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Kitab el moubaya3a, le livre de l'allégeance

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le 26.10.17 | 12h00 Réagissez


A la base, des lettres, puis des combinaisons de lettres qui font des mots, puis des successions de mots qui forment un ensemble que l’on appelle un livre. C’est autour de cet objet particulier que s’ouvre le SILA, Salon international du livre d’Alger, au grand plaisir des lecteurs du pays devenu une vraie terre de lettres depuis que le président de la République, lui-même, préfère (faire) lire des messages à son peuple plutôt que de lui parler. Sauf qu’un Salon placé sous le règne de la peur et de l’allégeance pose toujours des problèmes, comme pour les deux universitaires Aïssa Kadri et Daho Djerbal, officiellement invités puis «désinvités» par la voix obscure d’un homme se disant par téléphone membre de  l’Organisation. Méthode connue de «l’Organisation», comme pour le blocage des sites web où ni Algérie Télécom ni la ministre des Télécoms ne sont responsables, la crise économique où Ouyahia, Sellal et le régime sont innocents, personne n’a assumé.

Pas tout à fait, le commissaire du Salon, à ne pas confondre avec adjudant de cuisine, les a évoqués sans les nommer, avec un argument soviétique : «Le Salon est placé sous le patronage du président Bouteflika. Si on n’est pas d’accord avec lui, il ne faut pas y aller», visant Kadri, Djerbal et leurs critiques du système. Sauf que le Salon, financé par le contribuable, existe depuis 22 ans, puisque c’est sa 22e édition, et si le commissaire traînait déjà dans les allées du royaume à chercher un travail sans risque, le président Bouteflika n’était même pas encore Président et même pas à Alger. Le SILA ne peut donc pas leur appartenir, ni au Président ni au commissaire, au général ou au colonel des services, il est propriété des Algériens, éditeurs, écrivains, distributeurs et lecteurs. Sinon, même les routes construites sous l’autorité du Président devraient être interdites à ceux qui n’ont pas aimé le 4e mandat. Pour le 5e, il va sûrement falloir coller une photo du Président dans son permis avant de prendre la route.
 

Chawki Amari
 
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