A la une Actualité
 

L'Algérie à une année de la présidentielle

Le poids d’une position de retrait forcé

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 17.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	Le siège de la Présidence à El Mouradia
Le siège de la Présidence à El Mouradia

Dans son programme de campagne, il s’était d’ailleurs fixé le dur défi de sortir l’Algérie de l’isolement dans lequel elle se trouvait
alors et de lui faire retrouver sa place dans le concert des nations.

S’il y a bien une raison, au plan professionnel s’entend, pour laquelle le président Bouteflika ne doit pas arrêter de maudire son AVC, c’est parce qu’il a marqué un coup d’arrêt brutal à ses activités diplomatiques. L’épreuve a dû certainement être vécue comme un drame suprême pour quelqu’un qui comme lui a la diplomatie dans le sang. La douleur a dû être d’autant plus grande que le successeur du président Liamine Zeroual au palais d’El Mouradia avait fait de la politique extérieure du pays, à son arrivée au pouvoir en 1999, un de ses principaux axes de travail.

Dans son programme de campagne, il s’était d’ailleurs fixé le dur défi de sortir l’Algérie de l’isolement dans lequel elle se trouvait alors et de lui faire retrouver sa place dans le concert des nations. Ce fut globalement fait en moins de deux mandats. Mais au prix d’immenses efforts. Abdelaziz Bouteflika a pratiquement sillonné la planète en un temps record.

Nombreuses était d’ailleurs les voix qui à l’époque reprochaient au chef de l’Etat de passer trop de temps à bord des avions et de ne pas s’occuper suffisamment du front interne.  C’est sans doute cette débauche d’énergie qui a été à l’origine de ses ennuis de santé. Des ennuis qui lui valurent en 2005 une première hospitalisation de trois semaines (26 novembre-17 décembre 2005) au Val-de-Grâce, à Paris. Des soucis de santé, le premier magistrat du pays en aura d’autres.

Et de sérieux. Ils lui causeront, en 2013, un accident vasculaire cérébral qui affectera sa mobilité et son élocution. Le président Bouteflika se déplace d’ailleurs depuis en fauteuil roulant et ne fait plus que de très rares apparitions publiques. A sa sortie de  l'institution des Invalides, structure spécialisée dans la prise en charge du grand handicap, après 80 jours d’hospitalisation, le locataire d’El Mouradia a limité ses activités au strict nécessaire.

Désormais, il ne se déplace à l’étranger que pour effectuer ses contrôles médicaux périodiques. Pour combler le déficit dans le traitement des dossiers internationaux, Abdelaziz Bouteflika a fait remplacer Mourad Medelci aux Affaires étrangères par Ramtane Lamamra, un diplomate d’une grande valeur et aux compétences reconnues.

Secondé par le spécialiste de l’Afrique, Abdelkader Messahel, l’ancien commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, M. Lamamra parviendra sans trop de difficultés à honorer la mission qui lui a avait été dévolue par le «boss», à savoir sortir la diplomatie de l’état de somnolence dans laquelle elle se trouvait, éviter au pays de tomber dans le traquenard des révoltes arabes et faire à nouveau entendre la voix de l’Algérie.

Lamamra et Messahel feront même mieux que ce qui leur avait été demandé. Ils parviendront, après d’âpres et longues négociations à obtenir en 2015 des belligérants du conflit malien, à faire taire leurs armes et signer un accord de paix. Cette prouesse a montré que bien qu’ayant un Président diminué, l’Algérie dispose d’un Etat qui veille au grain.

L’activisme de Ramtane Lamamra et de Abdelkader Messahel a eu néanmoins ses limites du simple fait que les usages internationaux font que certaines activités sont réservées aux seuls chefs d’Etat. Or, il faut reconnaître que de ce côté-là le président de la République n’a pas beaucoup été présent, même si ses plus proches collaborateurs disent qu’il suit les dossiers chauds comme on surveillerait du lait du sur le feu.

C’est probablement  l’un des aspects de son quatrième mandat qui doit d’ailleurs le frustrer le plus. Cela ne serait en tout cas pas étonnant de la part de quelqu’un qui a toujours fait de la diplomatie un domaine réservé.   


Zine Cherfaoui
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie