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Terrorisme international : Les confessions du juge Bruguière

Dans une conférence de presse tenue avant-hier à Paris, le magistrat et candidat malheureux aux législatives de 2007 sous la bannière de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP, le parti de Nicolas Sarkozy), a qualifié ses années de travail de « passionnantes mais de dangereuses » et jonchées d’épreuves difficiles.



Paris

De notre correspondant

Néanmoins, rien ne pouvait l’arrêter, a-t-il dit. « Si j’avais craint pour ma vie, je n’aurais pas affronté Action directe, la RAF allemande et les organisations terroristes italiennes. Je n’aurais pas combattu les réseaux islamistes radicaux entre 1994 et 2001 et je n’aurais pas non plus, après neuf ans d’efforts, clos l’enquête sur l’attentat contre le DC 10 d’UTA et fait condamner – certes par contumace – six hauts responsables libyens. » Considéré sur le plan international comme l’un des meilleurs connaisseurs du terrorisme, Jean-Louis Bruguière, en retraite depuis 2007, effectue toutefois des missions d’évaluation des risques terroristes pour le compte de plusieurs Etats. Il travaille également en tant qu’expert auprès de l’organisation chargée de traquer les financements du terrorisme international créée par l’Union européenne. D’autres sujets ont été aussi abordés par le juge, mais il n’a pas donné plus de détails : l’assassinat des moines de Tibhirine, en Algérie et le meurtre de Sahraoui, imam de la mosquée Myra, dans le quartier de la Goutte-d’Or (18e arrondissement) à Paris. S’il n’a rien révélé de majeur concernant la première affaire, dans la seconde, le magistrat a désigné le GIA comme étant le commanditaire de l’assassinat.

S’agissant des menaces d’Al Qaîda au Maghreb, M. Bruguière a estimé qu’elles sont à prendre au sérieux car la zone du Sahel demeure difficilement contrôlable à cause de la perméabilité des frontières. Estimant à quelques centaines le nombre de terroristes affiliés à ce groupe, le magistrat parie sur l’aide au développement dans les domaines juridique et économique avec le Mali, le Niger et la Mauritanie pour endiguer ce fléau et tarir la source de son financement. Concernant ce qui se passe en Somalie, le juge Bruguière a qualifié cette partie du monde de « zone grise » où l’Etat est faible, sinon inexistant. Selon le magistrat, le risque est multiplié à cause de la proximité d’autres zones dangereuses comme le Yémen et le Tchad. Pour ce qui est de la menace terroriste qui pèse sur la France, M. Bruguière juge les risques élevés, même si aucun signe particulier ne montre l’imminence d’un acte terroriste. « La menace est toujours la même, les services de sécurité sont très mobilisés. C’est grâce à cela que nous avons déjoué de nombreux attentats meurtriers », a-t-il conclu.



Par Yacine Farah

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