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Ouyahia parle de protection de la «sécurité nationale»

Poursuite des opérations de rapatriement de migrants

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le 15.04.18 | 12h00 Réagissez

Les opérations de rapatriement de migrants subsahariens n’ont pas cessé. Hier, des ressortissants subsahariens ont été arrêtés à Oran.

«L’opération a commencé vers 5h. J’ai pu assister à une descente au quartier Tahtaha au centre-ville, où un dortoir de quatre étages avait été vidé de ses occupants étrangers. Aux Amandiers et au site Coca-Cola, à l’ouest d’Oran, des gendarmes avaient interpellé des ressortissants subsahariens dans des bidonvilles», raconte Fouad Hassam, défenseur des droits de l’homme et syndicaliste, qui signale avoir pu entrer en contact avec certains ressortissants subsahariens.

Les populations ciblées par cette deuxième opération dans la capitale de l’Ouest, lancée le 9 avril, sont des Nigérians, des Camerounais et des Guinéens, précise Hassam. «L’opération a touché aujourd’hui (hier) la wilaya d’Oran, comme, d’après mes informations, d’autres villes du pays. Il est impossible d’avoir des chiffres exacts du nombre de personnes arrêtées. A Tahtaha, j’ai pu compter une quarantaine de migrants. Au site du bidonville de Coca-Cola, les 5 bus ramenés pour l’occasion devait compter jusqu’à 130 personnes», signale l’activiste.

Selon la LADDH, qui cite un d’un des groupes des migrants, plus de 1600 personnes ont été arrêtées, comptant des femmes, dont certaines enceintes, des enfants et des personnes âgées, ainsi que des malades. «Il est à souligner que ces cas n’ont pas été pris en considération sur le plan humanitaire ni légal, et il ne leur a même pas été permis de récupérer leurs effets, sachant que certains ont plus de quatre ans de présence en Algérie», signale un communiqué de la LADDH, signé de son président Me Salah Dabouz, qui dénonce des actes racistes et des pillages.

La veille, vendredi, des migrants interpellés plus au sud, à Béchar, où près de 300 ressortissants subsahariens dont, précise Hassam, des femmes enceintes et d’autres avec des bébés, de diverses nationalités subsahariennes, avaient été acheminés vers Tamanrasset et de là vers les pays du Sahel. «Elles seront relâchées dans le néant du Sahara vers 9h (14 avril), sans ravitaillement, juste probablement une bouteille d’eau par signe de générosité», croit savoir l’activiste «informé par une ressortissante». Nous n’avons pas pu avoir de détails des opérations auprès d’un des intervenants (Croissant-Rouge algérien - CRA, services de sécurité).
«Sécurité nationale»

Réagissant, hier, aux questions sur les rapports de Human Rights Watch, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a indiqué que les opérations concernent la «sécurité nationale». «La question est aussi simple que cela. Il s’agit de notre sécurité nationale et de notre ordre public. Car quand je dis sécurité nationale, c’est parce que nous découvrons, malheureusement, beaucoup de choses dans le flux de ces migrants», indique Ouyahia. Il qualifie par ailleurs d’«affabulations» les accusations de racisme contre l’Algérie qui a montré, soutient-il, sa solidarité avec les pays africains.

Pour Saïd Salhi, vice-président de la Ligue de défense des droits de l’homme (LADDH), le gouvernement oppose une sourde oreille aux plaidoyers des associations de cesser les expulsions et de mettre en place en urgence un cadre légal national, conforme aux traités internationaux relatifs aux droits d’asile et des migrants ratifiés par l’Algérie : «Les réactions (des autorités, ndlr) sont connues.

Il s’agit de justifier cela par les menaces à la sécurité nationale et faire l’amalgame avec la lutte contre le trafic humain et le terrorisme. Cela bien que légitime ne peut pas dédouaner le gouvernement quant à ses obligations de respect des droits humains et des droits des réfugiés. Les opérations présentées pendant longtemps comme des rapatriements volontaires et à titre humanitaire sont contredites par les faits, car elles touchent toutes les nationalités des pays subsahariens qui n’ont pas d’accord de rapatriement avec l’Algérie.»

Pour Hassam, le gouvernement doit «clarifier» sa position vis-à-vis des ressortissants étrangers en situation irrégulière. «Ces gens (sans-papiers) vont partir, si le gouvernement rend publique clairement sa position sur leur cas. C’est scandaleux d’agir de la sorte contre ces personnes, qui ont laissé leurs biens sur place», s’offusque-t-il.
 

Nadir Iddir
 
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