<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0">
   <channel>
       <title>El Watan - Analyse éco</title>
       <description></description>
       <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:10:08 +0100</lastBuildDate>
       <link>http://www.elwatan.com</link>
       <item>
           <title>Règle d’or fiscale de Nabni dans le calme d’une nuit de Titanic</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/regle-d-or-fiscale-de-nabni-dans-le-calme-d-une-nuit-de-titanic-28-05-2012-172507_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 28 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Moment pénible pour les invités de la présentation Nabni samedi dernier. Il s’agit du rapport prospective Algérie 2020, volet dédié à l’économie et à l’emploi. Point de départ, les performances relatives de l’Algérie. Pas comparée à elle-même en 1962. Mais comparée aux autres sur la même période. Un panel d’une vingtaine de  pays émergents, voisins et pétroliers. Dans le lot,&lt;&lt; la Tunisie et le Maroc, les anciens pays pétroliers Indonésie, Mexique, des actuels, Iran, Venezuela, Arabie Saoudite et quelques autres, comme la Hongrie et la Pologne sorties de l’économie étatique comme l’Algérie. Stupeur et tremblements.

	Le pays est toujours dernier dans le panel. Ou presque. Les classements visent la compétitivité : part de l’industrie dans le PIB, nombre d’entreprises par millier d’habitants, diversité des exportations, valeur technologique des exportations, taux d’investissement privé, environnement des affaires. L’Algérie n’a pas encore entamé le virage du Titanic. Une métaphore du présentateur du rapport, pour bien faire comprendre que cela va se jouer dans les 20 prochaines minutes. A l’échelle du pays, les 20 prochains mois peut-être. Pas plus. Pour éviter l’iceberg, caché dans la nuit tranquille des chiffres cryptés de l’insoutenabilité du modèle économique actuel. 20 minutes qui ont manqué au capitaine de «l’insubmersible » paquebot de 1912, pour virer suffisamment de bord. L’impact de la baisse des revenus des exportations est donc sur la trajectoire de l’économie algérienne.

	Visible au-dessus de la ligne de flottaison. Divergence sur la distance avant contact. La gouvernance économique de Bouteflika-Ouyahia pense avoir le temps de réfléchir sur le moment opportun ou il faudra faire monter quelqu’un de la salle des machines pour entamer la bonne manœuvre sur le gouvernail. La longueur de la phrase suggère ici le niveau de perception de l’urgence chez les maîtres du pays. Décalé. Un début d’inflexion vers la compétitivité productive en 2015  donnerait des résultats… au-delà du son sourd de la glace qui déchire la coque. Mais comment donc pallier à cette illusion du temps  loisible ? En réintroduisant progressivement sur le cortex de l’Etat l’hologramme de la rareté des ressources fiscales disponibles. Nabni propose donc de constitutionnaliser une règle d’or budgétaire. Un échéancier qui au-delà de 2020 rendrait inconstitutionnel le recours au financement par la fiscalité pétrolière de toute autre dépense de l’Etat en dehors de trois exceptions : les investissements dans l’éducation,  dans les infrastructures économiques, et la lutte contre la précarité. Il faudrait pour cela revenir au plus vite à une ancienne règle d’or du début des années 70.

	Pas d’utilisation des revenus pétroliers pour couvrir le budget de fonctionnement de l’Etat. Une règle piétinée depuis deux ans. Les dernières augmentations de salaire de 2010 et de 2011 ont fait passer le rapport recettes fiscales ordinaires sur dépenses de fonctionnement sous le chiffre 1. L’Etat est hébergé à Hassi Messaoud. Il paye son loyer en baril. Le débat européen sur une règle d’or budgétaire peut s’inviter dès cet été en Algérie. Ailleurs, il s’agit de bloquer par la loi suprême l’endettement public en dessous de 75% du PIB.  

	En Algérie, de ne plus utiliser la fiscalité pétrolière comme neige carbonique. Sur les départs de feu. But double. Préserver la soutenabilité de la dépense publique sur l’horizon des 20 prochaines années. Se mettre une pression vertueuse pour prélever de l’argent public non plus sur les pipes, mais sur la croissance hors pipes. A accélérer par conséquent. La dernière campagne électorale a montré combien la préoccupation du moyen terme était absente chez les acteurs politiques. L’urgence d’effacer le dérapage budgétaire de ces deux dernières années est pourtant évidente pour tous les observateurs avisés de la prospective algérienne. Effacer pour revenir à un contexte plus «normal» qui déverrouille le gouvernail, change la courbe de l’écume sur l’Atlantique Nord.

	Symboliquement, le redressement industriel et compétitif de l’économie algérienne débute là. Par un moratoire de finances publiques. Alors les autres objectifs de la prospective Nabni 2020 peuvent, sous une voûte céleste bienveillante, s’envisager : 7,5% de croissance par an à partir de 2015, remontée de 5% à 10% de la part de l’industrie dans le PIB à 2020, passage de 10% à 20% de taux d’investissement privé à 2020, passage à plus de 10% de par d’exportations hors hydrocarbures à 2020, 25 entreprises par 1000 habitants et être dans les 50 meilleurs mondiaux dans le classement du climat des affaires. Le président Bouteflika aura tout à gagner à laisser une vraie contrainte budgétaire à son successeur au-delà de 2014. En proposant dans le prochain débat constitutionnel une règle d’or fiscale qui réhabilite enfin le long terme lorsque ses mandats n’ont respiré que de la conjoncture saisonnière.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/regle-d-or-fiscale-de-nabni-dans-le-calme-d-une-nuit-de-titanic-28-05-2012-172507_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Le prêt «islamique» un recours en pointillé face à  la croissance en «mode carcasse»</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/le-pret-islamique-un-recours-en-pointille-face-a-la-croissance-en-mode-carcasse-21-05-2012-171523_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 21 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 21 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	L’Algérien moyen n’aime pas le crédit. Avatar urbain de la vieille peur paysanne de l’usurier à laquelle la religiosité fondamentaliste est venue ajouter une couche depuis vingt ans. Le niveau de l’épargne des ménages en Algérie est le plus élevé en Afrique. Celui de l’endettement un des plus faibles. Dans l’économie capitaliste moderne, l’épargne sert à lever des fonds. Pour consommer aujourd’hui ce que l’on peut payer demain et après-demain. Logements, automobiles, études universitaires. La prise de risque sur l’avenir est le moteur de la croissance. Selon une boucle vertueuse, en temps normal, qui part de la consommation pour aboutir à l’investissement et aux nouveaux emplois. Ce modèle est marginal en Algérie. Cela n’est pas sans conséquences. Déjà sur l’ambiance paysagère.

	Le pays présente le peu enviable taux record de maisons non achevées rapportées au nombre de permis de construire délivrés, d’où la prédominance de l’ocre de la brique locale sur les bords des routes. Le nombre de «carcasses» proposées à la vente n’a jamais cessé d’augmenter depuis deux décennies. Les auto-constructeurs n’arrivent pas à finir et deviennent vendeurs pour tenter de basculer vers l’acquisition dans l’ancien bâti ou pour rentrer dans les nouveaux systèmes d’aide au logement. La croissance algérienne ne profite pas du cycle financier universel.

	La plupart des ménages acquièrent  l’équivalent de qu’ils ont déjà gagné. Et épargné. Pas de ce qu’ils peuvent rembourser sur un horizon temporel raisonnable. Pousser à la caricature, ce cycle débouche sur une crise d’impayés, comme c’est le cas dans l’espace OCDE depuis l’éclatement de la bulle des subprimes aux Etats-Unis en août 2007. Mais ignoré par la majorité des acteurs, la marginalité de ce cycle financier du crédit aux ménages étrangle la croissance économique et l’emploi. Le gouvernement algérien s’est gargarisé d’être à l’abri de la crise du système financier mondial.  Personne n’en doutait.  Le pays n’y est pas entré. A commencer dans son fonctionnement domestique. Une agence bancaire pour 28 000 habitants pour les banques publiques algériennes, pour 9000 habitants en Tunisie.

	Aucun centre d’études n’a évalué l’incidence économique du refus dominant chez les Algériens de s’endetter auprès des banques pour faire aboutir leurs projets personnels. Et surtout les causes profondes de ces mœurs. Le docteur Hachemi Siagh est le spécialiste arabe de la finance en «milieux de culture intense». Il explique comment le comportement sociétal «contraint» par des valeurs fortes porte une incidence déterminante sur le fonctionnement économique, en particulier sur les transactions financières. Une influence de «l’environnement intangible» que la théorie économique conventionnelle ignore. Son récent livre, Les arcanes de la finance islamique décrit comment la finance éthique, dans laquelle il situe la finance islamique, apparaît nettement aujourd’hui comme une réponse opérationnelle face à la folie spéculative des produits dérivés et de la titrisation outrancière.

	Les autorités algériennes n’ont pas réfléchi réellement à la question. Elles ont autorisé l’entrée des produits de la finance islamique sur le marché, avec, dans le même mouvement, une véritable prudence politique vis-à-vis d’une dynamique qu’un banquier conventionnel a un jour qualifié, «de réseaux bis des mosquées salafistes». L’alternative est pourtant stratégique. Qu’est-ce qui est le plus préjudiciable à la croissance économique, à la création d’emplois et à la hausse du revenu moyen national ? L’archipel des carcasses en instance d’être achevées ou vendues ou un bond en avant de la «Mourabaha», le prêt sans intérêt, mais avec une marge bénéficiaire, que proposent les banques islamiques.

	Le rejet du crédit conventionnel par les ménages algériens est un vrai cas d’école de prégnance de «l’environnement intangible» sur l’activité économique. Même le taux bonifié à 1% pour l’acquisition de logements a mis deux ans pour décoller. Et ne dépasse pas les  50% des engagements du crédit logement chez la CNEP, à peine 36 milliards de dinars en 2011 pour seulement 21 000  dossiers traités. Le frein est idéologique. Le refus du «riba» est  un «environnement intangible» avec lequel doit traiter la modernisation financière de l’économie. Les Algériens des années 70 raillaient les hindouistes qui mourraient de faim en respectant le sacré de leurs vaches. Les Algériens pas ou mal logés sont, 40 ans plus tard, dans une configuration similaire.

	En plus délicate. Aucune institution religieuse n’existe pour apporter l’«Ijtihad» nécessaire dans ce cas. En toute logique rationnelle, un taux d’intérêt de 1% n’est pas du «riba». Il est inférieur de 4 points au taux d’inflation. Celui qui le pratique, l’Etat, ne gagne pas par l’usure. Il perd même de l’argent en prêtant à ce taux. En attendant, le gouvernement tolère la finance islamique, et croule sous les liquidités dans ses banques. Contre la croissance molle qui perdure, un recours plus fort aux produits financiers islamiques, est une piste supplémentaire à scruter. Sauf à être partisan de la décroissance. Les carcasses se dégradent, physiquement et sur le plan comptable, plus vite que les maisons finies. </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/le-pret-islamique-un-recours-en-pointille-face-a-la-croissance-en-mode-carcasse-21-05-2012-171523_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Les puissants entrent par Sidi Fredj comme au temps du dey Hussein</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/les-puissants-entrent-par-sidi-fredj-comme-au-temps-du-dey-hussein-14-05-2012-170588_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 14 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 14 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	L’économie verte est le moteur identifié de la future croissance mondiale durant le XXIe siècle. Métiers du recyclage, énergies propres, nouveaux systèmes de transport sans émission de carbone, constructions isothermes, préservation des couverts végétaux. L’Algérie vient de boucler une campagne électorale où le thème le plus incident sur la qualité de la vie des citoyens est resté absent. Enjeu secondaire au pays des records de chômage des jeunes ? Un récent salon organisé à Alger par les Allemands de la GIZ sur les filières de l’industrie et des services verts montre que ce sont, en priorité, les jeunes qui intègrent ces nouveaux métiers du traitement des déchets domestiques, de l’eau, de l’air, de la prévention environnementale et de la promotion des énergies alternatives. L’urgence est déjà de freiner le cycle récessif de la vieille économie dévoreuse de biotope. Il y a largement de quoi. L’accélération de la dépense publique dans le rattrapage des infrastructures a fait des ravages ces dix dernières années. 

	Sur les sites verts d’Algérie.  Le modèle de gouvernance locale est resté univoque. Sur le mode «utilité publique». En gros le gouvernement détruit des écosystèmes naturels pour le bien des citoyens. Sans reconstituer ailleurs, comme le font les pays avancés, les métiers qui rétablissent la balance verte de chaque projet.  Un hectare déboisé pour cause de TGV, un périmètre réhabilité avec intervention paysagiste. Le gouvernement, où le ministre de l’Environnement fait plus figure de promoteur de nouveaux bâtis, a taillé dans le Parc d’El Kala pour faire arriver l’autoroute Est-Ouest sur la frontière tunisienne, avant la moindre étude d’impact du maître d’œuvre japonais Cojaal. Il a installé des centrales électriques sur des sites touristiques – Hadjret Ennous à Cherchell, Terga à Témouchent - et raser des bosquets par dizaines dans les villes, comme à Hydra en 2011 où un parking remplace le centenaire Bois des pins.

	Les citoyens n’ont pas été défaits partout dans la résistance à la dévastation «productiviste» écervelée.  A El Kseur , le projet d’une raffinerie a dû être abandonné. Mobilisation populaire. Un peu plus loin, à Oued Amizour – Tala Hamza,  la licence d’exploitation du 5e gisement mondial de plomb et de zinc va changer de main. Les Australiens de Terramin n’ont pas les moyens financiers de sécuriser aux normes le retraitement du minerai toxique. Pas certains que les Chinois qui les suppléent soient plus regardants. Les riverains veillent. A chaque fois, le débat local oscille entre la tentation d’obtenir des emplois industriels et la peur du risque environnemental. Comme en Europe pour l’implantation, dans les années 1970 et 1980, des centrales nucléaires. Cette grande question qui jalonne les discussions civiques partout ailleurs reste fragmentaire en Algérie. Conséquence, les plus grands forfaits environnementaux sont possibles. A Sidi Fredj, un bout de la forêt centenaire est grignoté par un projet spéculatif.

	Les Emiratis de Emiral vont dresser des tours de luxe sur l’habitat naturel en conifères. Tout comme  à quelques kilomètres de là, le projet Dounya Parc a été détourné en partie de sa vocation écologique. Les promoteurs émiratis de EIIC ont obtenu des autorités algériennes l’implantation sur le site d’un projet urbain de 13 000 logements.  Dans ces cas, les populations environnantes n’ont même pas la carotte de l’emploi durable. Seul le bâton du site vert qui se dégrade. Et de l’émergence d’un espace socialement discriminant. Au début des années 1980, le mouvement vert s’est développé en Allemagne dans le feu d’une grande bataille citoyenne.

	L’empêchement de la construction de la piste ouest du gigantesque aéroport de Frankfurt am Main. Quinze ans plus tard, ce mouvement, entré dans le gouvernement de GerardShroeder,  a développé les filières du renouvelable comme nulle part dans le monde. Emplois par centaines de milliers. La protection de l’environnement oblige à l’inventivité. Et à la création de vrais emplois durables. Au lieu de quoi, une gouvernance gravement compromise avec les intérêts privés des pays du Golfe arabe détruit la forêt de Sidi Fredj en échange d’appartement de haut standing avec vue sur la mer. A l’heure du patriotisme économique, Sidi Fredj symbolise de dey Hussein à nos jours, l’avanie locale devant les riches conquérants.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/les-puissants-entrent-par-sidi-fredj-comme-au-temps-du-dey-hussein-14-05-2012-170588_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Algérie Télécom, le grand homme malade de la décennie, va pire</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/algerie-telecom-le-grand-homme-malade-de-la-decennie-va-pire-07-05-2012-169575_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	La campagne électorale pour les législatives a été cruelle. Pour l’état des technologies de l’information et de la communication, les TIC, en Algérie. Une majorité de partis politiques sans sites web. Une infime minorité en mode page facebook. Une communication numérique en berne pour les listes par wilaya. Un système de partage de l’information primaire basé sur l’affiche. Au mieux recourant au SMS. L’Algérie des jeunes et celle des politiques ne se rencontrent pas.

	Les premiers arrivent timidement sur les nouveaux médias. Les seconds vivent toujours à l’heure de l’ENTV de Chadli Bendjedid. Le paysage est tragique. Une caricature d’archaïsme dans un monde où l’économie digitale a doublé de poids, en seulement une année, entre 2010 et 2011. La valeur économique d’internet est en effet passée de 2300 milliards de dollars en 2010 à 4200 milliards un an plus tard, selon une étude du Boston Consulting Group.

	Se tenir à l’écart de cette tectonique mondiale de la valeur ajoutée par le Net n’est nulle part perçue comme mortel dans le discours électoral local. Le village se ferme au monde. Il y a dix ans, l’Algérie ouvrait sa téléphonie mobile à la concurrence pour combler un retard de six-sept ans sur les pays similaires. Processus gelé à l’étage du transport de la voix. Le tournant manqué du web-économie en Algérie est d’abord une affaire de tuyaux, ensuite de management des tuyaux, enfin de code de la route sur l’autoroute numérique.

	Handicap de départ, un taux de pénétration d’internet toujours inférieur à 20% en Algérie en 2012, à comparer aux 38% du Maroc. Comme les grandes industries de contenus que sont la télévision et la radio,  la connectivité des Algériens est restée en définitive un grand monopole économique de l’Etat. Avec Algérie Télécom. Les deux principales expériences qui ont allégé l’opérateur historique de son fardeau, Lacom entre 2005 et 2007, et EPAAD jusqu’en 2009, ont capoté. Une licence téléphonique du fixe et un opérateur ADSL perdus. Sans rémission. Incidence plus grave que le scandale Khalifa. Car c’est toute la compétitivité de l’économie algérienne par l’apport du web qui s’en est trouvée retardée. Faute de remèdes au grand homme malade de la décennie, Algérie Télécom.  Des licences WIMAX pour des niches d’entreprises ont bien été accordées. Tout comme des clés EDGE des opérateurs de téléphonie mobile apportent un appoint d’accès. Le désert numérique est pourtant là.

	Que les officiels feignent ne pas regarder. Le nouveau DG de l’opérateur historique a tiré d’entrée le signal d’alarme. AT n’est pas financièrement viable. Avec près de 30 000 salariés et un portefeuille de produits et de services inélastique, les comptes tombent dans le rouge. Et les missions programmées sont menacées. Le MSAN, solution miracle pour le très haut débit, est en retard d’un an dans son programme de déploiement. Le ministre de «tutelle» aussi a admis qu’AT ne pouvait plus demeurer l’acteur unique qui tient entre ses mains le sort numérique du pays. Mais les partenariats public-privé souhaités n’arrivent pas à se mettre en place. Gouvernance ligotée. Si le monopole politique sur la Télévision nationale reste le dernier marqueur archéologique de la vision présidentielle datée de la «guerre froide», celui sur Algérie Télécom est la carotte glaciaire de l’approche sécuritaire des télécommunications.

	Ministère des NTIC, ARPT, Algérie Télécom : rien ne bouge sans le feu vert du ministère de la Défense. Le préjudice en valeur-travail, c’est-à-dire en emplois avortés, est le plus grand scandale politique de la conjoncture. Absent d’une campagne électorale, elle-même, à la lisière de l’ère numérique. Algérie Télécom a connu un grand trou d’air avec l’arrivée de Djezzy et la démocratisation de l’accès au mobile en 2003-2005. Le monopole restauré sur le fixe, et donc sur le haut débit internet, aurait dû donner de l’air au seul opérateur historique du monde arabe qui n’est pas resté leader de son marché après l’ouverture de la téléphonie à la concurrence. Au lieu de cela, une crise sans fin.

	Officiellement, le lancement de la 3G en Algérie est retardé à cause de l’incertitude sur le sort de Djezzy.  Officieusement, la succession des délais supplémentaires, ordonnés par une tutelle grise sur la tutelle visible, veut donner un répit à Algérie Télécom. Une opération 3G réussie, avec des tarifs accessibles, peut conduire à ce qui s’est produit au Maroc. L’internet mobile supplante l’Internet lié au fixe. Algérie Télécom perdrait son dernier gisement d’affaires, alors même que le réseau physique – backbone - est toujours de sa seule responsabilité. Dans la campagne électorale qui vient de s’achever, les slogans pour émanciper l’économie de la pression des groupes d’intérêts ont fleuri. 

	Le groupe d’intérêt le plus dévastateur en 2012 est celui qui maintient Algérie Télécom à l’état végétatif, incapable de payer son personnel pléthorique, d’offrir un service de base aux standards, et plus insensé que tout, incapable d’assumer la mission de rattrapage du gap numérique algérien qu’elle a elle- même créé. Ce groupe d’intérêt n’est pas privé au sens traditionnel. Il l’est par son appropriation privative de l’Etat. Il sera toujours là au-delà du 10 mai.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/algerie-telecom-le-grand-homme-malade-de-la-decennie-va-pire-07-05-2012-169575_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Quand la faillite de l’APN ne couvre plus le coût d’aller aux urnes</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/quand-la-faillite-de-l-apn-ne-couvre-plus-le-cout-d-aller-aux-urnes-30-04-2012-168756_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 30 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 30 Apr 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Les Algériens ne collent pas à la campagne des législatives. Cela est inquiétant pour la santé civique du pays. C’est la réalité de 2012. Les politologues peuvent s’échiner sur les raisons d’une telle désaffection. Le fond de l’affaire est que l’enjeu du vote a beau être gonflé par la propagande officielle, il est perçu comme insignifiant par les citoyens. Le Parlement n’est pas un lieu de pouvoir en Algérie. Il l’est bien moins qu’en décembre 1991 ou même qu’en 1997. Treize années d’hyper-présidentialisme ont démonisé ce qui restait de «sacré» dans cette institution. Toutes ses prérogatives constitutionnelles ont été annulées de fait. A commencer par la responsabilité du gouvernement devant elle. Les Algériens sont dans une courbe de leur vie qui les a éloignés du politique. Ce n’est pas un vote pour une coquille sans pouvoir qui les remobilisera. Il ne fallait pas louer le bureau d’études Mc Kenzie pour le pressentir.

	C’est la  politique économique qui illustre le mieux la terrible décote de l’Assemblée nationale en deux mandats et demi. L’introduction en 2001 du fonds de régulation des recettes budgétaires par le ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, a enlevé la main constitutionnelle des députés sur la répartition des revenus énergétiques. En 2003, la campagne de réélection du président Bouteflika a été menée tambour battant avec les rallonges budgétaires spéciales décidées wilaya par wilaya hors loi de finances.  Il y avait le fonds de régulation pour transformer les promesses en actes.

	La prise de contrôle par l’exécutif, en fait par le président de la République, du différentiel entre un prix prévisionnel du baril à 19 dollars et un prix effectif du baril en moyenne à plus de 50 dollars à partir de 2005, marque un tournant symbolique dans la perception de l’Assemblée nationale. Elle est vaincue. Les 37% de votants, taux de participation officiel, aux législatives de juin 2007, restituent l’image du Parlement dans la société. La suite a aggravé le trait.

	Les lois de finances complémentaires sont venues systématiser l’affectation des ressources par le gouvernement. Passer au creux de l’été par ordonnance législative, elles ont mis en congé les élus du peuple dans les grands choix de dépenses publiques. L’ordonnance législative a d’ailleurs était l’arme présidentielle fatale pour orienter puis réorienter la politique économique du pays. En solo. L’amont pétrolier après avoir été privatisé en avril 2005 par un vote «historique  des députés à majorité FLN, a  été renationalisé en 2006 par ordonnance. L’assemblée a avalisé à la rentrée. Comme à chaque fois. La liste des humiliations subies de plein gré par cette institution est essoufflante. L’annulation du code des investissements par ordonnance en juillet 2009 avec l’introduction du 51%-49% dans les investissements directs étrangers en est une autre.

	Des interpellations de l’Assemblée nationale sur les grands dérapages de l’action gouvernementale ne sont pas venues freiner sa mise à terre. Les motifs d’enquête n’ont pourtant pas manqué pendant ces deux législatures : faillite frauduleuse du groupe Khalifa (1,6 milliard d’euros), impayés du crédit BADR de Tonic Emballage (65 milliards de dinars), dissolution de BRC filiale Sonatrach-KBR (environ 500 millions de dollars de préjudices),  scandale de l’autoroute Est-Ouest (300 millions de dollars de commissions versées), tentative de nationalisation en force de OTA-Djezzy (risque de préjudice de plusieurs milliards de dollars en arbitrage international ), versement  pour cause de faute administrative de 4,5 milliards de dollars - en volumes de pétrole -  à Anadarko et Maersk.  Les députés avaient renoncé à des prérogatives trop importantes en acceptant fonds de régulation et ordonnances législatives pour espérer ensuite d’eux qu’ils traquent la vérité sur la dilapidation de quelques milliards de dollars d’argent public.

	La campagne législative en cours évite le sujet. Pour des raisons qui se rejoignent. Personne ne peut promettre que cela sera différent après le vote. Car personne ne revendique clairement le retour du fonds de régulation sous la coupe constitutionnelle du Parlement. Ni le retour à un usage exceptionnel de l’ordonnance législative. C’est-à-dire, entre autres, la fin des LFC qui mettent les élus hors champ. Prétendre alors renationaliser El Hadjar ou privatiser Air Algérie à partir de l’Assemblée nationale devient inaudible pour le public. Se déplacer pour voter devient alors un coût non couvert. Le pouvoir de faire et de défaire est ailleurs. Le «printemps» des pays arabes n’y a finalement rien changé. Pour le moment.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/quand-la-faillite-de-l-apn-ne-couvre-plus-le-cout-d-aller-aux-urnes-30-04-2012-168756_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Espace public, Larbi Ben M’hidi de Gatlatou à nos jours</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/espace-public-larbi-ben-m-hidi-de-gatlatou-a-nos-jours-23-04-2012-167876_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 23 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 23 Apr 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Dans le livre de Abderrahmane Hadj-Nacer, La martingale algérienne, un paragraphe est consacré à la dualité de l’espace public. Rue Didouche Mourad-rue Khelifa Boukhalfa. La première incarne la modernité avec ses sièges de banque, ses showrooms rutilants et ses terrasses parfois mixtes. La seconde juste derrière, en parallèle, propose l’économie du même nom. Partout, à même le sol, des produits de toutes sortes autour de Masjed Al Aqsa, l’ex-église St Charles. Deux Algérie dans le confinement en illustration du «développement inégal et combiné» du pays. En fait, il existe encore plus dense pour illustrer la conjoncture algérienne de 2012. Toujours dans la capitale.

	Toujours dans la symbolique d’une rue. Larbi Ben M’hidi. Le plus gros chiffre d’affaires dans les années 1970 lorsque les Galeries algériennes et le Beau Marché» étaient ouverts. Aujourd’hui, le plus fielleux concentré de gâchis au mètre carré en Afrique.  D’abord, le «moderne» et l’archaïque se côtoient. Pas besoin de la cloison Victor Hugo pour séparer Didouche de Khelifa Boukhelfa. A l’entrée, à la porte d’une immense  agence CNEP, qui ne désemplit pas depuis les rappels des fonctionnaires et le crédit immobilier à taux zéro, de jeunes acheteurs ambulants. C’est l’agence BDL de prêt sur gage de l’or du côté de la place Emir Abdelkader qui a créé son business de proximité.

	Toutes les femmes qui s’engagent dans la rue Ben M’hidi sont suspectes d’aller gager de l’or. D’où les jeunes acheteurs «qui offrent plus». Les cages d’escalier mitoyennes sont les guichets de troc.  En 1976, le film Omar Gatlatou montrait une rafle de police à Larbi Ben M’hidi pour traquer le souk parallèle de l’or. L’Etat a revu ses ambitions. Il met des sabots aux véhicules en infraction.  Le flux d’affaires de la rue la plus fameuse de l’ancien Alger résiste encore sur les premiers pâtés. Commence ensuite le leg de la gouvernance locale. Promy, les anciens Prisunics cédés au groupe Blanki sont en faillite. Privatisation qui a mal tourné. Grand espace commercial perdu.

	Un peu plus loin, la galerie commerciale, qui relie en diagonale la rue à la place Emir Abdelkader, ressemble à abri atomique, le jour d’après. Un abri atomique pas étanche, car tout y a disparu,  restaurants, boutiques, agences. Problème de baux non renouvelé. Un pan de transactions perdues  sur la place, enfin un coucou de la mondialisation. La chaîne Quick occupe l’ancien Novelty. Le valeureux Mansouri directeur de l’ANDI devra pourtant biffer cet IDE – investissement direct étranger – de ses statistiques. L’enseigne s’est sauvée. En laissant plein de casseroles.  Site fermé. Comme le Beau Marché, un peu plus loin. Jamais trouvé d’acquéreur ? Sur  400 mètres de rue, le manque à gagner est déjà colossal. Ce n’est malheureusement pas le Musée d’art moderne d’Alger (MaMA), qui renverse la tendance.

	La consommation culturelle d’élite est pauvre entre les vitrines. Le triangle MaMA, cinémathèque, Mémorial (en cours de livraison) peut redevenir un atout pour la rue.  Dans un futur qui se courbe avec le coude Ali Boumendjel. A Larbi Ben M’hidi, où siège la mairie d’Alger-Centre, toute l’Algérie en ruban. Une station de métro entamée en 1988, mais toujours pas livrée avec son bout de ligne, un ascenseur public de l’ETUSA fermé comme cause sécuritaire. Des salles de cinéma oubliées. La rue est un site géologique à strates multiples. Chaque période politique y a laissé ses lubies : Etatisme zélé (années 1970), privatisations naïves (80), Etat impuissant (90), et couche supérieure du site, promiscuité générale public-privé- informel : les années Bouteflika. Bien sûr. A dinar constant, la rue la plus commerçante d’Alger était plus prospère du temps de Gatlatou qu’aujourd’hui.

	Le fisc y levait plus d’argent. Les Algérois y déambulaient plus longtemps. Plus en sécurité. L’Algérie est la rue Larbi Ben M’hidi. Comme elle, elle est en cours de réfection. Les façades sont en train d’être refaites avec de l’argent public. La peinture y est redevenue blanche d’Alger. Et les barreaux des balcons du même bleu marine. Comme pour l’Algérie, l’argent y est dépensé en mode sens unique. Pour rendre la façade belle. Et l’administration incontournable. Créer et distribuer de la valeur nouvelle n’est pas au programme. Pour cela, il faut peut-être aller au nouveau quartier d’affaires de Bab Ezzouar. Mais est-ce encore Alger ?  </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/espace-public-larbi-ben-m-hidi-de-gatlatou-a-nos-jours-23-04-2012-167876_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Argent public, quand Ouyahia se conjugue au futur</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/argent-public-quand-ouyahia-se-conjugue-au-futur-16-04-2012-167006_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 16 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Apr 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Les Français exprimeront samedi prochain un premier choix dans leur élection présidentielle. Nicolas Sarkozy a été élu sur la promesse de mettre de l’ordre chez les pauvres contre un surcroît de travail, rendu possible à ses yeux par plus de dérégulation, moins d’Etat. Il sera probablement battu pour ne rien avoir pu réaliser de tout cela. La faute à Wall Street et aux produits toxiques ?  En partie seulement. La majorité présidentielle a perdu toutes les élections intermédiaires depuis cinq ans. Même celles qui avaient précédé les effets de la crise économique mondiale. Il n’est plus possible de promettre n’importe quoi dans les démocraties avancées.

	Les électorats sont attentifs. Bien conseillés. Ils évaluent. Comparent. Ainsi, aucun des cinq premiers candidats dans les sondages en France n’a pu réellement s’engager à contourner la lutte contre la dette publique, devenue depuis deux ans le cœur de toute politique économique en Europe. Plus de 80% du Pib en France. Aucune nouvelle dépense ne peut être proposée sans qu’elle ne soit adossée à une nouvelle source de financement public. Il faut alors regarder les électeurs droit dans les yeux et leur annoncer une nouvelle ponction fiscale. Un suicide politique aux Etats-Unis, où le camp Obama milite — avec le soutien de la doctrine Buffet— à faire financer par les plus riches une partie de l’abyssal déficit américain. Là aussi la campagne est une bataille de chiffres. Sur le bon usage de l’argent public.

	L’Algérie vit de ce point de vue dans une ère crétacée de la politique et des contenus électoraux. La preuve, Ahmed Ouyahia peut, toute morgue bue, venir parler de plans d’avenir. Sans jamais être interpellé sur son passif. Inutiles d’aller très loin. Même pas de revenir à décembre 2011 pour exhumer les 6 nouveaux milliards d’euros mis, en 2011, à disposition d’un énième plan d’assainissement, cette fois de 200 entreprises publiques, dans le cadre de la plus vaste et la plus longue opération d’achat de base sociale pour un régime en gros déficit de légitimité.

	Sans aucune comptabilité politique de l’argent déjà dépensé auparavant dans les mêmes plans d’assainissement. Il existe tout juste dans l’actualité de la seule quinzaine du passage du Premier ministre chez le forum des chefs d’entreprise (FCE), trois annonces économiquement désastreuses. Qui engagent la gouvernance économique et l’argent public. Et qui sur un plateau de télévision de joutes électorales auraient atomisé, ailleurs dans le monde hors ENTV, le candidat responsable du gâchis. Trois cataclysmes tranquilles au pays où Sonatrach essuie les plâtres partout. D’abord, la décision de «rembourser» à Anadarko et Maersk, 4,4 milliards de dollars en pétrole. Ensuite, la quasi-cessation de paiement d’Algérie-Télécom annoncée à moitié de la bouche de son 5e PDG en six ans.

	Enfin, l’échec de l’opération de rachat forcé de Djezzy qui se termine pitoyablement sur le chemin de l’arbitrage international dont tout le monde sait qu’il va prendre les allures d’une nouvelle déconvenue du style Anadarko- Maersk. Un peu comme si la note de l’Algérie avait été dégradée de trois échelons en quinze jours. Un pays en situation d’emprunter sur les marchés, ce qui peut redevenir le cas de l’Algérie dès 2025, se verrait immédiatement sanctionner d’un coût du crédit plus cher. Comme cela a été le cas pour l’Espagne l’autre semaine, parce que son déficit public n’a pas assez baissé en 2011. Rien ne peut empêcher Ahmed Ouyahia de disserter joyeusement sur l’avenir. Il n’est pas comptable de ses actes. L’exact inverse des scénarios électoraux en Europe.

	Le prochain président de la France arrive à la tête d’une entreprise qui a vécu trop longtemps au-dessus de ses moyens. Et qui n’apparaît plus assez riche pour qu’on lui prête, comme avant, à des taux bas. Deux grandes options : rester dans le système et rassurer ses créanciers en resserrant les boulons des comptes publics. Ou réformer le système pour lui trouver un autre chemin de croissance qui échappe à la dictature planétaire du ROE, le retour sur investissement. Sarkozy et Hollande sont dans la première option. Avec de grandes nuances. Mélenchon est dans la seconde. Lui peut parler de l’avenir. Il n’a pas torpillé France Télécom. Pas cherché à nationaliser à perte Free, pas imposé une surtaxe à effet rétroactif pour venir la rembourser ensuite. Avec un tel bilan, personne d’ailleurs n’irait plus sur un plateau de télévision. Presque comme DSK.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/argent-public-quand-ouyahia-se-conjugue-au-futur-16-04-2012-167006_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>L’indépendance de la Banque d’Algérie vue par Mustapha Nabli</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/l-independance-de-la-banque-d-algerie-vue-par-mustapha-nabli-09-04-2012-166086_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 09 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 09 Apr 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Le gouvernement de transition de la Tunisie a tenté, la semaine dernière, de mettre sous sa coupe la BCT, la Banque centrale tunisienne. Mal lui en a pris. Le gouverneur de la BCT, Mutapha Nabli, s’est fondu d’un communiqué pour rappeler que la politique monétaire du pays est de sa responsabilité, que c’est la loi qui le dit, et que tant que cette loi n’est pas changée, il ne saurait en être autrement. Les Algériens peuvent longtemps rêver d’une telle sortie du très lisse Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie en résistance à un des innombrables oukases que lui adresse le Premier ministre et qu’il exécute avec un zèle proche du burlesque. Cela a autant de chance d’arriver que de voir le président du conseil constitutionnel donner la priorité au respect de la constitution face aux ordres du palais d’El Mouradia.

	C’est bien sûr le grand marqueur d’un archaïsme atavique. Tout cependant n’est pas simple dans le débat d’école sur le statut des banques centrales. L’indépendance de la Banque centrale vis-à-vis du pouvoir politique est une invention du capitalisme avancé. Elle est assimilée à un indicateur de modernité dans la gouvernance. Pas neutre. En Occident, historiquement, l’idée de mettre à l’abri de l’injonction politique les administrateurs des instituts d’émission est d’inspiration droitière. Les possédants détestent l’inflation plus que les salariés et les démunis dont le premier «souci» est l’emploi. Ce sont les riches qui détiennent le plus d’actifs «dépréciables».

	Eux qui ont le plus à perdre d’une inflation galopante. Par ailleurs bonne pour personne. L’avènement en Europe, dès avant la Seconde Guerre mondiale, de gouvernements dominés par les socialistes liées à l’Internationale ouvrière, a stimulé les dépenses publiques. Le Keynésianisme et le New Deal américain ont donné une légitimité théorique et opérationnelle à des politiques d’expansion monétaires et budgétaires. Nécessairement inflationnistes. Tant que la croissance était là, la bourgeoisie a fait le dos rond. La fin des trente glorieuses a sonné la contre-réforme néolibérale. Comme il ne pouvait pas être question de constitutionnaliser la lutte contre l’inflation, les gourous monétaristes ont bien vu que la Banque centrale était un territoire que les dominants pouvaient soustraire à l’alternance politique.

	Piège redoutable. Qui s’est refermé sur l’Europe avec la crise des dettes souveraines. Les Etats-Unis, eux, ont maintenu, en dépit de leur enseignement de façade, un puissant canal de «négociation» du politique avec l’autorité monétaire. Alors même que Henry Paulson, le secrétaire au Trésor américain a coordonné tous les matins avec Ben Bernanke, le président de la FED, le plan de sauvetage de Wall Street avec de l’argent public en septembre 2008, les gouvernements européens sont restés engoncés jusqu’au bout sous le diktat de la Banque centrale européenne et du «non-financement de la dette par la monnaie». Il n’existe en réalité pas de Banque centrale totalement souveraine. Ni vis-à-vis du politique, ni désormais vis-à-vis des marchés et de leurs reflets, les agences de notation.

	Certes. Mais ce qui a été poussé au dogme en Europe, n’est pas dépourvu de progrès pour les pays émergents. L’indépendance des instituts d’émission dans les pays du Sud est d’abord perçue comme une capacité à bien gérer l’économie sans le secours de l’artifice monétaire. Un gouverneur de Banque centrale aux ordres du pouvoir politique peut conduire au pire. En Tunisie, il a permis au clan Ben Ali-Trabelsi de légaliser sa rapine. Sous d’autres cieux, les banquiers centraux se mettent au service de gouvernements autocratiques et populistes, faisant marcher la planche à billets à volonté. Vendant une crise des finances publiques à la décennie suivante. Le point d’équilibre d’une indépendance suffisante de la Banque centrale est une recherche permanente. Elle est en cours en Tunisie. La première estocade d’un gouvernement en difficulté pour faire face aux immenses attentes sociales a été repoussée.

	Les politiques reviendront à la charge. Et Mustapha Nabil devra compter sur les agences de notation et les bailleurs de fonds multilatéraux qui ne vont pas apprécier que les prérogatives de la BCT soient rognées. En Algérie, la cause est entendue. Le pays a besoin de réduire l’informel ? La Banque d’Algérie bloque l’agrément des nouvelles agences bancaires. L’économie a besoin des IDE ? La Banque d’Algérie retient les rapatriements des dividendes de ceux qui ont choisi l’Algérie pour investir. Les entreprises algériennes ont besoin d’exporter et de se déployer à l’international ? La Banque d’Algérie interdit l’exportation de capitaux pour créer de la valeur ailleurs. Son gouverneur ne peut même pas dire, pour tout, qu’il applique le règlement voté par d’autres. Il est indépendant.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/l-independance-de-la-banque-d-algerie-vue-par-mustapha-nabli-09-04-2012-166086_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Algérie-Djezzy : et si la renationalisation des écoutes téléphoniques coûtait 6,5 milliards de dollars !</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/algerie-djezzy-et-si-la-renationalisation-des-ecoutes-telephoniques-coutait-6-5-milliards-de-dollars-02-04-2012-165165_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 02 Apr 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 02 Apr 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Deux scénarios. L’un populaire. Ils courent les rues depuis le début des années 2000. Orascom Telecom est un lien d’affaires de la famille présidentielle. Pistonné pour remporter la seconde licence GSM. Aidé par les banques publiques pour déployer son réseau en Algérie. Protégé de la concurrence avec la mise à bas d’Algérie Télécom. Ce scénario ne repose sur rien. Tout en principe le dément. La licence a été mise aux enchères et OTH a été le plus offrant de plus de 300 millions de dollars. Les Sawiris ont bien profité du code des investissements algérien. Dans et en dehors des télécoms. Surtout survient la crise de 2008. Le président Bouteflika jure la tête de Djezzy. Le scénario de la connivence d’affaires a du mal à tenir la route. Sauf à dire que les comparses se sont déchirés sur leurs rémunérations.

	Les Sawiris ont cédé à Lafarge, à la Bourse du Caire, leur branche matériaux de construction sans prévenir Alger. Conséquence : la grande enseigne française entre en Algérie avec un portefeuille de deux usines retrouvées dans le panier d’Orascom Construction. L’exégèse malveillante affirme que la famille Sawiris a oublié de partager la plus-value réalisée. Avec qui ? Le gouvernement algérien ou le réseau privé qui décident de sa politique patrimoniale ? Plus le scénario «populaire» de la connivence est persistant, plus le président Bouteflika ajoute des couches pour se montrer impitoyable avec OTH. Redressement fiscal record sur le continent africain, interdiction de domiciliations bancaires pour l’importation des équipements de développement de réseau, fermeture de la télévision à la communication publicitaire de Djezzy.

	Personne ne pourrait pouvoir redire après un tel déploiement anti-OTA, que la famille présidentielle a des intérêts avec OTH. C’est ici qu’intervient l’autre scénario. Celui des experts. Moins grandiloquent. Plus désespérant. Celui non pas de la connivence, mais de l’incompétence. Le gouvernement a cédé la seconde licence GSM, en 2002, lors de son accès ultra libéral. Tout à l’IDE. Un consultant proche de la transaction a rapporté que Naguib Sawiris souhaitait être accompagné par un acteur algérien – public ou privé – d’importance dans le tour de table de son opération en Algérie. Bouteflika, conseillé par Hamid Temmar, a refusé. Pensant sans doute transférer la totalité du risque opérationnel vers l’investisseur étranger. Le réveil a été sonné non pas vraiment par la belle opération financière de novembre 2008 réalisée par les Sawiris avec leur branche matériaux de construction, mais un peu avant, par le rapport de la Banque d’Algérie sur les rapatriements de dividendes réalisés en 2007 par les entreprises étrangères. OTA en détenait largement la tête. 

	Le président Bouteflika était en plus entré dans l’autre phase de son humeur économique. Celle du retour au tout Etat. Rendu possible par la remontée du cours du brut à partir de 2005, année de la dernière frivolité ultra-libérale, l’octroi du régime de la concession aux compagnies étrangères sur le domaine minier pétro-gazier algérien. Les golden-boys bouteflikien Temmar-Benachenhou-Khelil, en perte de vitesse dans l’exécutif avec l’accumulation des «affaires», il n’est resté dans le pilotage du dossier Djezzy que la hargne obsessionnelle du président de la République. Tout aussi peut éclairée en 2009-2012 qu’elle ne l’a été en 2002-2005. Le gouvernement en arrive donc en avril 2012 à envisager d’acheter 51% des parts de OTA sur la base d’une évaluation de ces 51% à hauteur de 6,5 milliards de dollars. La sémiologie de cette trajectoire penche donc à nouveau vers le scénario populaire.

	La boucle peut se refermer ainsi. Et si tout cela n’était qu’un montage pour donner beaucoup d’argent aux actionnaires de Vimpelcom-Orascom ? C’est-à-dire finalement au clan Sawiris. Le café du commerce a le souffle long. Et cette fois, il est difficile de le combattre avec l’approche froide des experts. Difficile mais pas impossible. Ainsi la lecture cocasse d’un observateur averti : «Le pouvoir algérien se conduit comme un propriétaire d’immeubles de bureaux qui a une immense réserve foncière, mais qui n’arrive pas à la fructifier. Il se rend compte qu’il l’a loué à un revendeur de câbles qui finalement gagne beaucoup d’argent. Beaucoup plus que ce qu’il pensait au début en lui fixant le loyer. Le propriétaire du parc d’immeubles d’affaires en crise détient lui aussi une boutique dans le même métier des câbles. Elle est prioritaire sur tous les sites, mais perd de l’argent. Alors que fait-il ? » Il fait l’affaire Djezzy.

	Le propriétaire des bureaux est en plus sous l’influence de son chef de la sécurité. Qui n’aime pas voir lui échapper une partie du flux d’informations qui circule dans le quartier à cause de cette boutique de câbles. L’Algérie va peut- être payer 6,5 milliards de dollars pour renationaliser les écoutes téléphoniques.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/algerie-djezzy-et-si-la-renationalisation-des-ecoutes-telephoniques-coutait-6-5-milliards-de-dollars-02-04-2012-165165_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Automobile, l’Algérie asphyxiée par un modèle archaïque de la mobilité</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/automobile-l-algerie-asphyxiee-par-un-modele-archaique-de-la-mobilite-26-03-2012-164214_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 26 Mar 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 26 Mar 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	L’automobile incarne le XXe siècle. Elle est entrée en crise au tournant du millénaire. Symbole de liberté, de prospérité, et grande filière industrielle elle était. Source d’émanation de CO2, de chaos urbain et de délocalisations compétitives elle est devenue. Les nations qui ont connu leur rush sur l’automobile à la fin des trente glorieuses, 1945-1975, sont en train de passer à autre chose. Un régime de mobilité alternatif. Moins de déplacements grâce à la e.économie, plus d’utilisation de transport collectif grâce à leur densité grandissante, plus de modularité dans l’utilisation des voitures, avec les très petites citadines, le covoiturage et les systèmes auto-lib (location).

	L’image du col blanc au volant de sa belle berline dans le trafic autoroutier le matin dans les grandes agglomérations du monde industriel n’est plus valorisante. Elle est en passe de devenir archaïque. Vestige d’un autre paradigme. Celui justement du siècle dernier où la voiture cristallisait l’accomplissement individuel dans le capitalisme. Le Salon de l’automobile d’Alger est un événement du siècle dernier. Celui où la voiture est centrale dans l’inventaire des actifs et dans l’imaginaire de la réussite. Les Algériens en sont, comme de nombreux «frères» de pays à revenus intermédiaires, à l’ère de la conquête de l’autonomie  et de la mobilité.

	De l’individuation aussi. Le désenchantement pour la voiture qui gagne les Scandinaves ou les Californiens appartient à un autre monde. L’Algérie s’est installée, elle, sur un plateau de 300 000 nouvelles immatriculations par an. Près d’un million de nouvelles voitures en circulation tous les 40 mois. L’Afrique du Sud, premier PIB du continent, est dépassée. Le modèle de croissance automobile algérien est le type même du développement inégal et combiné. Îlot de luxe technologique dans un environnement mental arriéré. Conséquence, la voiture tue 4000 Algériens en moyenne annuelle depuis 5 ans. Près de 18 000 accidents en zone urbaine en 2011. Guerre civile de forte intensité.

	A partir d’un million de dinars, il est possible d’acquérir un véhicule qui passe de 0 à 100 km/h en moins de 13 s et qui atteint les 170 km/h en vitesse de pointe. Dans le contexte algérien de l’inculture civique et routière, cela crée le sentiment d’une obligation d’utiliser tout le potentiel embarqué. Contrairement à une idée reçue, la part des modèles écoulés en Algérie disposant de l’ABS et d’au moins un airbag est maintenant supérieure à 60%. Selon la Gendarmerie nationale, 82% des accidents mortels sont la faute des conducteurs.

	La route est devenue le plus haut lieu d’insécurité de l’histoire du pays. Le rêve automobile algérien vire doucement au cauchemar des familles. Alors même qu’il ne marche que sur un pied. Celui du consommateur. De ce point de vue, le Salon d’Alger, à l’inverse de celui de Téhéran, de Pékin, ou de São Paulo, résume les échecs industriels algériens. Pas de site de production en Algérie, pas de marque locale. L’industrie automobile a été retenue comme une des filières à développer prioritairement lors des assises sur l’industrie de février 2007. Le positionnement low coast n’a pas encore permis d’attirer un constructeur mondial. Le Salon automobile d’Alger est peut-être l’occasion d’un changement d’optique. Et si l’Algérie faisait de son retard une opportunité ? Dans vingt-cinq ans, la voiture électrique dominera le marché des ventes de voitures dans le monde industriel.

	Les modèles de transition hybrides ont déjà fait une percée importante depuis la hausse tendancielle historique du prix du carburant à partir de 2007. La seule «condition» que devrait poser le MIPPI aux partenaires étrangers, en échange de tous les avantages prévus, et d’autres à ajouter, est celui d’implanter en Algérie un site de production de voitures électriques en plus de celui, nécessaire, des voitures conventionnelles. Celles du XXe siècle. Pour son marché domestique, rouler à l’électricité fait sens. Il fait transférer la rente pétrolière vers la rente gazière. Au lieu de gâcher du brut à 100 dollars pour laisser rouler des Algériens à volonté, ce sera des mètres cubes de gaz, bon marché, qui seront utilisés pour produire le surcroit d’électricité absorbé par un parc roulant de voitures électriques. Dans un pays qui n’a pas produit son économie du temps de loisirs, liée à la voiture, qui subit le danger routier comme une invasion étrangère, il ne reste qu’un seul dernier tournant à prendre pour entrer dans la nouvelle mobilité du siècle. Celle de la voiture propre, silencieuse et modulable. Enfin produite en Algérie.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/automobile-l-algerie-asphyxiee-par-un-modele-archaique-de-la-mobilite-26-03-2012-164214_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Retour au temps où Belaïd Abdeslam pouvait encore avoir raison</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/retour-au-temps-ou-belaid-abdeslam-pouvait-encore-avoir-raison-12-03-2012-162494_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 12 Mar 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 12 Mar 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Les cinquante années de l’économie de l’Algérie indépendante sont passées au crible cette fin de semaine. C’est le Forum des chefs d’entreprises qui en prend l’initiative. Le fil rouge est simple. Comment l’Algérie a-t-elle mobilisé sa rente pétrolière ? Comment l’a-t-elle utilisée ? La tendance dominante est de répondre bien à la première question. Et mal à la seconde. Il existe pourtant un moment de l’histoire de la Nation ou l’Algérie a « oublié » de continuer à bien mobiliser ses ressources énergétiques en vue du développement. Elle n’a même plus eu à mal les utiliser, elle collectait moins de 8 milliards de dollars de recettes d’exportation par an.

	Les 30 dernières années en portent les stigmates. Cette période est bien celle du président Chadli Bendjedid et du choix dramatique du renoncement au développement intensif des hydrocarbures. Pour préserver les générations futures. Le virage stratégique le plus lourd de conséquences sur l’histoire politique du pays est bien celui de la gouvernance économique du début des années 80 qui a jugé que le pays pouvait se passer du plan Valhyd et de l’intensification de l’extraction du pétrole et du gaz naturel. Car cela risquait d’épuiser les réserves. Tout le monde ne connaît pas la suite.

	L’Algérie a eu dans les années 1990 un second âge pétrolier qui a permis non pas seulement de renouveler, mais d’augmenter les réserves d’huile et gaz prouvées. A la décharge de Chadli Bendjedid, la faute de 1980 a été corrigée sous son mandat. En 1986 avec la réforme de la loi sur les hydrocarbures qui introduisait le partage de production sur les gisements pétroliers. Et qui a permis de relancer la prospection minière par les partenaires étrangers. Une rétrospective des 50 années de l’économie algérienne se doit de comprendre comment sont prises de telles décisions dans le système algérien. Commission économique du FLN ? Messe des officiers de l’ENITA ? Bureau d’études occultes sous-traitant El Mouradia ? Feu Mahfoud Bennoune et El Kenz nous ont produit un livre anthropologique sur la décision économique dans l’Algérie de ces années-là.

	Belaïd Abdeslam, le père de l’industrie algérienne, y raconte comment il optait pour une filière technique, un marché de destination ou un site d’implantation. Les arbitrages politiques en comité restreint sous Boumediène restaient largement influencés par l’argumentaire technocratique. Le réseau d’experts gravitant autour de l’industrie. Ce schéma n’a pas changé sous l’ère de Chadli.
	Dans les deux cas, pas de classes politiques pour éclairer les alternatives, pas de société civile pour interpeller. Sauf qu’avec l’équipe économique du début de l’ère Chadli le choix d’opter pour une politique extractive prudentielle – moins d’exportations en volume de pétrole et de gaz- est d’abord un choix purement politique. Trop de rentes pétrolières empêchent d’engager les réformes de marchés souhaitées.

	Provoquer une rareté relative des ressources aide à l’Infitah et à faire avancer l’idée de la vérité des prix face à l’inflation des subventions et du chômage déguisé. Ce projet d’inclinaison droitière du début de l’ère de Chadli, n’est en soi ni un mal ni un bien, selon l’approche théorique du spécialiste du management des organisations, Tayeb Hafsi. Ce sont les ressorts de sa mise en œuvre qui se sont avérés être un désastre aussitôt que le marché pétrolier s’est retourné en décembre 1983 avant de s’effondrer fin 1985. Le grand pari perdu de Boumediène était de faire de l’industrie publique sans casser le moule productiviste de l’économie compétitive héritée de l’ère coloniale. Et pas seulement dans l’agriculture.

	Celui perdu par Chadli Bendjedid était de restaurer la compétitivité de l’économie sans casser la cash-machine de l’amont pétrolier. Belaïd Abdeslam rapporte que les décideurs de l’époque avaient tout simplement omis d’intégrer la croissance démographique du pays, l’explosion des besoins sociaux avec l’urbanisation accélérée et l’onde silencieuse des économies d’énergie dans les pays consommateurs de pétrole qui allait finir par produire la bulle OPEP du milieu des années 1980. Les deux gouvernances étaient autoritaires et ont accumulé des erreurs.

	Celle de Belaïd Abdeslam était, pour sa période, plus clairvoyante. Mais est-ce une raison pour souhaiter un retour à l’autocratie éclairée qu’un courant de pensée algérien suggéré encore clairement avant le printemps arabe ?  L’Algérie vit pourtant depuis 1999 dans ce schéma de l’autocrate non pas éclairé, mais velléitaire. La preuve ? L’audit des concepts donne un nom à toutes les périodes économiques précédentes. Autogestion, industrie industrialisante, substitution aux importations, Infitah contrôlé, réforme de marchés, plan d’ajustement structurel (PAS). Rien pour les années Bouteflika. Smaïl Goumeziane propose «les infrastructures industrialisantes». Généreux.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/retour-au-temps-ou-belaid-abdeslam-pouvait-encore-avoir-raison-12-03-2012-162494_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Hernando De Soto, le gourou de l’intégration de l’informel au chevet d’Alger</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/hernando-de-soto-le-gourou-de-l-integration-de-l-informel-au-chevet-d-alger-05-03-2012-161576_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 05 Mar 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 05 Mar 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Lecture de confort. Les émeutes de la jeunesse de janvier 2011 étaient un missile du secteur informel vers le gouvernement. Diagnostic «subtilement» décliné dans la conclusion de l’enquête sur les événements du «sucre et de l’huile». Une association télépathique des faits situe même l’arrêt net des émeutes au moment précis où les grossistes ont été informés des conclusions de la commission opérateur privés-administration publique qui a levé les exigences de transparence arrêtée par le gouvernement sur les transactions commerciales à partir du 1er janvier 2011.

	Comme si sur le terrain la répression ne faisait pas rage – 4 morts et des dizaines de blessés - et que dans le lot des sites pillés à travers le pays, il n’existait pas aussi des dépôts de grossistes. Le scénario de la toute-puissance politique de l’informel en janvier 2011, s’il ne satisfait pas à l’examen précis des faits contente, par contre, le reste du monde. Le gouvernement et le secteur privé formel. Le premier s’exonère des autres diagnostics possibles sur le mal-être algérien producteur d’immolés à la chaîne. Le second se positionne, sur ce coup, en allié du pouvoir politique contre l’archipel occulte de l’économie underground.

	Depuis, le gouvernement a été cohérent avec son diagnostic. Il a renoncé à toutes les mesures de traçabilité des transactions et a capitulé sur l’obligation du chèque. Mais il ne s’est pas contenté de cela, car, bien sûr, ces mesures n’auraient eu aucun impact sur les candidats émeutiers. La réponse directe à l’embrasement a été la relance et la «démocratisation» de l’accès au crédit. L’Ansej et la CNAC pour financer l’auto-embauche. Un répit acheté au prix fort. Une année plus tard, le ministère du Commerce prend la posture de la réflexion. Il coorganise, la semaine prochaine à Alger, en partenariat avec un privé national, un colloque international sur l’économie informelle. Il n’aurait pas été normal de prêter autant de pouvoir au secteur informel et de ne jamais faire un zoom sur son territoire.

	Prise de risque considérable. Car la production théorique sur le sujet a ses canons. Et son corpus doctrinaire prêt à l’emploi. Qui dit plus ou moins de manière univoque que dans le monde, le secteur informel est important là ou le coût de la formalisation est prohibitif. L’économiste péruvien Hernando De Soto est le grand gourou mondial de cette approche. La bonne nouvelle est pour les participants au colloque. De Soto sera à Alger pour l’expliquer.

	La moins bonne nouvelle est pour les autorités algériennes. Les coûts de transaction sont au cœur de l’approche «De Sotienne» sur l’informel. L’Occident a sécurisé et socialisé, le risque de transaction au bout de deux siècles de capitalisme entrepreunial coiffé d’un Etat de droit. C’est dans le monde d’aujourd’hui le plus gros avantage comparatif de pays capitalistes avancés face aux émergents. Un chef local du Parti communiste chinois peut toujours casser une entreprise privée de son district qui lui refuse des privilèges ou un accès au capital. L’indépendance au moins formelle de la justice rend le même investissement plus sûr en Grande-Bretagne. Même s’il y est moins rentable financièrement.

	Cette sécurisation juridique de la transaction s’est accompagnée d’une baisse tendancielle de ces coûts. Parmi les 30 pays dans le monde où il est le plus facile de créer une entreprise, de louer ou d’acquérir un local ou encore, d’ouvrir un compte bancaire, une majorité écrasante de pays de l’OCDE. Territoire de sécurité juridique. L’Algérie est, de ce point de vue, en dessous des pays émergents. L’administration invente tous les jours de nouvelles règles au prétexte de traquer la fraude. Les dernières sont, dans le cas qui nous intéresse, le renouvellement du registre du commerce tous les deux ans pour les opérations d’importation, et la multiplication des registres du commerce par groupe de produits importés avec séparation des locaux de stockage.

	Une réforme modernisante ou une invitation à plonger dans l’informel pour ceux qui ne pourront pas s’aligner ?  Il existe un seuil au-delà duquel, en fonction du pays, de son histoire et de la force de son consensus social, le coût de la formalisation de l’entreprise est rejeté par les promoteurs. Le coût de l’informel devient alors compétitif. Agir en dehors de la loi est chargé de nuisances. Il empêche de grandir et de capitaliser. Mais assure une plus grande certitude sur les résultats de court terme. L’Algérie n’offre pas la sécurité de transaction d’un vieil Etat de droit. Mais développe une géologie bureaucratique de strates innombrables. Coût proéminent.

	Le courant de pensée qu’anime Hernando De Soto amène à la dérégulation. Pour intégrer ceux qui ont choisi de renoncer à leurs droits de citoyens et de travailler au noir, il faut déréguler la relation première avec les petits entreprenants. C’est pour lui un levier essentiel du développement. Réduire les barrières administratives et baisser la pression fiscale. La démarche peut être tentante. Avec les réserves d’office. Il s’agit d’intégrer l’informel, pas de construire une théorie générale du développement qui serait basée sur le désarmement de l’Etat. Il y a les paradis fiscaux pour cela. Avec le colloque international sur l’économie informelle, le ministère du Commerce accepte d’examiner le fondement de la philosophie de l’Etat. Intégrer à coût constant ou traquer à coût expansif ?
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/hernando-de-soto-le-gourou-de-l-integration-de-l-informel-au-chevet-d-alger-05-03-2012-161576_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Le gouverneur a parlé, le dinar noir conserve son AAA</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/le-gouverneur-a-parle-le-dinar-noir-conserve-son-aaa-27-02-2012-160687_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 27 Feb 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 27 Feb 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	La fuite des capitaux s’est accélérée d’Algérie depuis janvier 2011. Révolution en Tunisie, émeutes de la jeunesse en Algérie. L’écart entre le taux de change officiel dinar-euro et dinar-dollar et le taux de change au noir s’est alors creusé brutalement. De 25% en moyenne en 2010, il est passé à 45% de prime additionnelle à payer pour obtenir des devises sur le marché parallèle.
	Ce cycle ne s’est jamais refermé depuis 12 mois. A la fin de l’année, la Banque d’Algérie a choisi de le réduire par le bas. En dévaluant le dinar officiel. Les éléments qui ont joué contre le dinar à la baisse au square Port-Saïd sont connus. Les cambistes de la rue les résument en un symptôme. Afflux de dinars. Signe de désinvestissement en Algérie. Le choix des nationaux, qui en ont les moyens, de préparer l’avenir ailleurs n’est pas le seul comportement pourvoyeur de fuite. Les applications coercitives de la Banque d’Algérie des injonctions de Ahmed Ouyahia tiennent leur part aussi dans la spéculation à la baisse sur le dinar noir.

	Fin 2010, une circulaire de la villa Jolie a tenté de bloquer des avances sur compte courant des maisons mères internationales à leurs filiales en Algérie en les obligeant – a posteriori comme d’habitude - à faire entrer ce flux temporaire de manière définitive dans leur capital social. Les rapatriements de dinars par le flux parallèle ont enflé. Alimenté par le climat prohibitif entourant l’affaire Djezzy. Les dividendes peuvent ne plus ressortir d’Algérie. A tout moment. Une frange de cet argent, même infime, prend finalement le chemin de l’étranger en dehors des comptes. Et des guichets des banques commerciales. Le séisme de janvier 2011 est survenu sur un terrain miné déjà pour le dinar.

	Les importateurs algériens payent leurs arrhes à Guandzhou en devises achetées sur le marché parallèle. Pas le temps de couvrir cette dépense d’urgence par lettre de crédit. Le crédit documentaire a sa logique temporelle que la foire de Canton ne comprend pas. Rarement en définitive, un Etat n’a, depuis la LFC de 2009, autant spéculé contre sa propre monnaie en alignant mesures de défiances en cohorte écervelée.  L’année 2011 a été consacrée à essuyer les plâtres. Mesures de soutien à l’emploi des jeunes, distribution de crédits à la micro-entreprise, dialogue social élargissent au FCE dès le mois de mai, effacement de dettes bancaires et fiscales aux PME, bémol à la Banque d’Algérie sur les mesures de prise d’otages des flux internationaux. Mais la vente de dinars sur le marché parallèle ne s’est pas désenflée. Ou à peine.

	Le différentiel de change entre les deux marchés est redescendu à 42% en février 2012. Les monnaies nationales tunisiennes et égyptiennes ont mieux résisté à la révolution dans leurs rues que le dinar algérien à son propre gouvernement.  Le mal est donc profond. Comme le montre le processus électoral. Tous les discours officiels n’arrivent pas à endiguer l’ambiance abstentionniste dominante. Les Algériens détenteurs de volants de dinars hors circuits préfèrent les mettre à l’abri dans d’autres monnaies. Pourtant peu fringantes elles aussi comme le sont le dollar et l’euro. Ils votent contre le dinar. L’accélération de la fuite des capitaux en 2011 a un phénomène pendant.

	Le dinar s’achète. A valeur plus faible, certes, mais il s’achète en volumes plus importants. Les acquéreurs de ce dinar noir déprécié ne peuvent compenser leur risque d’avoir acquis une monnaie orientée durablement à la baisse qu’en finançant des opérations à haut rendement : prêts usuraires,  aubaines d’importations, anticipations de marché, activités non déclarées. Rien qui ne tire vers le haut la performance d’une économie. La principale mesure qui pouvait engager un redressement du dinar sur son marché domestique a été pitoyablement abandonnée pour la seconde fois par le gouvernement Ouyahia le printemps dernier : l’obligation du chèque dans les transactions dépassant 500.000 DA. 

	Le gouverneur de la Banque d’Algérie a discouru la semaine dernière sur la conjoncture financière du pays en 2011. Réserves de change à la hausse (182,22 milliards dollars), excédents de la balance de paiement copieux (19 milliards de dollars), taux d’inflation contenu sous les 5%. Sur l’expansion de la fuite des capitaux et la part incompressible du dinar noir dans les comptes de la nation, rien ou presque. La Banque d’Algérie émet le dinar. Le pouvoir politique décide de sa parité. Square Port-Saïd s’ajuste. La standard and Poors n’a plus qu’à y ajouter un AAA.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/le-gouverneur-a-parle-le-dinar-noir-conserve-son-aaa-27-02-2012-160687_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Qatar, le modèle dérive et n’exaspère pas que les cancres du développement</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/qatar-le-modele-derive-et-n-exaspere-pas-que-les-cancres-du-developpement-20-02-2012-159708_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 20 Feb 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 20 Feb 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Si la Chine inquiète l’Occident, le Qatar exaspère le reste du monde. Mais aussi Paris où il a racheté le PSG et où il est en passe de faire passer Canal+, l’entreprise la plus aimée des Français, pour un sympathique bouquet provincial. En lui raflant les droits d’image du football, cœur de son business avec le cinéma. Avec son bras médiatique, Al Jazeera. L’émirat détient un poids politique dans la région arabe et au-delà, hors de proportion avec les représentations classiques de la taille des nations et de la géopolitique. Ce que fait Doha de cette nouvelle influence est un autre débat. Le dernier incident au Conseil de sécurité qui a opposé les deux ambassadeurs russe et qatari est venu rappeler que Qatar est un tout petit pays, au sens ancien. Qui doit donc continuer à s’adresser aux «grands» avec déférence. Le fait est que les lignes ont bougé trop vite pour lui. Le chemin qui a amené le Qatar sur le seuil de «la cour des grands» mérite un arpentage.

	Lorsqu’au milieu des années 1990, le fils Hamad renverse le père, il existe une grande visibilité sur les potentialités financières du pays dans le long terme. Le Qatar est déjà le 3e pays au monde par les réserves de gaz naturel. Grands excédents en vue. Il n’est alors pas question de refaire Dubaï. Pas la place pour deux hubs logistiques, deux plates-formes de l’offshoring dans la région. La stratégie qatarie s’invente deux moteurs. Prise de position en actifs internationaux et construction intensive d’image pays. Avec le groupe Al Jazeera en vaisseau amiral, la démarche s’avère d’une cohérence redoutable. Avec des revenus d’exportations autour de 100 milliards de dollars par an depuis cinq ans, contre des importations inférieures à 30 milliards et une balance de capital peu déficitaire, les moyens pour accélérer les conquêtes extérieures se sont accrus.

	En particulier depuis la déflation des actifs boursiers en Occident depuis 2008. De 2005 à 2009 seulement, Qatari Diar, la filiale immobilière du fonds souverain qatari a investi plus de 42 milliards de dollars, dont plus de 40 pays, à 40% au Moyen-Orient, 30% en Afrique et 30% en Europe, en partenariat avec de grands groupes comme Suez, Vinci (France), Hochtief ou Deutsch Bahn (Allemagne). L’investissement qatari n’a de droit de vie ou de mort sur aucune grande filière industrielle en Europe. Ni ailleurs. Mais la somme de ces actifs fait sens. En fait un acteur à la table de Bruxelles. Hors énergie bien sûr. Et un partenaire important pour des pays en manque de capitaux comme en Afrique du Nord. La stratégie d’image pays, elle est encore plus spectaculaire.
	Car plus visible. Elle a permis de transformer totalement en moins de 20 ans, l’imaginaire porté au sujet d’un émirat pétrolier voisin de l’Arabie Saoudite. La conquête de l’organisation de la Coupe du monde de football de 2022 a couronné ce travail en décembre 2010.

	La première question qui se pose en évaluant la stratégie Etat conduite par Qatar est de savoir jusqu’à quel cap elle demeure aux capacités du pays. Le cap est là et la dérive pointe. Acquérir beaucoup d’actifs dans le monde rend influent. Mais nécessite une capacité réelle à administrer ses engagements. Qatar achète des compétences pour cela. Comme pour le reste d’ailleurs. La démarche a ses limites. Les pertes financières, les impasses stratégiques guettent. La chute du régime d’El Gueddafi a montré combien les régimes «sous qualifiés» étaient de bons gogos pour «l’Equity international». Goldman Sachs avait plumé de 1,3 milliard de dollars le fonds souverain libyen incapable de suivre la logique de ses placements.

	La stratégie de l’écrémage de la concurrence par le coup de karcher financier aussi porte de sérieux risques. Elle est au cœur de l’avancée de Doha dans le monde. ART le bouquet arabe privé du magnat saoudien Cheikh Salah a été racheté après une surenchère hors gabarit sur ses droits d’images sportives. En Algérie, la reprise d’El Watania, l’opérateur de téléphonie mobile Nedjma, par Qtel, l’opérateur qatari, obéit, à son échelle, à la même logique. L’opération algérienne de Qtel ne rentre que du bout du pied en 2010 dans les résultats positifs. En Europe, des voix s’élèvent pour protester contre le fait que l’argent qatari fausse les règles du jeu partout où il débarque : télévisions, sports, transport aérien, luxe, divertissements. Personne ne suit.

	Le modèle qatari est à l’abri pour longtemps des conséquences d’un crash de ses actifs dans le monde. Son plus grand risque est qu’il se mordre la queue. Lorsque les Chinois font des acquisitions dans l’automobile (Rover ou Volvo) ils transfèrent de la technologie et renforcent leur offre d’exportation à valeur ajoutée. Rien de cela à Qatar ou le taux de chômage est à peu près nul. L’insolence du Qatar exaspère donc. Elle peut conduire rapidement l’émirat à quelques tourments politiques. Que de très nombreux pays dans le monde échangeront volontiers contre les leurs. En particulier, les pays qui font de grands excédents financiers depuis 7 ans. Et qui ne savent ni acheter une usine dans le monde ni arrivent à en attirer une chez eux.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/qatar-le-modele-derive-et-n-exaspere-pas-que-les-cancres-du-developpement-20-02-2012-159708_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Djezzy, Renault, Bourse d’Alger, il neige aussi sur le «khéchinisme» algérien</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/djezzy-renault-bourse-d-alger-il-neige-aussi-sur-le-khechinisme-algerien-13-02-2012-158804_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 13 Feb 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 13 Feb 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Trois annonces en phase avec le thermomètre glacé de ce mois de février. Plus de droit de préemption algérien sur Djezzy, plus d’investissement imminent de Renault en Algérie, plus ou presque plus de segment obligataire à la Bourse d’Alger qui n’a plus que deux titres d’emprunt en cotation. La première annonce est venue à la fois du propriétaire de OTA et du ministre des Finances algérien. Le prétendu droit de préemption devient une négociation commerciale. Qui peut ne pas aboutir. Ce n’était pas la musique officielle d’il y a un an. La seconde annonce est venue du seul côté étranger. Carlos Ghosn a fini par dire ce que tout le monde sait à Alger dans les chancelleries. Il n’existe pas une intention d’investir en Algérie dans le cours terme chez le grand constructeur français.

	Enfin, la troisième annonce vient de la Bourse d’Alger. Et elle dit en gros qu’il n’existe quasiment plus de Bourse d’Alger. Le seul marché qui assurait, en vitrine, un seuil minimal de transactions était celui des titres émis durant les emprunts obligataires. Deux emprunts ont été remboursés en 2011 et pas de nouvelles opérations lancées durant l’année. Chute de 52% d’un flux déjà chétif au départ. Clap de fin. Ces trois annonces concentrées en l’espace d’une dizaine de jours sont le fait des acteurs de terrain. Ils disent en gros que rien de ce que veux entreprendre le gouvernement dans ce domaine ne marche dans le bon sens. Erreur sur le droit d’affaires dans le cas Djezzy,  Naïveté ingénue dans le cas de Renault et entêtement aveugle dans celui de la Bourse d’Alger.  Tout cela n’est pas sans préjudice.

	La prise de majorité de Djezzy se fera, si elle se fait, au prix le plus fort, car c’est le gouvernement algérien qui est sur le recul. 4 milliards de dollars, pour la prise de la majorité, sont le montant qui revient le plus souvent dans l’entrebâillement du cabinet Sherman et sterling LLP France, en charge de l’évaluation. Les contribuables sont dociles. Ils pensent que c’est Hassi R’mel qui règle. Dans le cas de Renault, le dommage est à fois stratégique et symbolique. Le gouvernement algérien s’est couvert de ridicule. Dans la semaine même, et c’est plutôt là que réside la nouveauté, ou Renault propose une publicité comparative avec le lancement effectif de la production et de l’exportation de sa nouvelle usine de Melloussa près de Tanger. Cela pour le symbolique. Le stratégique est la perte de temps. Donc, d’opportunités par ailleurs. Carlos Ghosn s’est presque dévoilé en affirmant qu’il était «hors de question de laisser qui que ce soit aller construire une usine en Algérie».

	Comprendre ce ne sera jamais la concurrence, mais nous d’abord. Les pourparlers ont une fonction marécageuse. Ils insécurisent les autres intentions d’investir en Algérie chez d’autres constructeurs. Renault a une place de leader de marché à défendre avec ses 60 000 ventes par an. Pour le moment, il y réussit en venant en éclaireur dans le pays 15 jours avant Jean-Pierre Raffarin. Trois projets et trois échecs. La Bourse d’Alger n’est pas le moins retentissante. 2011 devait être l’année du décollage. Dans les trois projets, trois préoccupations. Faire profiter les entreprises algériennes des réussites étrangères en Algérie (Djezzy), utiliser la taille de marché domestique pour attirer des investisseurs technologiques dans l’industrie (Renault), mobiliser l’épargne nationale pour accélérer le développement des entreprises (Bourse d’Alger).

	Les autorités algériennes s’y prennent avec du «Khechinisme» Boukrouhien – c’est son concept – dans les trois projets. L’articulation utile saute pourtant aux yeux. Il faut utiliser aussi la Bourse d’Alger pour marier le capital algérien et le capital étranger. Sur les valeurs que les souscripteurs choisiront d’acquérir. Au lieu de s’acharner sur Djezzy avec le risque d’expatrier plusieurs milliards de dollars, inviter tous les grands groupes étrangers jugés importants dans leur domaine d’activité en Algérie, à financer leur développement dans le pays en en partageant une petite partie des fruits. Ouverture à la Bourse. Renault se tâte dans la durée. Il ne viendra sans doute jamais dans le régime du 51/49. Adapter. Assouplir.

	Exiger juste un passage par la Bourse d’Alger au terme de quelques années de croissance. Les Marocains prévoient de le demander pour la Bourse de Casablanca. Le 51% d’actionnariat public algérien fait fuir les investisseurs étrangers. Même dans le cas plus que profitable de l’unité de Vapocraquage d’Arzew que Total ne sait plus s’il veut faire sous le nouveau régime du 51-49. Sonatrach ou Sonelgaz sont des partenaires recherchés. Mais ailleurs, il faut laisser venir. Algérianiser le métier. Comme dans Djezzy. Le capital ensuite. Sans à-coups. Par l’attrait de marché que propose la cotation des valeurs mobilières. A tout cela une condition. L’Etat doit donner l’exemple. Jamais la Bourse d’Alger ne décollera sans accueillir l’ouverture partielle du capital des plus grands groupes publics. C’était même le programme de Abdelaziz Bouteflika. Le pétrole était alors à 20 dollars le baril. </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/djezzy-renault-bourse-d-alger-il-neige-aussi-sur-le-khechinisme-algerien-13-02-2012-158804_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Algérie-Maroc, ce qui a changé depuis 1989-1994</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/algerie-maroc-ce-qui-a-change-depuis-1989-1994-06-02-2012-157856_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 06 Feb 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Les autorités algériennes n’ont jamais cherché à mettre à jour le rapport de compétitivité entre les économies algérienne et marocaine. 
	Logiciel à l’arrêt depuis 1994. Connecté sur une courte expérience de montée des échanges commerciaux à partir de l’ouverture des frontières terrestres en 1989, jusqu’à leur fermeture au bout de cinq années.
	En gros, le tableau qu’observent toujours les décideurs à Alger est le suivant : les Algériens dépensaient leurs économies au Maroc en séjour et achats. Ils en profitaient, pour les frontaliers d’entre eux, pour «exporter» des produits subventionnés. En 2012, une majorité de vieux maîtres du pays, à la présidence de la République, au ministère de la Défense nationale, au Premier ministère, au ministère de l’Intérieur, au ministère des Affaires étrangères, pensent pareil. Le rétablissement de la circulation frontalière va profiter à l’économie marocaine et pas à l’économie algérienne.

	Comme entre 1989 et 1994. C’est bien sur une appréciation paléontologique qui ne tient pas compte de trente années de transformations des deux économies et du monde. Trois évolutions majeures. D’abord, la parité dinar algérien-dirham marocain s’est renversée en symétrique depuis 1989-1994. Le  premier s’est déprécié de plus de 300% vis-à-vis des monnaies européennes qui font aujourd’hui l’euro, le second lui s’est arrimé à l’Euro. Les voyageurs algériens sont potentiellement pauvres au Maroc. Ensuite, l’offre marocaine de produits de toutes sortes indisponibles ou encore trop chères sur le marché algérien dans la période 1989-1994 a été éclipsée par l’émergence de l’atelier du monde. La Chine vend aux Algériens en Algérie tout ce qu’ils ne savent pas faire ou font à un prix trop élevé.

	Le cliché algérien au sujet de l’invasion des produits marocains par une frontière ouverte doit être réévalué. Produit par produit. Enfin comparativement à 1989-1994, l’offre de produits algériens à l’exportation a émergé. Agroalimentaire, électronique grand public, boissons, matériaux de construction, médicaments, engrais, produits sidérurgiques et pétrochimiques, emballages. Cette offre est bien sûr portée essentiellement par le secteur privé. Et c’est sans doute là tout le problème de l’actualisation du rapport de compétitivité entre les deux économies vue d’Alger. Pour les officiels algériens, l’offre nationale de produits à l’exportation vers le Maroc est celle du secteur public économique. Elle est, en gros, la même depuis 1994. Si des privés algériens peuvent gagner avec le rétablissement d’un flux commercial terrestre entre l’Algérie et le Maroc, cela est, dans l’esprit de la défiance politique ambiante, intuitivement une raison supplémentaire pour ne pas se précipiter à la rouvrir.

	La première raison étant, plus ou moins explicitement, de ne pas faire de «cadeau» à Rabat en vivifiant l’économie de l’Oriental, région proche de l’Algérie. Les trois grandes évaluations citées,  la nouvelle parité dinar-dirham, la domination commerciale de la Chine, et la nouvelle offre privée algérienne proposent à elles seules un tout autre scénario économique dans le cas d’une réouverture de la frontière Algérie-Maroc. L’économie marocaine en profitera. Mais dans un autre modèle que celui de 1989-1994.

	L’économie algérienne n’en pâtira pas, elle a déjà subi le «choc chinois». Elle peut plutôt y gagner un vrai nouveau débouché pour une offre de biens, mais aussi de services, bridée à l’exportation. En attendant la phase des investissements croisés. En réalité, la relation avec l’économie tunisienne propose quelques indicateurs sur ce que pourrait devenir la relation Algérie-Maroc après le rétablissement de la continuité continentale des deux économies. Les Algériens n’achètent pas en Tunisie pendant leur séjour, les produits qu’ils trouvent sont pour leur quasi-totalité meilleur marché en Algérie. Le dinar tunisien a suivi le même chemin que le dirham marocain. Les exportations tunisiennes performantes sont orientées vers un marché valorisant, l’Europe. C’est le cas pour le Maroc.

	Pas «d’invasion» de ce point de vue. Des produits algériens, en dépit des turpitudes combinées du système Benali et du carcan algérien, arrivent à se placer sur le marché tunisien, car leur rapport qualité-prix est réellement compétitif. L’évaluation des scénarios économiques Algérie-Maroc avec frontière ouverte ne doit cependant pas se contenter d’une comparaison avec 1989-1994. Elle est tenue de se projeter dans la géographie mondiale de la croissance des deux prochaines décades. La relocalisation des échanges intégrants est la clé des prochaines zones de prospérité. Renault a choisi Tanger pour son méga-site de production qui démarre cette semaine, non pas pour de strictes raisons d’avantages coûts financiers - la Roumanie et la Turquie pouvaient offrir plus sur cette stricte approche. Mais pour un retour géoéconomique global sur investissement. En termes de
	«territoire lié».

	La croissance chez le proche voisin de la périphérie intéresse le centre. L’Algérie et le Maroc peuvent développer des échanges intégrants qui construisent demain la complémentarité des territoires. Et bonifie leur attractivité mondiale. Vu sous cet angle, la punition que veut infliger Alger à Rabat en «étouffant» Oujda et l’Oriental paraît dérisoire. Même le droit à l’autodétermination pour les Sahraouis a plus de chance de s’accomplir, dans un sens ou dans un autre, dans un contexte de relance du territoire économique maghrébin.  Une chose est certaine. L’accélération de l’intégration  douanière Tunisie-Libye ne laisse plus l’agenda du Maghreb entre les seules mains d’Alger et de Rabat. Et c’est une bonne nouvelle.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/algerie-maroc-ce-qui-a-change-depuis-1989-1994-06-02-2012-157856_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Théorie générale du trabelsisme d’Etat algérien</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/theorie-generale-du-trabelsisme-d-etat-algerien-30-01-2012-156936_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 30 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 30 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	C’est un débat de théoriciens. A la fin des années 1970, un livre sur l’économie algérienne faisait polémique à l’institut de sciences économiques d’Alger. Il qualifiait l’Algérie «socialiste»  de Houari Boumediène de «capitalisme d’Etat». Un jour, interpellé sur le sujet lors d’un cours, un certain professeur Abdellatif Benachenhou, au temps de sa splendeur académique, prenait le temps de développer devant un amphithéâtre captivé son point de vue sur la question.
	Pour le professeur Benachenhou, qui parle de «capitalisme d’Etat» dit donc bourgeoisie d’Etat. Or, l’enseignement marxiste, duquel se réclament d’ailleurs les coauteurs du livre, Raffinot-Jacquemot, explique que la première fonction à laquelle aspire une classe dominante est de reproduire la base matérielle de sa domination.

	Un peu plus vrai encore dans le cas de la bourgeoisie dans le capitalisme. Et le professeur Benachenhou de faire une démonstration magistrale : la supposée «bourgeoisie d’Etat » algérienne ne travaille pas pour reproduire le supposé capitalisme d’Etat, et donc les conditions de sa propre domination. Elle sape même le modèle qui l’a fait dominante.  Comment ? Elle organise, par différents canaux, un transfert de valeur vers le secteur privé qui se développe sur les flancs de l’Etat. Par la pénurie, les prix administrés, les crédits, les marchés protégés… autant de mécanismes qui affaissent le secteur public économique et créent des niches d’opportunités pour le privé. 

	La «bourgeoisie d’Etat » ne travaille donc pas, selon l’éminent professeur, pour se reproduire, mais pour engraisser un secteur privé voisin. Qu’elle aspire dominer dans le moyen terme. Il n’y a donc pas de capitalisme d’Etat ni de bourgeoisie d’Etat, mais juste une bureaucratie d’Etat qui prépare les conditions classiques du capitalisme libéral dont elle sera, par reconversion sociale programmée, l’acteur majeur. La conclusion n’est pas tout à fait celle du conférencier, qui, lié déjà à la commission économique du FLN n’était déjà pas tout à fait libre de sa parole.  Il reste que sur l’essentiel, Abdellatif Benachenhou a vu juste.  32 ans plus tard, l’Algérie se réveille sur un scénario équivalent. Mais renversé.

	La bureaucratie d’Etat – toujours bourgeoise en contexte marchand- tente toujours d’organiser un transfert de valeur. Dans le sens inverse. Elle veut placer des entreprises publiques dans tous les grands investissements privés : téléphonie mobile, ciment, transport, aluminium, assurance, banque, logistique portuaire, automobile, métallurgie. Partout où la bourgeoisie aspire à créer de la valeur, la bureaucratie d’Etat veut en être. Au nom de l’intérêt collectif national.

	Dans les années 1970, un homme d’Etat, Belaïd Abdeslam, incarnait la construction du «capitalisme d’Etat», selon les adaptateurs du concept à l’Algérie – Charles Bettelheim l’avait déjà utilisé pour la Chine de Mao Tsé Toung. Dans les années 2000, un lointain cousin de la crête des Bouadnen, en haute Kabylie, habite le rôle du grand régent du capitalisme algérien sur le chemin du retour. Du privé vers l’Etat. Ahmed Ouyahia trône sur les participations de l’Etat. Il est en quelque sorte le président du conseil d’administration de tous les actifs publics. Mais pas seulement. C’est lui qui, avec une ANDI et un CNI aux ordres, décide de qui vient investir en Algérie. Il décide du plan de développement des privés algériens, de leur alliance d’affaires, du choix de leurs partenaires.

	En Tunisie, les Benali-Trabelsi imposaient un membre du clan dans tout nouvel investissement privé important, tunisien ou étranger. Ahmed Ouyahia impose du capital public, des entreprises publiques. Intérêt national ? En vérité, il s’impose lui-même.  Car de facto, si son empire d’affaires est public, le pouvoir qu’il procure est privé.

	Ahmed Ouyahia travaille donc à reproduire la domination politique de la bureaucratie de l’Etat. Loin de toute rationalité économique. Noyé jusqu’au cou dans le conflit d’intérêts. Le pouvoir bureaucratique de l’Etat est-il sociologiquement reproductible dans la durée ? Non. Il est politiquement et biologiquement contingent. C’est pour cette raison même que tous les régimes qui sont construits sur cette seule ambition finissent par tomber dans un assourdissant fracas planétaire. Le capitalisme mondial aussi est au bord du gouffre. Parce que son système de pompage de valeur de la communauté des citoyens vers une minorité d’initiés, s’est emballé ces 20 dernières années. Son salut, s’il existe encore, passe par un retour urgent à un plus grand partage.

	En Algérie, l’ambition de faire un capitalisme performant avec des entreprises publiques indues occupantes dans tout nouvel investissement est aussi suicidaire que de vendre à crédit un pavillon 500 000 dollars à un chômeur de longue durée dans la banlieue sud de Chicago. Les subprimes de Ouyahia sont encore bien plus toxiques.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/theorie-generale-du-trabelsisme-d-etat-algerien-30-01-2012-156936_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Pénurie de carburant, pléthore de résistance au changement</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/penurie-de-carburant-plethore-de-resistance-au-changement-23-01-2012-155937_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 23 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 23 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	La situation des «utilities» dit presque tout sur un pays. L’énergie, l’eau, les télécommunications. Voilà, hors infrastructures d’accès, ce qui détermine le territoire. L’Algérie reste de ce point de vue un pays retardataire. L’ouest du pays et une grande partie du Sud vivent actuellement sous le régime de la pénurie de carburants. L’alimentation en électricité demeure inconstante sur les parties faibles du réseau, et l’accès à internet de haut débit est restreint et chaotique. La distribution de l’eau est un mixte de progrès et d’échecs. Le triple A dans la qualité des fournitures est très loin. Ce n’est pas faute de moyens financiers. Le niveau des dépenses budgétaires dédiées aux équipements est, en Algérie, l’un des plus élevés du monde, par tête d’habitant : barrages hydrauliques, centrales électriques, kilomètres de fibres optiques, raffineries. L’argent public est disponible pour les réalisations.

	Le rendu en service final demeure presque systématiquement en dessous du standard visé par la dépense. D’où le déplacement de l’analyse. Ce sont les outils qui ne seraient donc pas efficaces. A différentes échelles. L’ADE pour l’eau, Naftal et Naftec pour les carburants, Sonelgaz pour l’électricité, Algérie Télécom pour internet.  Le fait est que l’audit de chaque grand fournisseur d’utilities est une histoire à part. Avec un socle commun. Le monopole. Le régime algérien a démonopolisé la fourniture des services de base au coup par coup. Le plus souvent sous la contrainte. Parfois par idéologie.  Comme avec la loi sur l’électricité de Chakib Khelil ouvre un marché en amont dans la génération, alors que les tarifs de la distribution sont bloqués pour Sonelgaz.  Cela donne aujourd’hui un paysage tout en contraste. D’abord l’eau. La crise de l’été 2003 a fait sonner une alarme. Le pays a failli mourir de soif. Conséquence, boom du dessalement et accélération du programme de barrages et de transferts. Restait alors la gestion de l’eau. Elle a été confiée à des firmes étrangères. Sans état d’âme. Avec le français Suez dans l’eau d’Alger (SEAAL), la promesse de tordre le cou au 40% de taux de perte dans le réseau faisait sens. L’expérience a marché et aujourd’hui Suez venu pour Alger est en train de devenir l’opérateur de l’eau de tout l’Algérois (Tipasa et Blida). En attendant plus. Le calcul politique est simple. Il y a plus à gagner à avoir de l’eau qu’à perdre de se faire aider pour cela par un étranger.

	C’est le même raisonnement qui a conduit à l’attribution de deux licences de GSM à des opérateurs étrangers. Le résultat est favorable. Une première conclusion s’impose. Lorsqu’un service est ouvert à la concurrence (téléphonie), ou lorsque son management est modernisé par délégation au profit d’un bon opérateur étranger, les choses progressent à grands pas. A l’inverse, le monopole d’Algérie Télécom sur le téléphone fixe et sur internet conduit à l’impasse. Tout comme celui de Naftal sur la distribution du carburant. Bien sûr, la réouverture de la raffinerie d’Arzew atténuera la tension. Mais tout le monde sait que les acteurs uniques ne peuvent pas faire seuls face à une demande en croissance à deux chiffres. Le ministre des PTIC, Moussa Benhamadi vient de le reconnaître dans un entretien à Maghrebemergent.info: Algérie Télécom n’a pas les moyens de développer seul le réseau du haut débit dans tout le pays. La loi en cours de préparation sur les télécoms va réglementer l’entrée de nouveaux acteurs, appliquer le dégroupage de la boucle locale. Dix ans de retard. Youcef Yousfi gagnerait à avoir les mêmes accents de sincérité au sujet de la distribution du carburant. Naftal ne peut pas suivre l’évolution du parc automobile.

	Dans son cas, le cadre est ouvert en théorie à d’autres acteurs de la distribution. Mais tout le monde sait que l’attractivité du secteur est trop faible pour attirer de nouvelles enseignes. Pour cela, et pour contenir d’ailleurs le gaspillage du carburant, le gasoil en particulier, il faudrait un ajustement à la hausse des prix à la pompe. L’attitude du pouvoir politique avec l’eau, le gasoil, le méga-octet, ou le kilowatt-heure n’est pas pensée dans une prospective. Elle est situationniste. Ondulante. Ainsi, l’eau peut se manager par des étrangers pour éviter les tensions sociales. Deux grandes catégories tout de même obéissent à une constante résistance au changement. Les TIC ne se développent pas à cause, notamment, de l’emprise d’un pouvoir qui est en train de ramener l’Algérie à l’ère de pierre électronique avec la gabegie Algérie Télécom et la nationalisation de Djezzy. Le secteur de la distribution des produits pétroliers reste sous contrôle, car c’est un instrument efficace de réglage de la redistribution de la rente pétrolière sur la population par le maintien de prix artificiellement bas du litre de gasoil notamment. Mais attention. Si l’émeute pour cause de mauvaise connexion n’est pas encore recensée, celle pour absence de mazout à la pompe rôde à Tlemcen et ses environs.  
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/penurie-de-carburant-plethore-de-resistance-au-changement-23-01-2012-155937_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>La Grèce retombe cette semaine dans la dernière nuit de Lehman Brothers</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/la-grece-retombe-cette-semaine-dans-la-derniere-nuit-de-lehman-brothers-16-01-2012-155020_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 16 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	La Grèce 2012 marche sur les pas de l’Argentine 2001. Depuis vendredi, un peu plus. Les banques qui négocient avec Athènes les modalités de renoncement de 50% à leurs créances  ont suspendu les discussions. Cela ne pouvait pas plus mal tomber au lendemain de la dégradation du triple A de la France. L’un des principaux pourvoyeurs de la cavalerie qui doit sauver la Grèce. En un mot jamais, la déclaration de cessation de paiement de la Grèce n’a été une plus grande possibilité qu’aujourd’hui. Parmi les créanciers privés censés alléger le fardeau de moitié, quelques-uns ont misé sur l’autre scénario. Celui de l’insolvabilité de l’Etat Grecque. Et ont secrètement acheté des actifs qui rebondiraient dans ce cas de figure.

	C’est dire combien la chaîne de l’Euro parait dissoluble aujourd’hui à son maillon grec. La décision de réduire de 50% la dette souveraine de la Grèce a été prise fin octobre dernier par les pays de la zone euro afin d’éviter une faillite en ordre dispersé du pays. Autrement plus désastreuse pour tous.

	En accord avec les banques privées créancières de la Grèce. Pilule amère qu’elles ont dû avaler pour stabiliser un marché lancé dans le massacre des actifs souverains partout en Europe. Elles étaient ainsi invitées à ne pas se payer jusqu’au dernier rubis sur la bête au sol. Aujourd’hui, elles traînent, pour certaines d’entre elles, les pieds pour déboucher sur un accord de réaménagement de la dette grecque. Avec nouveau principal, nouveau taux d’intérêt et nouveau délai de remboursement. Or, sans cet accord, le FMI ne libèrera pas une nouvelle aide au gouvernement d’Athènes.

	Pire encore, l’institution de Washington pense que la Grèce ne s’en sortira pas, même si ses créanciers lui effacent la moitié de sa dette. Conséquence, le FMI ne mettra pas plus d’argent en Grèce s’il n’est pas certain de la possibilité d’être remboursé. Ce sont ces statuts qui l’obligent à agir ainsi. La condition pour que la Grèce garde la tête en dehors de l’eau serait que ces créanciers, si rigides encore dans cette tempête, acceptent non pas seulement de mettre une croix sur la moitié de leurs créances, mais aussi d’être remboursés à un taux «raisonnable» pour les 50% restants. Elles exigent 5% de taux d’intérêt. Insoutenable répond Athènes. Et le FMI aussi.

	Le bras de fer a pris l’allure d’une partie de poker des plus dangereuses. Elle fait penser à la dernière semaine de la vie de Lehmann Brothers en septembre 2008. Le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, voulait amener les autres banques de Wall Street à participer au sauvetage de la 4e banque d’affaires du pays, sans apporter de l’argent public à ce sauvetage. Il l’avait fait pour sauver Bear Stearns quelques semaines auparavant et avait été lynché par l’opinion pour une telle utilisation de l’argent du contribuable.

	Paulson était, jusqu’au dernier soir, persuadé que Lehmann Brothers trouverait preneur - la britannique Barclay’s - si les autres banques américaines acceptaient de partager le risque de ses actifs toxiques (les subprimes) qui l’avaient fait plonger en moins de trois mois de 66 dollars l’action à moins de 4 dollars. Erreur. L’Europe peut se réveiller dans les prochains jours comme les Etats-Unis le lundi 15 septembre au matin. Parce que ceux qui pensent que le soldat grec ne peut plus être sauvé, et qu’il ne sert à rien de gaspiller encore des capitaux pour cela, sont désormais plus nombreux et à découvert.

	Dans des conditions d’insolvabilité similaire, l’Argentine avait décidé de se déclarer en cessation de paiement aux premiers jours de 2002, après une crise du change qui avait fait fuir les capitaux libellés en dollars par la grâce du Currency board, une loi liant à parité fixe le Peso et la devise américaine. La Grèce l’aurait sans doute fait depuis une année déjà si ce n’était l’euro.
	 L’Argentine, en rupture avec le FMI, avait dévalué de 40% le peso, relancer ses exportations, coupé les grands déposants de leur épargne pendant quelques mois et renégocié sa dette avec ses créanciers étrangers, les amenant à en effacer jusqu’à 70% sous certaines conditions. L’alternative, en bonne partie, aux plans d’ajustement qui ont éreinté la société grecque depuis plus de deux ans, est donc déjà écrite dans l’histoire économique récente. En Argentine. L’euro ne l’a pas permis jusqu’ici.

	La chute de la Grèce a un effet systémique sur la zone de la monnaie européenne. Mais depuis  vendredi et la complication dans la négociation d’Athènes avec ses créanciers, le scénario argentin est de retour. Avec toutes ses conséquences pour la zone. Un accord de dernière minute n’est pas à exclure. La question est de savoir qui le financera. Un surcroît de solidarité européenne, plus de sacrifice du peuple grec, ou un sursaut des actionnaires des banques créancières dont l’inflexibilité amène à nouveau tout le système au bord du gouffre. Comme en septembre 2008.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/la-grece-retombe-cette-semaine-dans-la-derniere-nuit-de-lehman-brothers-16-01-2012-155020_174.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Le retard algérien dans les économies d’énergie va devenir critique en 2012</title>
           <author>El Kadi Ihsane </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/le-retard-algerien-dans-les-economies-d-energie-va-devenir-critique-en-2012-09-01-2012-154104_174.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Analyse éco</category>
           <pubDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 09 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	L’Algérie consommera en 2019 autant de gaz naturel qu’elle en exporte aujourd’hui. 55 milliards de mètres cubes par an. C’est l’un des trois scénarios de la CREG, la commission de régulation de l’électricité et du gaz naturel. Certes, celui de la croissance la plus forte de la consommation interne,7,1%. Dans le cas d’une croissance intermédiaire, 5%, la demande domestique de gaz naturel se situe à un niveau tout aussi spectaculaire : 45,2 milliards de mètres cubes. L’année 2012 devrait en toute logique être celle d’un grand cri d’alarme. L’Algérie gaspille de l’énergie. Dans des volumes plus importants que tous les pays dans la même situation excédentaire. Le gaz naturel sert à produire de l’électricité, à alimenter des filières industrielles entières - pétrochimie et sidérurgie par exemple) et au secteur résidentiel.

	Cette demande dévore depuis des années les volumes qui pouvaient être exportés. Et c’est normal. L’Algérie se développe. Elle devient son propre débouché pour ses matières premières. L’alarme est là. Ce développement est en train de s’emballer. 30 milliards de mètres cubes consommés en 2010. Entre 15 milliards et 25 milliards de plus dans moins de dix ans. Les exportations de gaz naturel, à la peine depuis 4 ans, vont de plus en plus être contraintes par la demande interne algérienne. C’est une évidence pour Bruxelles, et les partenaires énergétiques sud-européens de l’Algérie. Ce sont donc eux qui poussent les premiers aux mesures de bon sens. Les économies d’énergie.

	Afin de s’assurer d’une poursuite des approvisionnements algériens au-delà d’un horizon qui se rapproche trop vite. Le sujet a été évoqué récemment lors de la réunion de Youcef Yousfi avec le commissaire européen à l’énergie. L’efficacité énergétique algérienne est la plus mauvaise au Maghreb. Pertes dans les transports, pertes dans le résidentiel, pertes dans l’activité industrielle. Le gouvernement n’a pas encore pris la mesure de l’enjeu. En gros, économiser 100 000 barils jour et 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, change totalement la donne de la balance des paiements algérienne en 2020. Lorsqu’elle devrait cesser, au rythme de gaspillage actuel, d’être excédentaire grâce aux hydrocarbures.

	Les campagnes de l’Aprue, pour utiliser des lampes économiques, sont sympathiques. Elles sont très en dessous de la gravité du moment. Si l’Algérie n’entame pas dès 2012 un programme volontariste de confinement de la croissance de sa consommation énergétique, alors elle court très vite à un contre choc «pétrolier». Pire que celui de 1985. Pas par les prix, mais par la faiblesse des volumes disponibles à l’exportation. Les économies d’énergie ne sont pas seulement une opportunité économique qui permet de vendre plus de pétrole et de gaz naturel à l’étranger. C’est aussi une inscription dans la transition énergétique mondiale qui a entamé sa sortie du carbone.

	Au Nigeria, le président Goodluck a suivi l’avis de ses experts. 8 milliards de dollars étaient consacrés tous les ans à soutenir le prix domestique du carburant. Il a décidé depuis le 1er janvier de supprimer cette subvention et d’utiliser le budget récupéré à moderniser les infrastructures du pays. Le prix de l’essence passe donc de 0,30 dollar à 0,90 dollar. Un peu fort pour une seule cuillère. Les Nigérians vont se mobiliser contre « la suppression du seul privilège pour une nation productrice de pétrole, rouler à bon marché ». Une erreur ? Le proche avenir le dira. L’Iran a été le premier à entamer une réforme de son système de prix énergétique intérieur. Il est vrai qu’ils partaient de très bas.

	L’Algérie a subi la pression de ses partenaires dans la négociation d’accession à l’OMC pour aligner ses prix domestiques de l’énergie sur les prix internationaux. Elle n’est, bien sûr, pas obligée d’aller à cette extrémité. Mais le modèle de « low cost » énergétique sur lequel elle a voulu bâtir une compétitivité à l’internationale n’a pas marché. Même la sidérurgie avec ArcelorMittal à El Hadjar est en danger, en dépit d’un prix «sacrifié» de la fourniture en gaz naturel. L’heure d’une grande révision s’impose. Le maintien du prix du carburant, notamment du gasoil, aussi bas, est une vraie question stratégique. Il est 11 fois inférieur – au réel - au prix du litre sur le marché français. L’écart des revenus moyens oscille entre 6 et 7.

	Les économies d’énergie se conduisent donc par l’effet prix. Mais aussi par les incitations. En faveur de tout ce qui permet de consommer moins d’énergie. Incitations dans l’utilisation des technologies d’isolation thermique dans le bâtiment, dans l’utilisation du solaire domestique (qui ne vient toujours pas), et même dans l’acquisition des véhicules les moins polluants, forcément les moins énergétivores. 2012 est bien l’année de la sonnette d’alarme énergétique. Grand handicap, la motivation pour économiser l’énergie est absente chez les dirigeants d’aujourd’hui. 2019 n’est pas sur leur agenda politique.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/chroniques/analyseeco/le-retard-algerien-dans-les-economies-d-energie-va-devenir-critique-en-2012-09-01-2012-154104_174.php</link>
        </item>
        </channel>
</rss>
