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Urbanisme anarchique

Les affres des bidonvilles et du bétonnage

C’est en présence d’une armature urbaine déséquilibrée, composée de constructions anarchiques d’immeubles, tous programmes confondus, que des bidonvilles s’agrippent à Guelma, formant ainsi un tissu urbain des plus hétérogènes.



La ville d’antan n’est plus…Certains chiffres de la direction de l’urbanisme et de l’habitat, en matière de logement précaire, font ressortir qu’au niveau du territoire de la wilaya, 1 555 constructions sont en matériaux hétéroclites, 6 492 en parpaing et briques non chaînées, et enfin 112 en pierre et terre, soit un total de 8 159 logis précaires, pour 6 437 situées en zones urbaines. Le nombre de citoyens concernés par cette situation avoisine les 42 909, soit 8 425 ménages. D’autre part, la plus importante opération de résorption de ce type d’habitat, dont la Wilaya a bénéficié, est celle financée par la banque mondiale, et concerne l’éradication de 1 743 baraques, touchant au total 8 sites, abritant 11 176 habitants, constitués en 2796 ménages. C’est peu au bout du compte, diront certains, au rythme des quelques actions de démolition diligentées récemment par les pouvoirs publics, mais encore de relogement des familles, dont la plupart attendent depuis l’année 2000. Le passage du petit îlot d’habitations Oued L’maïze, voisin des fermes agricoles tel qu’il était durant et avant les années 1980, situé à la sortie de la ville de Guelma sur l’axe routier menant à la commune de Aïn Larbi, à la cité Maghmouli, aujourd’hui, est un exemple à ne pas suivre en matière d’urbanisme. En l’espace de trois décennies, des dizaines d’hectares de terres arables ont été bétonnées par des particuliers, dans un enchevêtrement de maisons, maisonnettes, étables et bergeries, ne voyant venir, que trés lentement, l’assainissement, l’électrification, un commissariat de police, etc. Aujourd’hui, des îlots d’habitations précaires s’y agglutinent, côtoyant immeubles flambant neufs, issus des programmes de logements, un lycée, des routes et voies urbaines. Au gré de notre visite sur les lieux, nous n’avons pas manqué de questionner quelques pères de famille vivant dans des conditions d’insalubrité totale, qui pensaient trouver l’eldorado à Guelma, mais malheureusement la chance ne leur a pas souri, et ils demeurent bloqués dans des taudis en tôle ondulée, en attendant d’être relogés. Ils affirment que plusieurs commissions de l’APC et de la daïra leur ont rendu visite, en vue de les inscrire sur une liste d’attribution. Ils espèrent, et pour certains depuis l’an 2000. « J’ai 5 enfants, et avec leur mère nous vivons dans une pièce sans eau, dans l’insalubrité la plus totale ; nous n’avons pour cadre légal que le numéro que l’APC a marqué sur nos portes », avouera l’un deux. Un autre d’ajouter : « j’ai également 3 enfants, et je vis dans les mêmes conditions que mon voisin ; pour avoir de l’électricité, ceux d’en face, les propriétaires des maisons, nous donnent un câble, et quand il pleut, je ne souhaite à personne de vivre à notre place ». Nous saurons également qu’une partie des personnes, vivant dans ce bidonville, ont bénéficié d’une inscription pour des logements dans la commune de Bendjerrah, mais apparemment elles ne seraient pas intéressées par cette option.



Par K. D.

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