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Témoignage d'un ancien scout du groupe El Falah de la ville de Bordj Bou Arréridj

Témoignage d’un ancien scout du groupe El Falah de la ville de Bordj Bou Arréridj

L’idée de la création d’un groupe scout au niveau de la ville de Bordj Bou Arréridj est venue de Mohamed Tayeb Fares, alors instituteur à l’école dite indigène, vers la fin de 1940.



En ce moment, nous étions sous la coupe du gouvernement français de Vichy. Une multitude de groupes scouts dont Les Scouts de France, Les Eclaireurs de France, Les Guides et Eclaireurs de France, Les compagnons de France, etc. s’ affichaient avec leur tenue, leurs défilés et leurs rassemblements. Je crois que l’idée de Mohamed Tayeb Fares, qui était une personne très estimée, de choisir la méthode scoute était le désir de servir la jeunesse algérienne. Il a contacté plusieurs personnalités et notables de la ville, ainsi que quelques jeunes qui sont passés par l’école indigène.

Les premières réunions se sont déroulées à la médersa libre (Ettarbia Ouataâlim). Un grand nombre de jeunes sont venus s’inscrire. Un comité de parents et amis scouts a été mis en place, présidé par Youssef Arbouche, agent des chemins de fer, Saad Eddine Mostefaï, oukil judiciaire, était son adjoint. D’autres membres en faisaient partie dont Miloud Akrouf, dit Lahmidi, responsable de l’association locale des ouléma. La maîtrise se composait comme suit : Chef du groupe El Falah Chef du groupe adjoint ; Chef de troupe ; Chef de troupe adjoint ; Cheftaine de meute ; Chef de meute adjoint ; Chef de clan ;Chef de clan adjoint Mohamed Tayeb Fares ; Abdel Baki Mostefaï Moôtassem Benhassine Seghir Mostefaï Melle Rosa Mellouk Sadek Aouchiche Ali Chouya Amar Maâfi M. Aïssa Zehar a mis à notre disposition un local assez grand comme siège du groupe au faubourg de la gare, au rez-de-chaussée d’un immeuble dont il était le propriétaire. On payait un loyer mensuel qui était à notre portée. Le groupe El Falah se composait à ses débuts d’une centaine de jeunes, dont la troupe Ibn Khaldoun avec quatre patrouilles de huit éclaireurs chacune, La patrouille des Aigles : Chef de patrouille adjoint ; El Hadj Merakchi ; Abdel Madjid Aouchiche ; La patrouille des Tigres : Chefs de patrouille adjoints Smati Tourki, Youssef Bekka ; La patrouille des Lions : Chefs de patrouille adjoints ; Mostefa Abdoun, Mohamed Bouaouina La patrouille des Antilopes : Chefs de patrouille adjoints Mostefa Aktouche, Rabia Rouane ; La meute avec 24 louveteaux ; Pour les louveteaux : 4 sizaines dont les sizeniers
- Messaoud Tighiouart ;
- Mohamed Kellou ;
- Smaïl Hamdani ;
- Salah Bekka ; Le clan composé de : quatre équipes, dont certains équipiers
- Ahmed Braham, Chaouch ;
- Bedredine Mokrani ;
- Ali Chouya ;
- Amar Maafi ; Je me souviens aussi que nous avons reçu la visite de deux chefs scouts au niveau national et cela en mai 1941 : Sadek El Foul et Bouberit Rabah pour une inspection d’usage. Aussi, en ce qui concerne l’exécution du chef, Bouras, en ce moment-là, on ignorait totalement. Vu le jeune âge qu’on avait, on n’était pas au courant du tout. Des sorties hebdomadaires sont organisées au niveau de chaque branche. Des camps du groupe, dans les fermes des environs de la ville dont la ferme Aouchiche, ferme Lounici, Medjana, Galbois (El Annasser), etc. sont organisées à longueur de l’année.

Une colonie à Béjaïa au cours de l’été de l’année 1942, qui a duré 21 jours, et cela s’est déroulé aux Aiguades. Une soirée théâtrale a été organisée, ce qui nous a permis d’avoir une entrée d’argent. Nous avons aussi encouragé le lancement du groupe Ennassiria. Un camp à El Eulma où nous avons aussi encouragé le lancement du groupe de cette ville. Après la mutation de M. Fares (qui était devenu commissaire régional de l’Est algérien) comme instituteur à Béjaïa en 1943 et la mutation du chef Benhassine vers Khenchela, ainsi que le mariage de Melle Mellouk, il y a eu une nouvelle maîtrise composée : Chef de groupe - Abdelbaki Mostefaï, El Abbassi Bendiab - adjoint Mostefa Abdoun - chef de troupe Lamri Berkane - adjoint Saâdi Mostefaï - chef de meute Abde1madjid Aouchiche -adjoint Le groupe a assisté à divers camps de districts dont celui de Sétif (Bou Sel/am), El Eulma (Oued Edhab), Bordj Bou Arréridj (fermes Lounici et Aouchiche). Le district de Sétif était dirigé par le chef Abdelkader Yîîala. Le district est composé des groupes de Bordj Bou Arréridj, M’sila, El Eulma et du groupe de Sétif (El Hayat). Ce dernier était bien organisé et on avait des contacts permanents. Les principaux responsables étaient Si Hassan Belkired, président, Abdelkader Yala, Mahmoud Ben Mahmoud, Lakhdar Doumi, Abdelkrim Ben Mahmoud Saber. œ Le groupe d’El Eulma (Saint Arnaud) : Said Fadhli : chef de groupe Tahar Boucif : chef de troupe Bachir Guessab : chef de meute, ainsi que Mohamed Sekfali et Saïd Sekfali, Boudjemaâ Belfadhel, Embarek Djilani, Ess’ ghir Djilani, Ali Aït Slimane, Mohamed Aït Slimane, Mahmoud Hakimi et d’autres .... Le groupe El Falah a assisté au grand rassemblement de Tlemcen de juillet 1944, qui s’est déroulé au Petit Perdreau. La délégation se composait de Abdelbaki Mostefaï (chef de groupe, chef de dîîélégation), El Abbassi Bendiab (chef de groupe adjoint), Mostefa Abdoun (chef de troupe), El Amri Berkane (chef de troupe adjoint), Seghir Mostefaï (chef de clan), Chawki Mostefaï (Ami SMA.). Notre groupe se portait bien, il a obtenu des locaux spacieux en ville, mis à notre disposition par la famille Akhrouf. La nouvelle maîtrise qui a suivi des stages dans divers camps de formation au niveau national et international menait le groupe d’une façon satisfaisante. Les parents et amis SMA ont renforcé leur comité après le départ de M.Arbouche en retraite comme suit : Saâd Eddine Mostefaï - président, Lahmidi Akhrouf - président- adjoint, Ahmed Abdoun - trésorier. Camp de district de Boussellam, 1er avril 1945 : feu de camp au stade (chant patriotique sur le décret du 7 mars 1944). La police française a convoqué les responsables et il y a eu un interrogatoire le lendemain matin. Lors des événements du 8 Mai 1945, certains chefs et responsables du groupe ont été arrêtés dont : Saâd Eddine Mostefaï, El Hamidi Akhrouf, Abdelbaki Mostefaï, Mostefa Abdoun, El Amri Berkane, Abdelmadjid Aouchiche, Ahmed Abdoun. Après notre libération lors de l’amnistie de mars 1946, nous avons repris nos activités de scouts malgré certaines menaces de la police française. Le chef de groupe, Bendiab, après son arrêt pour maladie grave, a été remplacé par Mostefaï Saâdi. Chaque année, le groupe organise une fête le 27e jour du Ramadhan, et pour cela, on commençait les préparatifs trois à quatre mois à l’avance, et la plupart du temps c’était une réussite à 100%. Les recettes nous permettaient de nous acheter du matériel, des tenues et d’autres dépenses dans les camps et les sorties. Une belle ambiance animait les responsables. Les autres formations françaises de scouts paraîssaient devant nous comme mineures. A chaque sortie de la troupe, et cela presque chaque week-end, on rentrait le dimanche après-midi par un défilé sur la grande artère de la ville avec un chant patriotique. Bien alignés, à pas cadencé et sous les applaudissements de nos compatriotes et les youyous de nos mères et sœurs, ainsi que de certains européens qui restaient émerveillés devant une telle discipline et tenue. Nous avons créé un orchestre musical et une équipe théâtrale. Cela nous permettait de donner des représentations, vu que nous n’avions aucune subvention, sauf l’aide de quelques commerçants et parents scouts. Après la mutation du chef, Saâdi Mostefaï, comme enseignant à M’ sila, le chef, Abdoun Mostefa, a pris le groupe en main. Le chef, Berkane El Amri, l’a remplacé à la tête de la troupe Ibn Khaldoun (1947). Je dois attirer l’attention que les chefs ont une formation complète, car nous avons eu la chance d’abord d’avoir au départ le chef Fares, un pédagogue de haut niveau, puis d’autres qui ont suivi, ainsi que les différents camps de formation, a tous les niveaux (local, district, régional, inter- régional et national). Je signale aussi un grand encadreur, le chef Abdelkader Yala, responsable du district de Sétif, qui nous a beaucoup aidés. Le groupe El Falah a été représenté à l’assemblée générale de 1948 à Sidi Fredj par le chef de groupe Mostefa Abdoun. La position du groupe était claire : l’orientation nationaliste et la solidarité SMA. La crise du mouvement, qui a débuté en 1947, n’aurait pas dû exister, mais on n’y peut rien. Certains chefs restèrent en activité jusqu’en 1954, début de la guerre de libération. Personnellement, j’ai été arrêté le 3 novembre 1954 et dirigé sur la prison du Coudiat de Constantine. Mohamed Zerrouki, alors chef de clan, prit le maquis en 1957, il est mort en martyre. Laamri Berkane a été arrêté en 1957. Abdelmadjid Aouchiche rejoint le maquis a partir d’Alger. Beaucoup de nos éclaireurs et chefs ont pris part à la guerre de libération. Certains sont tombés glorieusement dans les champs de batailles. Après l’indépendance, les activités reprennent. Je reprends le groupe en main et j’assiste en septembre 1962 au congrès de l’indépendance qui se déroula à El Riadh (Alger). Désigné comme responsable du district de Bordj Bou Arréridj en 1962, puis en 1964 au niveau régional, mon successeur au niveau du groupe sera le chef Bouguerra qui, après quelques années, a trouvé la mort accidentellement dans une noyade lors de la préparation de la colonie de vacances (été 1970), du côté de Tichy. Le scoutisme est un mouvement éducatif reconnu mondialement par les plus grands spécialistes en la matière. Sa pédagogie éducative se place surtout dans un environnement naturel, c’est à dire surtout dans la nature : sorties en forêt, campements en pleine nature, feux de camps, etc. La discipline librement consentie, la fraternité qui se dégage au niveau d’abord de la sizaine, la patrouille, entre louveteaux et entre éclaireurs, le conseil des chefs pour prendre des décisions. L’amour de la patrie, l’amour des parents et du prochain, l’éducation religieuse et la morale civique ont préparé les hommes responsables qui ont alimenté les partis nationaux et les combattants de la guerre de libération. Donc, ce grand mouvement doit être encouragé et subventionné par la communauté nationale. Il a démontré par le passé sa méthode d’éducation visant à former des citoyens actifs, joyeux et utiles. L’auteur est : Membre de l’Amitié Algérienne des Anciens Scouts et Guides (S.M.A.



Par Mostefa Abdoune

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Avis des lecteurs...

Le 30.06.2008 à 21h56
Témoignage d’un ancien scout du groupe El Falah de la ville de Bordj Bou Arréridj

Sobre et noble témoignage sur les multiples chemins à la recherche de la liberté. J’avais des tantes adultes à Bougie qui nous emmenaient en promenade du coté des Eucalyptus pour entendre chanter les hymnes nationalistes par les jeunes gens et elles nous faisaient répéter, une fois rentrées à la maison. Elles regrettaient beaucoup qu’il n’y avait de femmes scouts. L’une d’elles, la plus belle, est tombée au champ d’honneur du coté d’Yakouren. Je n’ai jamais oublié son beau visage, ni les chansons qu’elle m’apprenait. Dommage que la photo ne soit pas bien visible, cela aurait permis d’admirer les visages sympathiques des enfants assis parterre. On sentait bien qu’on préparait quelque chose d’important pour notre avenir.

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Le 30.06.2008 à 18h58
Témoignage d’un ancien scout du groupe El Falah de la ville de Bordj Bou Arréridj

J’ai parlé de la création du groupe S.M.A.de Tamlouka,en vérité il nous servait de couverture dans notre action P.P.A J’ouvre cette parenthèse car il me revient à l’esprit(je vous demande pardon car à 88 ans il y a parfois des trous de mémoire et des oublies qu’il faut combler)action politique PPA nous à permis de faire prendre conscience à une population écrasée par les colons dans une région où même l’école’ été interdite "aux arabes",le PPA dirigé par un élément clé d’OUED ZENATI ?,SI MOHAMED MAAZI Arrêté aussi le 8 mai et qui après une nuit dans les cellules de la gendarmerie où étions entassés le lendemain nous recevions la " visite du sinistre Papon"alors préfet de CONSTANTINE ,accompagné du non moins sinistre inspecteur de police originaire d’OUED ZENATI,un certain BEN KHARKHAR abattu à Paris par le FLN,alors qu’ il sortait D’unrestaurant venu spécialement avec lui pour connaitre le chef PPA de la région,et après gifles coups de cravache,il lui indicat du doigt SI MOHAMED MAAZI,qui fut immédiatement enchainé et conduit vers l’extérieur, à notre libération après un mois de détention dans la prison de cette bourgade,avec tous les tourments endurés,par des bastonnades d’un sergent chef constamment ivre et l’assassinat d’un jeune scout par ce même personnage,nous fumes autorisés à recevoir de la nourriture de nos parents ,qui nous informèrent de l’assassinat de SI MOHAMED et son corps brulé dans le four à chaux d’Héliopolis ce fut une triste nouvelle ;Aujourd’hui ;oublié,OUED ZENATI ,devenu une petite ville,n’a pas commémoré sa mémoire par une artère ou une place à son nom ;son nom.pourquoi ?

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Le 30.06.2008 à 17h28
Témoignage d’un ancien scout du groupe El Falah de la ville de Bordj Bou Arréridj

les S.M.A.sont nés bien avant le gouvernement de Vichy,à ANNABA,vers 1940 et les formations en commencer à se propager dans l’est Algérien ; dans les coins les plus reculés du l’ex département de CONSTANTINE.Réfugié avec mes parents à Tamlouka,à 20 k ms d’OUED ZENATI,à la suite de l’exode de populations du aux bombardements incessants de l’aviation Allemande et Italienne,étant un ancien scout de Annaba,j’ai créé un groupe dans ce coin perdu sur la route d’Aïn Baida, tout allait bien grâce aux aides que j’ai pu avoir du groupe d’Oued Zénati et de la population local dont les vues et les idées changèrent radicalement devant les défilés avec chants patriotiques ;,c’était en 1943 cela incita les religieux à s’adére au parti des Oulamas,cela dura jusqu’au 8 mai ,jour de mon arrestation avec plusieurs personnalités religieuses faisant parti du cercle des OULAMAS,à 88 ans j’en garde un bon souvenir. Y a t_il eu une relève depuis ? JE LE SOUHAITE !

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