenant participer à l’élaboration et au vote des lois ? C’est une question de bon sens, comment des responsables décriés dans les domaines qu’ils ont eu en charge depuis de si longues années ont-ils pu être élus par la population ?

	Les vases communiquent évidemment, tout comme les vieux pneus peuvent être rechapés, l’essentiel étant de rouler. C’est toute la magie d’un système, le FLN, matrice nourricière première et émanation de Vulcain, dieu du feu, des forgerons et des vulcanisateurs (dont le nom vient de Vulcain), récupère des hommes qu’il gonfle pour devenir ministres. Quand ils sont usés, ils passent députés puis quand ils sont trop vieux, sont nommés sénateurs. A leur mort, qui généralement rassemble beaucoup de monde, les jeunes premiers qui auront porté le cercueil pourront intégrer le FLN et faire le même parcours que les défunts pour passer ministre, puis député puis sénateur puis sénateur mort. Ce cycle sans fin n’est pas sans rappeler la grande roue des hindouistes, symbolisant mort et renaissance, où il n’y a ni fin ni commencement. L’allusion aux pneus, par ailleurs porte-bonheur que l’on accroche aux maisons souvent illégalement acquises, prend tout son sens. C’est en Inde que l’Algérie achète sa viande. Coïncidence ou métaphysique ?</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/vulcain-dieu-des-vulcanisateurs-26-05-2012-172216_173.php</link>
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           <title>Les grands mystères de l’empire</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Wed, 23 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 23 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Quelle est la différence entre la pudeur et le culte du secret ? La première est une sorte de difficulté affective à afficher ses sentiments ou ses biens, qui se manifeste parfois par une rougeur aux joues, des yeux baissés ou des doigts qui se mélangent. Le second n’a rien à voir avec les sentiments, il est lié à une culture, celle de la non-communication et l’appropriation, mélange à tête haute d’autoritarisme, de peur, de féodalisme et de mépris ; personne ne doit savoir ce que les initiés savent, même si ce sont des choses qui regardent tout le monde. On mesure d’ailleurs le degré d’ouverture d’un pays au nombre de secrets qu’il garde et ne diffuse pas à sa population. Exemple : si aux USA, les grands secrets sont au nombre de deux – qui a tué Kennedy et qui a fait le 11 septembre – ils sont des centaines en Algérie. Du qui a tué Boudiaf aux origines de l’actuel Président en passant par l’âge du ministre de la Jeunesse, la valeur des caisses pompées du pétrole non déclarée ou le secret de la longévité du ministre Benbouzid. Un nombre incroyable de mystères sont indisponibles, sous la forme d’une «error 404» comme sur internet, «la page que vous avez demandée n’existe pas».

	Dernier secret en date ? Le fameux fichier électoral de DOK, grand secret parmi les secrets et qui a grandement contribué à la fraude générale. L’argument est connu, c’est un fichier secret que seuls le DRS, le ministre de l’Intérieur et les descendants du Prophète peuvent consulter. Autre secret : les résultats des élections par wilaya, non disponibles aussi. Pour celui-ci par contre, il n’y a pas d’arguments à ne pas les diffuser, sauf le fait qu’il serait facile de prouver la fraude à partir de simples comptabilités. Pourquoi DOK ne veut-il pas le communiquer ? Ce n’est un secret pour personne. Mais après avoir tant promis au sujet de la transparence, DOK dort-il bien le soir ? Ça, c’est un secret.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/les-grands-mysteres-de-l-empire-23-05-2012-171801_173.php</link>
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           <title>Monsieur 6%</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Si l’on en croit les officiels, les Algériens ne veulent pas changer leurs représentants. Si l’on en croit les Algériens, rien ne changera jamais, la vie est un cycle, un cercle ou un pneu qui se gonfle et dégonfle mais jamais ne crève. Si l’on en croit par contre les chiffres, 6% des électeurs ont voté pour le FLN et, par ricochet, pour le président Bouteflika qui a officiellement déclaré sa flamme pour le parti unique. Combien d’Algériens l’actuel Président représente-t-il ? Si, en théorie, les nombres ont été inventés pour quantifier des opérations, on s’aperçoit souvent qu’ils sont là pour qualifier et donner du sens à un parti pris. Si la démocratie est la mainmise de la majorité sur la minorité, l’autocratie est exactement le contraire : la mainmise d’une minorité sur une majorité.

	Sauf qu’en Algérie, si l’on en croit la majorité, celle-ci est pour l’écrasement des minorités, même si c’est une minorité qui le demande au nom de la majorité, elle-même minoritaire, ce qui complique tout. Si l’on en croit les psychanalystes, les Algériens sont pour le changement sans changement et contre leur gouvernement, mais avec lui, ce dernier étant aussi contre le gouvernement, mais en privé.
	Qui croire ? Au-delà des chiffres et des opinions, il y a quand même une réalité. Il suffit de faire un tour dans la rue pour voir que tout le monde se plaint de ses gouvernants à travers une autre réalité qui montre qu’aucun secteur pris en charge par l’Etat ne fonctionne vraiment. Mais il suffit aussi de se faire inviter dans les salons des hautes sphères du régime pour voir que tous les dirigeants se plaignent de leur peuple. On murmure d’ailleurs que Ouyahia, avec le soutien du Président 6%, prépare une réforme de la réforme du code électoral dont tout le monde se plaint, les perdants surtout. A la fin de l’année, ce sont les dirigeants qui éliront le peuple. Cette fois-ci, garanti sans trucage.</description>
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           <title>En mai, fais ce qu’il te plaît</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 21 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 21 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Comme pour le bac, il y a la révision (des listes), l’opération (de vote), puis la sanction (des urnes). Le MSP, puni pour avoir quitté l’Alliance au pouvoir, n’a eu que quelques tabourets à l’Assemblée et passe officiellement dans l’opposition, même si ses ministres n’ont pas encore démissionné du gouvernement. Dans ce registre, le PT de Louisa Hanoune vient d’expliquer avoir été «politiquement puni» au vu des résultats accordés, même si lui aussi n’ose pas s’en prendre au président Bouteflika, pourtant préparateur des sujets, surveillant général et correcteur suprême de l’examen. Enfin, Ahmed Ouyahia, qui n’a toujours rien dit depuis qu’il n’a pas eu la moyenne, est fâché et a tout l’air de bouder dans son coin. Et pour cause, il vient de réaliser qu’il a été déclassé au profit du FLN et que ses sponsors n’ont plus besoin de lui.

	Entré par effraction au XXIe siècle, le régime gère encore le personnel politique comme des enfants mal élevés, l’économie comme une épicerie, la société comme des militaires dans une caserne et la mémoire comme les feuilles volantes d’un cahier. A ce titre, on a déjà oublié cette odieuse comparaison entre le scrutin du 10 mai et le 1er Novembre, qui prend tout son non-sens aujourd’hui. En effet, on imagine mal le 1er Novembre 1954 ressembler à ce scrutin où la participation a été gonflée telle une poitrine malingre et les bulletins détournés comme un recette des postes. On imagine aussi très mal les 22 tricher, négocier des places à la chkara ou Didouche Mourad se faire voler sa voix par un militant inconnu.

	Heureusement pour l’Algérie indépendante, la Révolution n’a pas été confiée à l’actuel ministère de l’Intérieur ni à ses walis ou ses magistrats, ou encore à son Conseil constitutionnel. Le scrutin du 10 mai n’a à voir ni avec le 1er Novembre ni avec le 5 Juillet. Peut-être avec le 1er Avril. Bien qu’ils soient peu à avoir le cœur à rire.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/en-mai-fais-ce-qu-il-te-plait-21-05-2012-171500_173.php</link>
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           <title>La troisième marque</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sun, 20 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 20 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Derrière chaque homme, il y a un homme. Poussé par le général Larbi Belkheir, mort aujourd’hui, le petit instituteur d’Aflou, toujours vivant, a sagement suivi une carrière plus ou moins linéaire pour être aujourd’hui sous les projecteurs. Donné candidat sérieux pour la présidentielle de 2014 par les uns, promis à la traversée du désert des Hauts-Plateaux par les autres en tant que prochain patron du FLN à être scientifiquement redressé, Abdelaziz Belkhadem aura marqué chacun par sa capacité à se marquer sans jamais se démarquer. Tatoué, exhibant ses signes extérieurs de religion ou d’appartenance, il est accusé d’accointances islamistes ou d’opportunisme politique, c’est selon. Mais le petit homme du Front s’était déjà fait remarquer par sa marque au front, signe qu’il est souvent à genoux et qu’il veut que cela se voie. Il vient de se faire remarquer par une deuxième marque : au lendemain des élections du 10 mai, outre son accoutrement étrangement ridicule, Abdelaziz Belkhadem a exhibé son doigt dont la première phalange était bleue, signe qu’il avait voté. Sauf que c’est le doigt de la main droite, ce qui n’est pas permis par la loi.

	En effet, pour voter ou même pour récupérer une carte d’identité, il faut apposer l’empreinte de son index de la main gauche. Abdelaziz Belkhadem a refusé de le faire et a apposé l’index de sa main droite. De fait, son vote devrait être déclaré nul, et aux 165 recours déposés par les partis devant le Conseil constitutionnel, il faut désormais en ajouter un, et de taille. Le vote de Belkhadem n’est officiellement pas recevable, chacun peut le vérifier sur les photos ou les vidéos de sa conférence de presse. Le Conseil constitutionnel osera-t-il invalider son bulletin, celui du patron du FLN ? Rien n’est moins sûr. En attendant, Belkhadem a déjà deux marques, l’une au front et l’une au doigt. On ne sait pas où se situera la troisième.
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           <title>Le jardin et le jardinier</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	Après 13 ans de règne, le président Bouteflika aura été incapable d’assurer des élections libres à son peuple. Pas plus qu’il n’aura réglé le mécontentement général, la crise du logement ou le problème des harraga, n’aura fait avancer son pays sur la question des libertés, de la justice, la médecine, l’école, l’université, la corruption, la bureaucratie, l’économie parallèle, les droits de l’homme ou les médias lourds, ou n’aura fait évoluer le dinar d’un petit centime d’euro ou de dollar. En contrepartie il aura effacé la dette extérieure, amené un semblant de paix, construit des routes et dessalé un peu d’eau de mer. Ce bilan globalement négatif est à mettre sur son compte et aura fait perdre une dizaine d’années au pays en termes de progrès social, même si on raconte encore que ce qu’il y a de bien vient du Président, de mal de son entourage.

	C’est d’ailleurs tout le problème : un Président algérien est toujours un bon président, du premier au dernier, et ce qui occasionne des déchets de gestion ou des erreurs de management ne vient jamais de lui mais du parasitage des forces occultes de la nation, cabinets noirs et lobbies parallèles qui arrivent à faire nommer un wali, un ministre, un agent des postes ou un fonctionnaire de la justice sans passer par la hiérarchie naturelle.

	Ce n’est bien sûr qu’une vue de l’esprit, la suite des carrières présidentielles est connue ; lorsque Abdelaziz Bouteflika quittera le pouvoir, tout le monde lui tombera dessus et soulèvera ses dérives, y compris ses plus proches collaborateurs. Ce n’est pas encore le cas. Même si le jardin du Président est trop mûr, nous sommes condamnés à manger, en plein printemps, de vieux fruits tout ridés. C’est là où le ministre de l’Agriculture aurait pu jouer un rôle. Sauf que, lui aussi, a dépassé l’âge de la retraite. Même les fleurs, comme Warda, meurent en Egypte. Comment faire d’un jardin un désert.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/le-jardin-et-le-jardinier-19-05-2012-171221_173.php</link>
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           <title>Soupe froide et lendemains chauds</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	C’est dans l’air, on sent comme un malaise. Plusieurs partis, dont le RND et le FFS, ont du mal à analyser les résultats des élections, parlant à mots couverts, prudents et gênés, pendant que les autres crient à la fraude. Ensuite, le parti pris ouvert du président Bouteflika qui, en poussant le FLN, a aussi poussé Abdelaziz Belkhadem à rester en poste, voire à lui succéder en 2014. Les ministres milliardaires sont encore au pouvoir et les agents agréés des lobbies mafieux ont repris du service, avec le costume élégant de députés.

	Si l’on ajoute les émeutes qui reprennent et les mouvements sociaux qui se réactivent comme pour démentir le score stupéfiant du FLN, il y a de la gêne, perceptible et bien présente. Comme si tous les invités à dîner sentaient que quelque chose ne va pas dans le service, ou que la viande a un goût de congelé, l’ambiance s’est d’un seul coup cassée, immédiatement après la fête prévue et l’extinction des lumières. Dans cet assemblage de convives plus ou moins invités au festin, il n’y a finalement que l’hôte de la fastueuse réception, en l’occurrence DOK, le ministre de l’Intérieur, qui se sent bien et mange tranquillement son assiette, voire celle de ses voisins. Entre deux bouchées, il a confirmé que les élections ont été propres et honnêtes, éludant les questions sensibles, fichier électoral et autres irrégularités concernant le dépouillement.

	Servant une soupe sans goût, le ministre vient d’expliquer l’ahurissant score du FLN (218 sièges là où même Belkhadem n’en prévoyait que 150) par le système électoral adopté ; celui-ci aurait favorisé le FLN, alors que quelques jours avant le scrutin, DOK disait exactement le contraire, que le système électoral ne donnera aucune majorité et favorisera les petits partis. Nous avons, bien sûr, les dirigeants que nous méritons. Mais sommes-nous obligés de manger les plats que nous n’avons pas commandés ?</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/soupe-froide-et-lendemains-chauds-16-05-2012-170843_173.php</link>
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           <title>Mars attack 2</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Il n’a rien dit, n’a pas fumé une cigarette à la télévision, n’a encore méprisé personne et n’a toujours pas commenté le résultat des élections. Le Premier ministre, accessoirement chef du RND et toujours non élu, n’a pas encore fait part de sa précieuse vision. Ce qui est dommage pour la population, car beaucoup attendaient les résultats du vote, non pas en termes de scores, plus ou moins connus d’avance, mais au sujet de ses conséquences. Finalement, près d’une semaine après ce deuxième 1er Novembre, les armées étrangères vont-elles débarquer et envahir l’Algérie ? Intelligemment, Ahmed Ouyahia, qui adore les chiffres, n’avait pourtant pas expliqué au-dessous de quel niveau de participation l’OTAN, la CIA, BHL, Al Jazeera et le Qatar allaient sonner à la porte du pays pour le réquisitionner. Si l’on en croit les chiffres officiels, auxquels il ne faut pas croire, il y a eu 57% de non votants, à ajouter au million et demi de bulletins blancs et nuls, ce qui équivaut à 7%, soit 64% de refuseurs.

	Ce taux de déviants est-il celui qui va ouvrir les portes des fenêtres à l’ingérence étrangère ou est-il insuffisant pour que les armées de l’apocalyspe se déchaînent contre l’Algérie ? En attendant de le savoir, on peut déjà se rappeler que pendant la campagne, Ahmed Ouyahia avait qualifié le Printemps arabe de «déluge arabe». Eu égard aux milliers de morts tombés sous les dictatures de la région, abattus sans ménagement, le Premier ministre aurait pu avoir un peu d’égard pour ses cousins. Il n’en a pas eu, pas plus qu’il n’en a pour ses propres frères et c’est d’ailleurs sa fonction. Mais s’il n’y a aucune raison de s’inquiéter d’une invasion de l’Algérie, ce que tout le monde sait plus ou moins, ce que ne sait pas Ahmed Ouyahia, c’est que tout le Monde arabe est au moins d’accord sur une chose : le pire qui puisse arriver, c’est de se faire envahir par Ahmed Ouyahia.
	 </description>
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           <title>Logique des cavernes</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 14 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 14 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Par déduction, observation et en attendant le rapport définitif de la commission de surveillance qui n’a rien pu surveiller, il semble bien, encore une fois, que le régime ait été incapable d’assurer l’honnêteté promise, coincé dans son atavisme de qataâ troug, voleur de grands chemins. En gonflant le taux de participation et jouant du curseur avec les scores, il aura créé tout un drame au-delà de cette nouvelle déception ; 50 ans après l’indépendance, nous ne savons toujours pas ce que nous pensons. Car en interdisant à la société d’avoir un retour d’écoute sur son propre avis, les autorités l’auront confinée dans un statut de mineure condamnée à la surdité et récupéré les données de son cerveau sans en délivrer les informations contenues dedans. DOK, neurochirurgien autodidacte, sera donc le seul à connaître la vérité, cryptée comme un fichier électoral et dont l’accès est interdit, avec le prétexte de souveraineté nationale. Combien pèse vraiment le FLN ? Qui a participé au scrutin ? Les islamistes, combien de divisions ?

	Les démocrates sont-ils une force ou un ectoplasme ? Autant de questions auxquelles nous n’aurons pas de réponses, qui nous obligeront à naviguer à vue, fantasmant la force des uns et minimisant la puissance des autres, condamnés à l’errance de l’ignorance, guidés par la seule affectivité en lieu et place de raison et de chiffres. A l’image de beaucoup d’Algérien(ne)s installés dans une position très inconfortable, tout aussi contents de la minimisation du score islamiste que mécontents d’une fraude incompatible avec tous les mécanismes de la démocratie. L’obstination du régime à maintenir l’Algérie au Moyen-Age n’aura pour équivalent paradoxal que le projet des islamistes à nous y faire retourner. L’Algérie a du pétrole et de l’énergie, et c’est tout son drame, elle peut vivre dans une caverne
	sans soleil durant de nombreuses années. Au moins jusqu’à 2014.</description>
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           <title>Les matchs mous</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sun, 13 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 13 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Ce fut à l’algérienne, un match nul avec un arbitre dont on ne sait s’il joue ou juge, et un public dont on ne sait s’il est vraiment là. Un score plus ou moins vierge et un pari présidentiel à moitié gagné, ni les participationnistes ni les boycotteurs n’auront gagné ce scrutin. Une Algérie à moitié vide ou à moitié pleine, à moitié d’accord avec son gouvernement ou à moitié pas d’accord, qui veut élire ses représentants ou n’en veut pas. Il est tout de même assez étrange qu’il ait suffi que les islamistes sortent de l’Alliance présidentielle pour perdre les élections. La morale, s’éloigner de la matrice condamne à l’errance dans les bureaux de vote et à un déclassement obligatoire. Menasra, de l’ex-MSP, aura quitté la mamelle et obtenu 7 misérables sièges, ce qui va lui poser un sérieux problème de légitimité. Tout comme Ghlamallah qui avait traité les abstentionnistes de traîtres et de lâches avec lesquels on ne peut rien bâtir. Au décompte officiel, il y aurait plus de 10 millions de traîtres algériens.

	Des traîtres bien bronzés pour DOK qui a tenu à expliquer que «la population issue du nord du pays a profité des trois jours de congé qu’octroyait ce référendum pour aller à la plage». Au-delà du fait que le ministre de l’Intérieur confond un référendum avec des élections législatives, il confirme les propos de son homologue des Affaires religieuses ; les abstentionnistes, de même que les boycotteurs, ne votent pas parce que ce sont des lâches qui ne pensent qu’à aller à la plage. Là aussi, ce ministre, comme l’autre, va devoir gérer 10 millions de traîtres qui ne sont pas d’accord avec lui. Avantage quand même au premier, le ministre de l’Intérieur a plus d’arguments que le second, dont la seule arme est l’excommunication. Pour le ministre de l’Intérieur par contre, plutôt porté sur la communication, il a à sa disposition 200 000 policiers et autant de matraques.</description>
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           <title>L’étrangeté d’un scrutin parfait</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sat, 12 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 12 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Difficile, au vu des images des bureaux de vote diffusées pendant toute la journée d’hier par la Télévision nationale, de croire que près d’un Algérien sur deux aurait voté. Il est encore plus difficile de réaliser qu’à Alger, où la désaffection était flagrante, un Algérois sur trois aurait voté.

	Mais ce sont les résultats officiels et s’il y a eu bourrage, c’est probablement en amont, dans ce fichier électoral crypté, aux mains des grands mages de la nation. Ou en aval, dans les opérations de dépouillement, pas très transparentes non plus. Ou il n’y a pas eu fraude du tout, ni raz-de-marée islamiste ni encore rupture ou désintérêt et tous les mouvements de contestation de l’année étaient des mises en scène : en réalité tout le monde adore Bouteflika, Belkhadem et Ouyahia.

	Les politologues et sociologues s’étonneront juste du score FLN, décrédibilisé par un bilan peu reluisant, mis en coupe par des hommes du sérail décriés, miné par des dissensions internes, coupé en deux par les redresseurs et en quatre par les redresseurs de redresseurs. On s’étonnera surtout de cette élection parfaite pour le régime, comme si elle avait été dessinée par ordinateur pour lui ; un taux raisonnable de participation, qui ne prête pas à scandale comme les derniers taux trop soviétiques ; le FLN en tête, suivi du RND et de l’Alliance islamiste.

	En gros comme avant, comme si rien n’avait changé depuis 15 ans et qu’aucun électeur n’avait lui-même changé. Mais bref, l’élection est passée et en attendant un hypothétique futur, la matrice peut continuer à fonctionner. De quoi sera fait demain ? De restes d’aujourd’hui, même si personne ne le sait vraiment. Mais pour ce vieil homme de 85 ans, qui s’est suicidé le 10 mai à N’gaous dans la wilaya de Batna, il n’y en n’a plus. Il s’est pendu le jour du vote. Ce suicide, le dernier en date, n’a probablement aucun rapport avec l’élection. Ou alors si.</description>
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           <title>J moins 1</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Wed, 09 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 09 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	La compétition est terminée et c’est bien dommage. Pour cette rare occasion, les problèmes de fond n’ont pas été abordés. L’accès aux libertés, la défense des droits de l’homme, les mécanismes pour accéder à l’indépendance de la justice, l’impunité des ministres milliardaires, la publication des enquêtes ou les procédures de leur mise en place, la corruption au sein des hautes structures de l’Etat, la possibilité de saisine du Conseil constitutionnel par le citoyen ou le véritable rôle du frère du Président, la fonction de l’armée et du DRS…

	Il restera, un jour avant le vote, ce sentiment profondément biologique que le régime n’est finalement qu’un bout d’ADN qui n’a pour vocation que de se répliquer et se multiplier. D’ailleurs, malin comme il est, il a dû concocter deux plans : un plan A sans fraude et un plan B avec, au cas où. Sinon, pourquoi cette dernière sortie avant la finale ? Pourquoi DOK refuse-t-il de donner l’accès du fichier électoral national aux observateurs étrangers et à la Commission de surveillance des élections ? Oui, il invoque une raison, la confidentialité des données des Algériens et Algériennes qui ne doivent pas tomber entre n’importe quelles mains, un service d’action étranger ou un vendeur de machines à laver.

	Mais c’est déjà oublier que son prédécesseur à l’Intérieur, Nouredine Yazid Zerhouni, voulait ficher tous les Algériens et donner la confection de passeports biométriques avec toutes les données disponibles à une entreprise étrangère, française, selon
	El Khabar. Peut-on faire confiance à NYZ et DOK quand ils ont globalement refusé tous les gages de transparence qu’on leur a demandés ? A première vue, non. A la deuxième, ce n’est plus important, les dés sont jetés. Demain, il y aura trois résultats possibles. La perpétuation du système selon les boycotteurs, la fin de l’Algérie selon Ouyahia, ou celle du régime selon toute vraisemblance.</description>
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           <title>J moins 2</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Tue, 08 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 08 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Même si les dirigeants n’ont pas été à l’école, ils pourront peut-être retenir la leçon de cette campagne 2012. Partout, dans toutes les régions du pays, les organisateurs de meetings n’ont pas réussi à remplir leurs salles, et dans plusieurs villes, on a accueilli les partis avec des pierres et des insultes.

	C’était pourtant un peu attendu ; les mêmes hommes ventrus ont sillonné leurs villages et quartiers, la plupart pour la première fois de leur vie, et les mêmes promesses ont été proférées, emploi et logement pour tous, sans qu’aucun des compétiteurs n’ait expliqué dans le détail comment loger et faire travailler tout le monde, comme s’ils s’adressaient à des enfants. Avec les mêmes slogans, les mêmes formations, qui abritent les mêmes corrompus connus dans leurs régions, ils ont tenté de convaincre des citoyens, déjà gênés par une question centrale : un député, même bien nourri, a-t-il un quelconque pouvoir ?

	On a longtemps disserté sur l’apolitisme patriotique de l’Algérien, mais il semble bien cette fois qu’il ne suffit pas de faire appel à l’amour de la nation pour remplir les bureaux de vote. Les gens sont conscients que la politique n’est pas de la cuisine, ce n’est pas dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures sauces. Dans l’une des rares ouvertures de la télévision algérienne où des jeunes avaient été libres de s’exprimer (c’était il y a quelques mois), un jeune expliquait sa vision : «Ils n’ont pas encore compris que nous avons compris.»

	La télévision a vite refermé cette parenthèse et le doux ruissellement de l’autocratie, auto-glorification, censure et répression, a repris sa monotonie. En fin de course, M. Ould Kablia a beau arrêter des gens, M. Ksentini les menacer, M. Ouyahia leur prédire la fin du monde ou M. Ghlamallah les insulter, à part les priver de dessert, il est difficile de forcer des enfants non affamés à manger des légumes sans goût.</description>
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           <title>J moins 3</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Pendant que le village d’Illilten risque d’être enseveli par une coulée de boue, l’ensemble de l’électorat continue d’être submergé par un raz-de-marée de menaces, pressions, chantages et insultes. Cette fois, c’est le ministre des Affaires religieuses qui s’est mis de la partie : le vénérable Ghlamallah a traité les abstentionnistes de «lâches» et d’«hypocrites». Ce n’est pourtant pas cette dernière insulte qui pose problème ou le fait que la religion n’est pas faite pour prendre à partie une catégorie politique, mais la suite de son analyse : «Nous ne pouvons pas bâtir une société avec eux», a conclu le respectable homme de Dieu, en poste depuis 15 ans.

	Si donc comme le prédisent beaucoup, y compris ceux qui sont engagés dans la course, à l’image de Boudjemâa Haïchour du FLN, l’abstention risque d’être forte, il va y avoir un problème. Si les non-votants totalisent 50% par exemple, il y aura donc 10 millions de lâches en Algérie, si toutefois la taille du fichier électoral est fiable. Après le 10 mai, Ghlamallah ne pourra donc bâtir sa société qu’avec 10 millions de personnes, excluant les non-votants et les enfants, trop jeunes, juste bons à se pendre dans les cours d’école. Si l’on ajoute les chrétiens, les bouddhistes ou les mangeurs de Ramadhan, déjà exclus du module Algérie, Ghlamallah devra «travailler» avec une minorité.

	Cette politique de l’exclusion n’est pas nouvelle, ceux qui ne sont pas avec le régime sont contre lui, même si ce dernier préfère parler d’«Algérie» menacée de mort au cas où le vote ne serait pas massif. C’est pourtant évident, c’est le régime qui sera menacé d’extinction en cas de forte abstention. Mais pour ses ministres, sa clientèle, ses cercles d’initiés, son sérail et ses subventionnés, le régime est l’émanation du peuple. Peut-être. Mais à ce niveau lamentable du débat, difficile de croire de Ghlamallah est l’émanation de quelque chose.</description>
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           <title>J moins 4</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sun, 06 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 06 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Pour en rester au premier degré, c’est officiellement le deuxième cas ; le jeune Tarik Mameri, enlevé à Belouizdad par la police de nuit, a été inculpé pour «incitation à attroupement». Ce délit, qui encore une fois n’existe nulle part ailleurs, aura confirmé que ce n’est plus l’attroupement qui devient un délit, mais l’idée de s’attrouper. Au-delà du fondement de cette accusation mentale par sanction préventive, ce rapport entre le délit et la punition a été sérieusement étudié par les souverains du pays comme frappes préventives contre l’autonomie de décision.

	Le régime est souverain, DOK est souverain, le patron de la DGSN est souverain et le juge est souverain dans son instruction, son procès et son verdict, ce qui n’est pas le cas du citoyen qui commet son acte – immolation par le feu, appel à ne pas voter, colère ou harga. Ce qui est remarquable, c’est que dans ces élections où les programmes sont censés s’affronter, personne n’aura décrit le processus permettant à la justice algérienne de devenir juste. Belkhadem, le SG du FLN par intérim, aura, lui, promis solennellement l’autonomie de la justice. Ce qui voudrait dire d’abord que la justice n’est pas autonome, qu’elle doit l’être et que si elle ne l’est toujours pas, la responsabilité en revient aux sphères dirigeantes, FLN compris.

	Ensuite, pour rendre la justice autonome, que faut-il faire à part faire la promesse de la rendre autonome ? On ne le répètera jamais assez : la démocratie est plus qu’un état d’esprit, ce sont des mécanismes à mettre en place et ils sont connus, rien ne sert de les répéter ici. Toutes les vagues promesses sont avant tout destinées à ne pas mettre en place ces mécanismes et, surtout, à rendre vagues les moyens d’y parvenir. L’autonomie de la justice ? Il faut d’abord une autonomie des justes qui peuvent juger de l’état de la justice. Pour cela, une élection de députés n’a aucune influence.</description>
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           <title>Saïda n’est pas loin et la machine est cassée</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Sat, 05 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	Légèrement démocratiques au départ, les enjeux se sont lentement resserrés pour montrer la véritable nature de la machine qui s’est mise en marche pour forcer le destin de 36 millions de personnes. La dernière semaine qui nous sépare des élections risque d’être difficile : harcèlement policier, pressions de toutes formes et même enlèvements. On le sentait un peu, pour cette dernière ligne droite, la menace et la violence sont devenues les seuls procédés pour obliger les gens à voter. L’agenda jouerait pourtant contre ce type de pressions, la Journée de la liberté d’expression vient de passer, le 3 mai (la Journée mondiale du rire est le 6 mai) et en théorie chacun aurait le droit de parler, de s’exprimer et de crier. Y compris les gens de Saïda, se sentant touchés et qui ont parfaitement le droit de se défendre même si c’est pour proférer aussi des menaces (de poursuites en justice) et traiter les journalistes de vagabonds, ce qui n’est pas réellement une insulte si on les oppose aux sédentaires gras nantis de certitudes.

	En pratique, à J moins 5, les coups bas pleuvent, y compris de la part de ceux que l’on croit dans le même camp et, du point de vue moral, il est aujourd’hui moins grave de détourner des milliards que d’appeler au boycott ou même de ne pas appeler à voter. Les temps sont sérieux, l’humour n’a plus le droit de flirter avec l’analyse, le deuxième degré est interdit sans préavis et même le scepticisme sur ce scrutin est désormais un délit. La machine est en place, les structures anonymes chargées de chasser les visibles sont opérationnelles et elles ont pour mission de tenter d’éliminer tous les éléments qui ne fonctionnent pas dans le sens du bien-être de la Matrice. Seule consolation : les gens de Saïda, qui n’ont rien à voir avec ces procédés souterrains mais tiennent quand même à défendre leurs joueurs de couteaux, auront au moins signé leur acte de leur nom.</description>
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           <title>Le coin de la carte</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Wed, 02 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 02 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	C’est une étrangeté, chacun peut le vérifier chez soi. Sur une carte géographique classique du monde, les deux diagonales du rectangle se croisent en un point, au centre géométrique, et ce point est situé en Algérie. Par ce hasard cartographique, l’Algérie est donc au centre du monde. Ce n’est pas pour cette raison mais pour des motifs électoraux que le Président algérien, lui aussi au centre du système, a déclaré que le monde entier a le regard fixé sur nous en cette période d’élections. Pendant que la crise financière et le chômage, le sous-développement et les maladies génèrent du désespoir, les habitants de la Terre fixent l’Algérie avec leurs gros yeux. Sauf que ce n’est qu’une vue de l’esprit, les cartes classiques mettent l’Europe (et l’Afrique) au centre parce que ce sont les Européens qui ont popularisé les cartes (même si ce ne sont pas les premières). Les cartes américaines mettent l’Amérique au centre et, de ce fait, l’Algérie ne se situe plus au centre du monde mais à sa périphérie. Idem pour les cartes australiennes ou russes, chacun mettant son pays au centre, de même que la célèbre carte arabe d’El Idrissi (1154) représente le monde comme un cercle avec La Mecque au centre, décalant l’Algérie à chaque fois sur le côté, en attendant des cartes algériennes.

	Ce n’est donc qu’une subjectivité, l’Algérie n’est au centre du monde que pour ceux qui s’estiment être au centre du monde et les regards ne sont pas fixés sur nous ; les habitants de la planète ont sûrement quelque chose d’autre à faire que de regarder un régime autoritaire tenter par tous les moyens de gagner la confiance de son peuple. En réalité, la seule carte à jouer n’est pas celle de la géographie mais celle de la franchise. Le Président devrait oublier les jeux de cartes et parler de ses ministres milliardaires et incompétents, de même que des problèmes que des Algériens choisis créent aux Algériens.</description>
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           <title>Lève-toi, tu verras</title>
           <author>Chawki Amari </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Point Zéro</category>
           <pubDate>Mon, 30 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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	Il est connu que les hommes petits ne voient pas loin à cause d’un problème de perspective et de triangulation hauteur-longueur-profondeur. Contrairement aux grands qui ont une vision XXL, plus à même d’observer l’avenir. Qoum tara (lève-toi, tu verras, le contraire exact de riyah, ma tchoufch) est-il le slogan de l’année ? Le FFS l’a adopté même si, en tant que boycotteur repenti, il n’aura pas répondu aux questions. Pourquoi cette participation ? Aït Ahmed-Bouteflika, même combat ? Mais contre qui ? Car si le FFS est dans l’opposition, le président Bouteflika fait croire qu’il est aussi dedans.

	Par géométrie inclusive, les deux hommes, le petit et le grand, se seraient discrètement rencontrés à la fin de l’année dernière et auraient conclu un marché. En échange de la participation du FFS, une Assemblée constituante verrait le jour – Qoum tara –, le vœu du FFS depuis que le FFS existe. Mais si la démarche de Bouteflika est claire – rassembler tout le monde, acheter chacun et clientéliser tout le pays – celle du FFS l’est moins. Peut-on faire confiance à un système qui a pour vocation d’avaler et de digérer chaque élément pour la survie de la Matrice ? Il y a de l’illisibilité dans la démarche du FFS. Quand Ouyahia dit que des forces veulent détruire l’Algérie, ce n’est pas comme Bouchachi, tête de liste FFS à Alger, qui dit qu’il y a un plan de destruction de l’Algérie.

	Pour le premier, il s’agit de forces occultes, vraisemblablement situées dans un bureau de la CIA, un service d’action du Quai d’Orsay ou un département de l’OTAN. Pour le second, l’ex-président de la Ligue des droits de l’homme, on ne sait pas de qui parle-t-il, mais c’est le même problème. Si on ne nous dit pas qui veut détruire l’Algérie en donnant des noms, personne n’y croira. On croira juste ceci : l’Algérie serait faible au point de ne pas pouvoir nommer les ennemis qui veulent la détruire.
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