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   Eté 2008












Sur les traces de Tariq Teguia

Festival international de Hammamet (Tunisie)

Sur les traces de Tariq Teguia

Le cinéma algérien a-t-il retrouvé foi en son avenir ? C’est le souhait de tous. En tout cas, au récent Festival du cinéma arabe d’Oran, avec de nombreux cinéastes algériens, acteurs, producteurs algériens présents, on a eu le sentiment que l’angoisse, le désarroi du cinéma algérien a changé de camp pour oublier la haïssable période de la « décennie noire » où pas une seule image valable n’était produite.



Hammamet (Tunisie) : De notre envoyé spécial

Un air cinéphile frais planait sur Oran et on pourrait s’attendre à une vague de productions nationales. Qui peut le dire ? En attendant, grâce à un autre festival, au Festival international de Hammamet qui a démarré le 10 juillet, on a retrouvé l’écho talentueux du cinéma « dziri », à savoir Roma plutôt que vous, de Tariq Teguia, sélectionné parmi d’autres œuvres venues du Liban, de France, de Turquie, d’Egypte, de Grèce, de Tunisie... Alors que l’auteur, ce capteur instinctif d’images, jeune cinéaste, un brin rock sur les bords, était parti dans l’Ouest algérien s’embarquer dans la mise en scène de son second long métrage fiction, son film continue allégrement son chemin à travers les festivals. Hammamet vue de loin, de près, enfouie dans son écrin de verdure, de palmiers, de jasmins, de bougainvilliers, entre ses murs de blancheur très vive, possède un lieu idéal pour un festival en plein air : les jardins de Dar Sébastian. Vaste théâtre sous les étoiles où tous les arts sont intégrés : théâtre, musique, danse, cinéma, concerts de jazz ou de musique arabo-andalouse, expositions... L’immense plage devant les jardins est quasiment déserte, les groupes de touristes sont parqués au sud de Hammamet. Tous les soirs, une grande excitation est dans l’air. Les spectacles débutent à 20h et l’entrée coûte 50 dinars seulement.

Hammamet intra muros possède aussi une casbah animée par ses boutiques de pacotilles, le lieu est un repère des faussaires (de marque) et ne porte pas l’art dans son cœur. Pas comme les jardins de Dar Sébastian. Les premiers soirs, place au théâtre. Le festival de Hammamet a programmé la pièce du TNA, La Maison de Berbarda Alba, mise en scène par Ahmed Khoudi, adaptation de Allel Al Mouhib. Dance Théâtre de Tunis a présenté un ballet Manège, chorégraphie d’Imed Jemaâ, adapté d’un texte de l’écrivain Jean Genet (sur l’apprentissage d’un jeune funambule algérien à Paris). Sur le grand écran des jardins de Dar Sébastian, on a pensé au festival d’Oran quand passait ici aussi le film libanais, primé à Oran, de Philippe Aractingi Sous les Bombes. Le film de Tariq était donc au milieu d’une bonne sélection qui comprenait les cinéastes turque Réha Erdem, italien Matteo Garrone, grecque Angeliki Antoniou, sans compter le brillant collectif de 33 cinéastes Chacun Son Cinéma, présenté lors du 60e anniversaire du Festival de Cannes en 2007. La scène musicale (world music) combinait salsa, jazz, tarab, pop rock, flamenco et des chansons d’amour...



Par Azzedine Mabrouki

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