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« Une mise en scène barbare et humiliante »

L’exécution de Saddam Hussein diversement commentée par la presse arabe et européenne

« Une mise en scène barbare et humiliante »

Nul n’est resté indifférent à la pendaison du président irakien déchu Saddam Hussein, le premier jour de la fête musulmane de l’Aïd Al Adha. Certains ont dénoncé, d’autres ont applaudi, quelques responsables d’Etat se sont juste contentés de prendre acte de cette action des plus barbares.



La presse a dans ce contexte joué son rôle d’information. En effet, toute la presse du monde a rapporté en long et en large cet événement. Les journaux du Golfe dans leur majorité ont exprimé au lendemain de la pendaison de Saddam Hussein, à savoir dimanche passé, leur « étonnement » et par la même leur « consternation ». Le quotidien saoudien Al Watan s’est interrogé dans sa livraison de dimanche si « l’exécution de Saddam Hussein va ramener la sécurité et la stabilité en Irak et le retrait des forces d’occupation de ce pays ». Ce même journal a souligné que « la rapidité avec laquelle Saddam Hussein a été exécuté, surtout au premier jour de l’Aïd Al Adha, a suscité un sentiment d’étonnement et de consternation dans les milieux saoudiens, arabes et musulmans ». De son côté, le quotidien saoudien Al Jazira s’est indigné que l’exécution ait eu lieu au premier jour de la fête musulmane d’Al Adha. « Cette exécution fait fi des sentiments des musulmans, d’autant que plus de trois millions de fidèles étaient rassemblés dans les sanctuaires pour le pèlerinage annuel à La Mecque, en Arabie Saoudite », a dénoncé Al Jazira qui estime qu’« utiliser l’Aïd Al Adha de manière aussi vile ne rend pas service à l’Irak. Au contraire, cela accentue davantage le clivage ethnique et confessionnel ». « Penser que la pendaison de Saddam Hussein marque une nouvelle étape n’est peut-être pas faux », écrit, pour sa part, le quotidien saoudien Al Riyadh, qui pronostique « un divorce sans retour entre chiites et sunnites » irakiens. Au Qatar, le quotidien Al Raya a rapporté dans ses colonnes que « l’exécution de Saddam avec cette rapidité prouve que c’est Washington qui planifie et gère les affaires en Irak et que le gouvernement irakien exécute simplement les ordres ». Pour ce journal, il s’agit sans nul doute d’un « procès politique ». Al Raya est persuadé qu’après la pendaison de Saddam Hussein, bon nombre d’Irakiens vont voir en lui un héros national et qu’à cet effet, le nombre de ses partisans va augmenter et qu’en contrepartie le gouvernement irakien va se trouver dans une position embarrassante. Titrant « L’Irak sur la guillotine », le quotidien Al Charq du Qatar estime que « la pendaison de Saddam Hussein entre dans le cadre de la vengeance individuelle et confessionnelle ». Ce quotidien juge que « cette image n’honore pas le gouvernement du nouvel Irak ». Au Koweït, en revanche, c’est un autre son de cloche. Ce pays qui a été envahi par Saddam Hussein, l’ensemble de ses journaux se félicitent implicitement. Pour le journal Al Qabas, « la justice en Irak s’est vengée de Saddam Hussein ». De son côté, le quotidien Al Siyassa espère que « l’exécution de Saddam Hussein tournera la page de la mort en Irak et dans la région (...) et ouvrira une nouvelle ère qui sera un modèle de civilisation ». La photo de Saddam, serein, la corde passée autour du cou par ses bourreaux, fait la une de l’ensemble des journaux paraissant en Egypte. La presse égyptienne, gouvernementale ou d’opposition, était unanime à dénoncer le fait que le président irakien déchu avait été « offert en sacrifice » le jour de la fête de l’Aïd Al Adha et a consacré plusieurs pages à cet événement. Le quotidien d’opposition libéral Al Wafd titre sa une sur « Les Etats-Unis se moquent des sentiments des musulmans : Bush égorge Saddam le jour de la fête du sacrifice ». L’Aïd Al Adha commémore, rappelle le journal, le geste d’Ibrahim (Abraham) qui, selon le Coran, était sur le point d’égorger son fils Ismaïl sur ordre de Dieu lorsque ce dernier lui envoya un mouton voué au sacrifice pour épargner son fils. Ce même journal estime que l’exécution de Saddam de cette manière prouve à quel point les Etats-Unis et le régime irakien, leur allié, ont peur de l’ancien président. « Les Etats-Unis offrent Saddam en sacrifice sur l’autel de la guerre civile irakienne », note, quant à lui, le quotidien indépendant Al Masri Al Youm, en référence aux violences confessionnelles qui font rage en Irak. Le journal ne commente pas directement l’exécution de Saddam, mais donne la parole à l’ex-mufti d’Egypte, Nasr Farid Wassel, affirmant que Saddam « est mort en martyr car il a défendu sa patrie contre l’occupation ». Le quotidien Karam Gabr a, d’un côté, estimé que « Saddam ne mérite pas que l’on s’attriste pour son sort », et de l’autre, a regretté le moment choisi pour son exécution. « Saddam a été exécuté de manière humaine, contrairement aux dizaines de milliers d’Irakiens qu’il a tués », écrit ce quotidien. Le rédacteur en chef de ce journal qualifie, toutefois, cette exécution d’humiliation. « Pourquoi avoir exécuté Saddam pour les crimes contre les chiites, sans avoir pris des mesures similaires contre les (Israéliens) qui ont commis les crimes de Sabra et Chatila et à Qana, au Liban », s’est-il interrogé en s’adressant aux Américains. Les deux quotidiens gouvernementaux à plus grand tirage, Al Ahram et Al Akhbar, publient en une des photos de l’exécution, mais sans commentaires ni éditoriaux.

« Exécution à la far west »

Concernant la presse européenne, celle-ci a dans sa globalité estimé que la mort de Saddam Hussein ne règle aucun des problèmes auxquels est confronté l’Irak. De nombreux quotidiens ont condamné aussi la transformation en « spectacle barbare » de l’exécution de l’ancien président devant les caméras de télévision. Mais certains espèrent tout de même que la pendaison de samedi à l’aube permettra de tourner la page. L’hebdomadaire dominical allemand Bild am Sonntag a estimé que l’heure n’est pas à la « joie » ou au « soulagement », car « la mort de Saddam ne règle aucun des problèmes que la campagne militaire contre lui a créés ». « Et après ? », s’est interrogé le quotidien français Le Journal du dimanche en première page. De son avis, la condamnation de Saddam Hussein ne change rien sur le terrain. L’hebdomadaire britannique Sunday Telegraph de la droite a affirmé qu’il serait « naïf de penser que cette exécution va mettre fin à la violence interconfessionnelle qui s’est emparée de l’Irak depuis que la coalition conduite par les Etats-Unis a renversé Saddam en mars 2003 ». Cette pendaison, ajoute en outre le journal, pourrait « porter en elle le germe de la séparation nécessaire entre les loyalistes du parti Baas qui a dirigé l’Irak pendant trois décennies et les islamistes extrémistes ». L’Observer de la gauche a espéré de son côté que le Premier ministre Tony Blair va pouvoir persuader le président George W. Bush de surmonter sa réticence à demander l’aide de la Syrie et de l’Iran pour mettre fin à la violence en Irak. Pour le journal espagnol El Pais, « le gouvernement irakien a tenté sans aucun doute de réduire l’impact populaire de la mort de Saddam. Mais Baghdad n’a pas seulement perdu une opportunité de faire preuve de magnanimité dont l’Irak a désespérément besoin (...). Il a aussi raté la possibilité de juger Saddam pour ses crimes contre l’humanité », a ajouté le quotidien. El Mundo (centre droit) a jugé que « le gouvernement irakien a transformé l’exécution en spectacle télévisé » et ABC (de la droite) s’est demandé « jusqu’à quel point on peut transformer une exécution en spectacle multimédia ». Plusieurs journaux italiens qualifient de « spectacle barbare » l’exécution de Saddam Hussein. Autre écho, en Roumanie, selon l’AFP, le quotidien Evenimentul Zilei fait un parallèle avec l’exécution du dictateur Nicolae Ceusescu, le 25 décembre 1989, après un procès sommaire. La sortie complète du régime communiste « a eu aussi un lien avec une démocratie née d’une mort brutale », a souligné ce journal. En Croatie, le quotidien Jutarnji List estime que l’Irak n’avait pas d’autre choix. « Saddam Hussein a été l’un des tyrans les plus morbides du XXe siècle (...) et devait être condamné à mort dans un pays où cette peine existe. » La presse grecque a dénoncé la mise en scène « barbare » et « humiliante » dont ont fait preuve les exécuteurs de Saddam et craint que l’exécution de l’ex-président de l’Irak ne fasse imploser ce pays. « Risque de guerre civile et de conflit généralisé dans le Golfe », a titré le libéral Kathimérini. « Choc devant la barbarie » a noté le journal Elefthérotypia, pour qui la pendaison a « changé le dictateur en martyr ». En revanche, en Suède, le journal Dagens Nyheter a regretté qu’avec l’exécution de Saddam aucune des accusations majeures contre lui n’ira jusqu’à son terme. Par ailleurs, les journaux turcs, libéraux ou pro-islamistes, ont tous dénoncé la pendaison de Saddam Hussein le jour de la fête musulmane d’Al Adha. « Exécution à la far west », a souligné en page une le quotidien Aksam qui estime que ce « show », orchestré par les occupants américains, n’est pas digne des temps modernes. En Autriche, le Kronen-Zeitung estime que « l’Irak n’en deviendra pas plus pacifique et Saddam n’est qu’un mort de plus parmi tous ceux qui causent jour après jour la guerre civile ». Enfin, les journaux américains, notamment le New York Times, le Washington Post et le Los Angeles Times ont souligné que l’exécution de l’ancien président irakien Saddam Hussein, samedi à l’aube, aurait pu être un « triomphe » dans l’invasion américaine de l’Irak et pour beaucoup d’Irakiens, mais elle est ternie par la violence qui ravage le pays. Le New York Times a rappelé que la capture de Saddam Hussein, il y a trois ans, a été un moment de jubilation pour la Maison-Blanche, saluée par le président Bush dans une intervention télévisée. Ce même journal a fait remarquer que l’exécution de Saddam, en revanche, semble difficilement inspirer le même sentiment. La joie de la capture s’est évanouie, la sombre réalité en Irak change le climat pour Bush. Le Los Angeles Times estime que « l’impact de la mort d’Hussein devrait être limité. L’exécution ne fait que souligner les divisions persistantes en Irak ». Ce journal a précisé que de nombreux Irakiens et Américains ont attendu avec impatience le jour où justice sera rendue dans l’affaire Saddam Hussein. « Pourtant, quand c’est arrivé aujourd’hui, il a semblé que cela a été bien moins que le tournant historique que beaucoup attendaient. Avec un Irak ravagé par la violence et la confusion, la mort de l’ancien dictateur n’apparaît plus comme le signal du commencement d’un ordre nouveau », ajoute le quotidien. Le Washington Post est factuel sur l’exécution de Saddam Hussein.



Par Nabila Amir

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Avis des lecteurs...

Le 6.08.2009 à 16h32
« Une mise en scène barbare et humiliante »

PROVERBE ARABE : "ON NE FRAPPE PAS UN CHIEN AVANT DE CONNAÎTRE SES PROPRIETAIRES !" HE OUI ! SI A TA TETE DES PAYS ARABES, IL Y AVAIT DE VRAIS DIRIGEANTS ELUS DEMOCRATIQUEMENT PAR LEURS PEUPLES ET QUI REPRESENTENT EFFECTIVEMENT CES PEUPLES , REALISENT LEURS VOEUX, ET ECOUTENT LEURS OPINIONS , NON SEULEMENT L’ASSASSINAT DE SADDAM (ultime humiliation pour TOUS LES ARABES) n’aurait pas été, MAIS L’IRAK N’AURAIT PAS ETE NI AGRESSE PAR LE SINISTRE BUSH (SUR INCITATION DU JUIF VOLFOWITCH) NI DETRUITE LA PLUS ANCIENNE CIVILISATION ARABE.La question que LE TOUT PUISSANT posera demain aux dirigeants traitres arabes, en commençant par l’Egyptien, le Saoudien et le Jordanien : "qu’avez-vous fait pour éviter la destruction de ce pays musulman ? "

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Le 4.07.2008 à 13h26
« Une mise en scène barbare et humiliante »

je trouve dans cette acte l’indignité du peuple irakien. quoiqu’il soit. le plus important cet homme était autrefois leur président taux d’analphabétisme en irak est0%.....esct

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