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Yahia Rahal inhumé hier à El Alia

Le premier pilote de guerre s’est envolé…

Le général à la retraite Yahia Rahal, décédé vendredi soir chez lui d’un arrêt cardiaque, a été inhumé hier au carré des martyrs du cimetière d’El Alia, à Alger.



Des officiers supérieurs en activité et à la retraite, des anciens ministres et des membres de l’actuel gouvernement ont accompagné le défunt hier à sa dernière demeure. Agé de 72 ans, feu Yahia Rahal, qui a consacré toute sa vie à l’aviation dans l’armée nationale, a rejoint l’ALN dès 1956 suite à la grève des étudiants. Remarqué pour ses aptitudes, le jeune pilote fut dirigé vers les académies et les centres d’instruction militaire du Moyen-Orient. Ce fut en Syrie, exactement à l’école d’Alep, qu’il décrocha son diplôme de major de la première promotion d’élèves pilotes algériens en juillet 1957. Il sera de fait le premier pilote de l’Armée nationale populaire. Et c’est naturellement qu’il fut appelé après l’indépendance au ministère de la Défense nationale pour occuper des postes aussi sensibles qu’importants. Ainsi il a présidé aux destinées de la direction de l’école de l’air de Tafraoui (Oran) et celle de la célèbre école des cadets (ex-Enita), puis nommé directeur de l’instruction et du commissariat politique de l’armée. A 60 ans, il a cessé son envol dans l’armée et dans les airs en accédant à une retraite bien méritée avec un grade de général en 1996, alors qu’il était inspecteur général des forces aériennes et de la défense aérienne du territoire. Le défunt Yahia Rahal est connu également pour avoir été l’un des rares officiers supérieurs de l’armée à avoir écrit un livre. Question de pouvoir, un général témoigne, ce livre publié en 1997 chez Casbah Editions aura fait date, en ce sens que ce fut le premier militaire à avoir tenté de sortir de sa réserve propre à la grande muette. Un témoignage qui avait suscité alors une controverse à propos de la responsabilité réelle ou supposée de l’armée dans la confiscation du pouvoir en Algérie depuis l’indépendance. « Je me demande si la responsabilité (de l’armée) est évidente dans l’instauration et le maintien d’un régime et si on peut pour autant la rendre coupable et complice du même pouvoir », avait-il écrit dans son livre témoignage. Pour ses collègues officiers supérieurs en poste à cette période marquée par un tir croisé contre les généraux algériens, il ne fait pas l’ombre d’un doute : Yahia Rahal était un très bon soldat qui a défendu, intellectuellement, les troupes prises dans une embuscade meurtrière.



Par Hassan Moali

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