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KADHEM ESSAHER AU CASIF DE SIDI FREDJ

Une soirée dédiée à l’amour

Il a fallu attendre la fin de l’été pour avoir le concert événement de Kadhem Essaher, programmé mercredi et jeudi derniers, soirées incontournables. Pour preuve, face à un cordon de sécurité impressionnant, une foule immense se déversera sur le théâtre de Sidi Fredj.l’entrée, on aura frôlé l’émeute.



Et alors que le concert débute face à des gradins archicombles, beaucoup de spectateurs resteront bloqués à l’extérieur, désespérés de pouvoir passer le premier « barrage ». Ce sera donc sans ces retardataires marginalisés que débutera cette soirée dédiée à l’amour. Kadhem Essaher déclame sa douce poésie accompagné par un grand orchestre, quatre choristes et dix-sept musiciens attelés à différents instruments : violon, violoncelle, baterie, flûte, accordéon, basse, synthétiseurs, trompette et thars, emportent un public très varié, particulièrement admirateur, dans l’univers des passions de l’Orient. Une petite fille et un petit garçon en tenue traditionnelle monteront sur la scène, fleurs en main, pour le saluer et lui souhaiter la bienvenue. Le chanteur irakien fait vibrer les cœurs féminins avec sa voix langoureuse et ses paroles chargées d’amour et de nostalgie. Mieux que Julio Iglesias, il sait transmettre les feux de la passion avec une musique à la fois classique et traditionnelle, d’un romantisme sans bornes, surtout lorsqu’il « prête sa voix » au défunt Nizar Qabani. Le public l’acclame et réclame Leïla, et il ne restera pas sur sa faim. Car Kadhem Essaher chantera ce titre avec ses tripes et beaucoup de force. Les spectateurs ne résistent pas à ces rythmes langoureux qui s’emballent comme l’amour, comme la passion. Et il ne s’arrêtera pas à ses succès, le Julio Iglesias du monde arabe chante quelques-unes de ses nouvelles chansons que l’assistance accueille chaleureusement, notamment celle où il sussure : « Dis-moi des mots tendres même si ce n’est que mensonge. » Au total, un peu plus d’une heure et demie de concert où seuls l’émotion, la passion, l’amour auront leur place. Les moins chanceux ont tout de même pu l’écouter à travers les ondes de radio El Bahdja qui diffusait le concert en simultané... mieux que rien !

Charme discret et oriental

Chanteur exigeant, Kadhem Essaher est de ceux qui ne laissent rien au hasard. Travail méticuleux, il peut passer une éternité à peaufiner un titre. Mais celui qui a fait revivre la musique classique arabe et qui a introduit dans ses compositions des gammes jetées aux oubliettes depuis longtemps, est d’abord Irakien, même s’il se sent partout chez lui. L’Irak est toujours dans son cœur. Et c’est au nom de cet autre grand amour qu’il a relevé le défi, l’année dernière, de se produire aux Etats-Unis, alors que l’époque ne s’y prétait pas. Il avait chanté pour transmettre aux Américains un message autre que celui de la guerre et de la confrontation. Comme partout où il va, il déclamera l’amour, la passion et la nostalgie comme il sait si bien le faire.



Par Zineb Merzouk

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