Faut-il changer le système d’orientation ?
La rentrée universitaire, qui vient d’avoir lieu, a encore confirmé la tendance cette année : Près des deux tiers des étudiants redoublent en 1ère année, à l’université. Cette tendance, qui ne cesse de s’amplifier depuis quelques années, inquiète les pédagogues et les spécialistes de l’enseignement supérieur.
L’heure de la révision du système d’orientation a-t-elle sonné ? Quelques enseignants et pédagogues s’interrogent déjà sur l’efficacité du système d’orientation en cours à l’université. « Nous sommes en train de recueillir un maximum d’expérience et nous soumettrons en temps opportun des propositions à la tutelle. Ce sera sans doute chose faite lors des différentes conférences régionales qui se tiendront prochainement », révélera M. Benayad vice-recteur et responsable de la pédagogie à l’université d’Oran. « Pour diversifier les profils, nous devrions davantage assouplir l’orientation des nouveaux étudiants », estime pour sa part un enseignant. Beaucoup d’étudiants sont découragés car ils n’aiment pas ce qu’ils font. Le constat n’est pas d’aujourd’hui. Plus précisément, les futures conférences régionales de l’université devront préparer de nouvelles stratégies. « La technique ne m’a jamais vraiment passionné et je ne me voyais pas dans un bureau d’études », explique une étudiante en architecture. « Je voulais des options généralistes : management, sciences humaines, marketing, gestion et finance. » Pour palier aux tensions, l’université a renforcé l’enseignement en sciences économiques. Elle a même décidé de prendre le contre-pied de la tendance dominante et s’est investie dans les filières suivant la demande du marché, afin de suivre la cadence de l’économie. « J’aurais pu choisir de faire une école de commerce, mais mes compétences me donnent un avantage sur les profils purement commerciaux », explique un étudiant en gestion-finance. Formations plus généralistes, diversification des débouchées et nouvelles envies des jeunes diplômés : ces évolutions n’ont pas seulement galvaudé l’image de l’ingénieur traditionnel, elles risquent aussi, à court ou moyen terme, d’avoir des répercussions négatives sur l’intérêt des recruteurs d’embaucher ces « ingénieurs à tout faire ». « Il faut donc mener une action en profondeur à l’université pour sensibiliser les étudiants afin d’affiner leur choix. » Cette préoccupation est d’autant plus aiguë chez un enseignant que, selon lui, une récente étude sur les prévisions de recrutement des entreprises (mai 2005), a fait ressortir que « les secteurs les plus favorablement orientés sont justement la recherche-développement et les études techniques, l’informatique et l’ingénierie et les fonctions ‘‘production industrielle-chantier’’, dans le BTP. »
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