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Un haut lieu de tourisme en dégradation

La Presqu’île de Collo

Un haut lieu de tourisme en dégradation

L’adage colliote dit : « Celui qui ne fait pas le tour du phare n’a pas visité Collo. ». Le visiteur de ce haut lieu de tourisme ne sera certainement pas déçu d’avoir choisi la destination colliote comme lieu de villégiature, tellement l’endroit offre des paysages féeriques, atouts touristiques de cette ville balnéaire.



La vue à partir de la corniche de la presqu’île est imprenable, un régal pour les yeux. Appelée communément El Jarda, la presqu’île renferme l’essentiel du trésor archéologique de cette région millénaire du passage des Phéniciens et de leur comptoir datant de 350 ans avant notre ère. Les Romains, les Arabes, les Turcs et les Français ont tous marqué leur présence par des édifices qui survivent encore en dépit des destructions opérées par les mains de l’ignorance. Les habitations que renferme El Jarda sont d’anciennes bâtisses de type turc, qui menacent ruine ; celles implantées à l’intérieur et d’architecture coloniale peuplent le pourtour de cette corniche. Les contours de cette colline qui surplombe le petit port de pêche d’un côté, et la plage de la Baie des jeunes filles de l’autre, d’un détour d’environ 2 km, reposent sur des falaises hautes de plus de 60 m et donnent une vue magnifique sur la plage de la Fontaine des sangliers, du mont de Dambo, de Sidi Achour et du centre de Collo. Cela est le côté jardin de ce site magnifique, fréquenté par les randonneurs. Côté cour, c’est l’abandon de ces lieux qui sont sujets à l’érosion et aux travaux qui ont détruit le chemin du tour sur une longueur d’une vingtaine de mètres, privant ainsi les visiteurs d’un tour complet. Le tour du phare s’est donc transformé en un mini-tour, pénalisant les visiteurs de la partie « hard » qui renferme les vestiges les plus anciens. Les habitants manquent presque de tout, d’eau potable, de routes carrossables … Pour l’approvisionnement, ces derniers n’ont que la force des bras, car même les brouettes ne peuvent pas y circuler. Face à l’absence de collecte des ordures ménagères, les habitants se débarrassent de leurs déchets sur les falaises, formant ainsi une multitude de petites décharges sauvages qui ont sensiblement affecté les criques et calanques en éperon qui se succèdent le long de la corniche. Dès lors, les odeurs nauséabondes se dégageant de ces décharges incommodent les randonneurs ainsi que les baigneurs et les amateurs de la pêche à la ligne. La presqu’île a énormément perdu de sa superbe et de son prestige, elle mérite une attention particulière et un programme spécial pour sauver les meubles d’une cité antique, qui lutte désespérément contre la bêtise humaine.



Par D. Balta

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