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Une infrastructure laissée en rade

Nouveau marché couvert de Chelghoum Laïd (Mila)

Une infrastructure laissée en rade

Lancé à l’orée de l’année 2005, le projet du nouveau marché couvert a subi les contrecoups d’une gestion catastrophique qui a précipité sa dégradation quasi-totale.



La décadence de ce chantier s’est aggravée donc du fait de l’abandon et du divorce manifeste des responsables en charge de cette structure. Les actes de destruction et de vandalisme, commis au vu et au su de tous, n’ont ni fouetté la conscience des autorités concernées, ni poussé ces dernières à prendre des mesures de protection et de préservation pour sauvegarder ce qui reste de la bâtisse. Implantée dans une zone urbaine à grande concentration, à savoir en plein cœur de la mégacité Abdellah Bacha, l’infrastructure commerciale est sauvagement mutilée, subissant les contrecoups d’une gestion catastrophique qui a transformé celle-ci en un immense dépotoir à ciel ouvert. Pire encore, le site, sous le diktat de dizaines de délinquants et de jeunes loubards, est devenu, l’inertie et l’immobilisme des responsables aidant, un refuge où les drogués et les adeptes de Bacchus s’en donnent à cœur joie, sans risque de se voir éconduits ou sermonnés. Les feux de campagne qui y sont entretenus chaque nuit, le tapage nocturne et les amples libations qui durent souvent jusqu’au petit matin et auxquelles s’adonnent les habitués des lieux, renseignent, on ne peut mieux, sur les fréquentations qui ne paient pas de mine et le genre de « mistates new look » qui commencent à fleurir à l’intérieur même des cités-dortoirs.

Il va sans dire que les chapelets d’obscénités proférés et les ébats mouvementés entre voyous et malandrins, assortis parfois de bagarres sanglantes, dérangent et indisposent les riverains qui ne savent plus à quel saint se vouer. Impuissants devant ce phénomène, des locataires contactés reconnaissent qu’ « ils ont peur de porter plainte et préfèrent accuser le coup par crainte de représailles ou d’actes de vandalisme sur leurs voitures et appartements ». Questionné à propos du délitement à vue de cet édifice livré à la consomption, un cadre de l’APC nous a affirmé que « le projet, initialement confié à une entreprise de réalisation, a été résilié en raison du non-respect du cahier de charges et de la non-conformité des procédures d’octroi de ce marché ». Et d’ajouter : « Le chantier, de type R+1, qui abritera une soixantaine de locaux commerciaux, reprendra dans les tout prochains jours puisque la nouvelle entreprise détentrice du marché est d’ores et déjà à pied d’œuvre ». A l’instar de plusieurs autres projets qui étaient en jachère, des années durant, celui du nouveau marché couvert aura laissé coulé beaucoup d’encre, avant que les décideurs daignent, enfin, le remettre sur les rails.



Par M. Boumelih

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