Chroniques Point Zéro
 

La fulgurante ascension de Hadj Tbel

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le 29.10.17 | 12h00 Réagissez


C’est un citoyen normal, c’est-à-dire de sexe masculin, qui un jour décida de changer sa vie, son œuvre et son village en prenant son destin en main. Bien que manchot, il se démena pour animer une campagne électorale, couronnée de succès puisqu'il devint le maire de sa commune. Mais deux ans plus tard, devant la bureaucratie et le blocage du développement local, il dut expliquer à ses électeurs déçus, qu’un maire n’avait ni pouvoir ni prérogatives, tout étant centralisé au niveau du wali et d’Alger.

C’est ainsi qu’il promit de devenir député de sa région, et après une difficile collecte de soutiens, il fut élu à l’Assemblée. Mais devant l’inertie des députés et leurs applaudissements sans fin à toute proposition venant d’en haut, il réalisa qu’un député n’avait aucun pouvoir réel, tout étant faussé à la base par le clientélisme et l’argent sale. Il mit sa seule main qui lui servait à voter dans sa poche et se promit de passer de l’autre côté de la grande barrière de corail. D’entrismes en rapprochements graduels, de bains de pieds à Zéralda au hadj et de méchouis bien gras aux visites de cimetières, il finit par se lier au cousin de l’amie du frère et être nommé secrétaire général, puis ministre délégué, puis ministre tout court. Ne réussissant pas non plus dans son secteur, gêné par d’autres puissances parasitaires, il réussit à être nommé Premier ministre après une nouvelle série de génuflexions, ayant compris qu’on ne grimpe pas par compétence, mais par allégeance. Conspué par le peuple pour son bilan proche du zéro, il fut démis de ses fonctions mais se présenta aux élections présidentielles. Alors qu’il n’avait aucune chance, il fut favorisé par le destin, tous les candidats, y compris celui du système, mouraient tous d’une épidémie de dysenterie. Devenu Président, il jura à ses électeurs de tout faire pour faire du pays une grande nation à tous les niveaux. 15 ans plus tard, le pays stagnait toujours. Mais Hadj Tbel avait compris pourquoi. C’est la faute aux maires.
 

Chawki Amari
 
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