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Y a-t-il manipulation en Kabylie ?

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le 20.03.17 | 12h00 Réagissez

Interdictions, interventions parfois musclées et soupçons de mani-pulation ; l’attitude, de plus en plus interventionniste des autorités dans certaines localités de Kabylie, laisse perplexe. Certains comportements, notamment ceux de la police, rappellent étrangement des événements d’un passé douloureux.

Alors que les activités culturelles et même politiques se sont déroulées jusque-là dans une totale liberté, les autorités locales semblent vouloir imposer des restrictions sans précédent, sans qu’aucun argument ne soit avancé.

A commencer par cet étrange déploiement policier mobilisé lorsque l’universitaire Younès Adli devait animer une conférence dans la ville d’Aokas, à l’est de Béjaïa. Les organisateurs ont eu beau brandir une autorisation administrative, l’officier de police ne voulait rien entendre. Il a fallu plusieurs semaines pour que l’administration wilayale explique que les organisateurs, qui ont coordonné des dizaines de conférences, ne devaient pas s’adresser à l’APC mais plutôt aux autorités de la wilaya.

Cela aurait pu s’arrêter là. Mais dans la wilaya voisine de Tizi Ouzou, deux événements viennent confirmer ce sentiment que quelque chose d’anormal vient de se produire : deux conférences que devaient organiser une association de la commune de Bouzeguène sont annulées. L’une devait être animée par Kamel Daoud et l’autre par Karim Akkouche. Les responsables de l’association n’ont pourtant pas manqué de volonté, puisqu’ils ont introduit des demandes en bonne et due forme. Les autorités n’ont même pas expliqué leur refus. Il ne s’agit pourtant que de conférences portant sur des livres !

Si les époques sont différentes et les comparaisons ne sont pas forcé-ment adéquates entre les hommes, ces interdictions rappellent celles qui ont conduit aux événements du Printemps berbère de 1980. A cette époque, les autorités avaient interdit une conférence de Mouloud Mammeri. La suite est connue de tous, puisque cette interdiction a donné lieu au plus grand soulèvement contre le pouvoir algérien depuis l’indépendance du pays. De la même manière, les événements de 2001 ont été provoqués par des comportements étranges des services de sécurité, notamment de la Gendarmerie nationale. Sommes-nous en train de revivre les mêmes scénarios ? Sommes-nous en train d’assister à une nouvelle œuvre de lutte au sommet par procuration ?

Il est vrai que ces événements tragiques qui ont conduit à la mort de dizaines de jeunes, notamment lors des événements de 2001, n’ont pas encore livré tous leurs secrets, des personnes proches du pouvoir attestent qu’à chaque fois que des clans opposés se battent pour le contrôle du pouvoir, ils choisissent particulièrement la Kabylie comme terrain de bataille. En est-il de même cette fois-ci ? Il n’existe aucune preuve pour répondre par l’affirmative. Mais les procédés et les comportements de certains responsables suscitent beaucoup d’interrogations.

Ali Boukhlef
 
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