Chroniques Point Zéro
 

Hassan PDC

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le 28.09.17 | 12h00 Réagissez


Il n'aime pas que les gens voient sa marque, alors il porte des manches longues. Sauf en été où il fait vraiment trop chaud, parce qu'il a eu la malchance d'être dans la région la plus chaude du pays, où il est obligé de mettre des T-shirts et de montrer sur son bras le tatouage «pas de chance». Car pendant la lutte pour l'indépendance, il était trop jeune pour faire la guerre et en 1962 pas assez malhonnête pour devenir ancien moudjahid.

Il a été à l'école primaire mais elle se trouvait trop loin de chez lui et a dû la quitter juste avant qu'une nouvelle école ne se construise dans son village. Il a quand même eu le temps d'y contracter la polio, un mois avant que les médecins n'y viennent vacciner les élèves. Devenu boiteux, il a travaillé mais bien avant que les salaires soient valorisés,se déplaçant dans le pays mais bien avant que les lignes de bus soient nombreuses.

Il est revenu chez lui au moment où le vieux puits du village s'est tari et s'est marié à la mauvaise époque, quand les familles demandaient encore beaucoup d'argent pour lâcher leurs filles. Au moment où le privé commençait à se développer, il a quitté le secteur au mauvais moment, puis a été limogé dans les années 1990 quand Ouyahia a mis au chômage des dizaines de milliers de travailleurs. Puis a eu l'idée d'ouvrir un cybercafé au moment où Internet était partout, y compris dans les téléphones, et a dû fermer boutique.

Aujourd'hui qu'il vient de prendre sa retraite à l'âge de 60 ans, il vient d'apprendre que l'Etat a un problème avec les retraites et qu'il serait très mal payé. En sortant de la Caisse des retraites, il a été percuté par un bus en avance. Les membres brisés, sauf celui où est gravé son tatouage, il n'a pu être soigné à cause du médecin qui ce jour-là était malade. Il a demandé à être euthanasié, mais le procédé n'est pas encore légal. Il a alors attendu la mort qui n'est pas venue. Heureusement, l'hôpital a été bombardé pendant la 4e guerre mondiale. On n'a retrouvé que son tatouage.

Chawki Amari
 
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