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Ammi Salah de Beni Douala

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le 14.12.17 | 12h00 Réagissez


Sorti de 20 ans de prison après s’être battu contre l’oppression, Nelson Mandela avait internationalisé son combat en renvoyant l’humanité face à elle-même : «Qui reste neutre entre l’oppresseur et l’oppressé est complice de l’oppresseur.» Il était ensuite venu à Alger, qui dans la foulée de sa libération de l’oppression, avait défendu Mandela, la Palestine, la RASD, les Irlandais, l’Afrique noire et l’Amérique du Sud.

D’où ce paradoxe assez gênant, si le régime algérien est largement défendable sur le plan international, il l’est difficilement sur le plan intérieur, accumulant les erreurs de gestion, enfermé dans une autocratie qui génère de l’injustice, du régionalisme et de la corruption. D’où l’autre dilemme : doit-on défendre ou pas un oppressé qui est défendu par un autre oppresseur qui ne vous défend pas en premier ?

En réalité, la question ne se pose pas, on est humain ou on ne l’est pas, on défend tous les oppressés sans distinction de race, sans esprit de vengeance ou de revanche. C’est toute l’étrangeté de l’histoire de Ammi Salah, un Palestinien de Kabylie dont les ancêtres ont été déportés d’Algérie en 1871, sujet d’un documentaire qui a été primé au Festival amazigh d’Agadir et qui aurait du mal à comprendre les positions d’aujourd’hui.

Car avant, tout était plus clair, ce n’est pas un hasard si Israël avait soutenu l’apartheid en Afrique du Sud, tout comme les Etats-Unis, qui soutiennent encore l’apartheid israélien en Palestine en faisant de Ammi Salah de Beni Douala un citoyen de seconde zone, qui n’a même pas réussi à obtenir sa nationalité algérienne ou kabyle.

De Mandela à Ammi Salah, c’est donc un combat séculaire, si on ne défend plus rien à part son quartier, on a perdu son humanité et on devient un simple supporter d’un club de football. Avec cette absurdité qui prête à rire malgré le contexte, on ne défend pas quelqu’un qui est défendu par votre adversaire même s’il a raison, et on défend n’importe qui, pourvu qu’il soit adversaire de votre adversaire.

Chawki Amari
 
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