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La maladie du médecin

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le 08.08.17 | 12h00 Réagissez


Une femme enceinte est renvoyée de trois hôpitaux et finit par mourir d’une hémorragie, son bébé aussi. Ce dysfonctionnement des structures de santé a été largement commenté et, comme souvent, la justice a agi avec la main lourde, sous la pression de l’opinion publique, en ordonnant des mandats de dépôt pour le médecin, les sages-femmes et le directeur de garde, là où un tribunal civil aurait pu sanctionner les erreurs. Pourtant, les médecins sont-ils vraiment hors de cause ? Car il faut bien l’avouer, une partie d’entre eux est devenue comme dans les autres secteurs, à la limite de l’irresponsabilité et du fatalisme ambiant ; des bébés morts pour une simple infection, des malades renvoyés en oubliant les premiers gestes d’urgence, des membres amputés sans justification sérieuse, paralysies et complications diverses suite à des erreurs de diagnostic, le tout en accusant le mektoub et la volonté divine. Pour le cas de cette pauvre femme de Djelfa, en dehors de l’irresponsabilité de la sage-femme qui a renvoyé une dame enceinte en l’absence de la gynécologue, alors qu’un simple généraliste ou chirurgien aurait pu l’aider, le problème est en réalité ailleurs, dans ce manque de médecins en dehors des grandes villes. Et là, la responsabilité se situe beaucoup plus haut ; les futurs médecins qui viennent de l’intérieur font leurs études à Alger ou Oran et s’y installent, ouvrant des cabinets et faisant fortune, oubliant de revenir chez eux, là où on a vraiment besoin d’eux. Résultat : des centaines de cabinets de gynécologie à Alger et une seule gynécologue dans l’hôpital de Djelfa, cumulant 10 jours consécutifs de garde. Il y aurait bien une solution, obliger ceux qui viennent de l’intérieur ou une partie d’entre eux à y retourner après leurs études. On va crier au régionalisme, mais c’est la seule façon d’implanter des médecins partout dans le pays et éviter de nouveaux drames. En médecine, même les derniers de la classe savent au moins ça, le populisme n’aide pas les malades.

Chawki Amari
 
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