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Sidi Fredj à l'heure d'été : La grande évasion estivale

Sidi Fredj à l’heure d’été : La grande évasion estivale

Sidi Fredj, la jolie carte postale qui a constitué pendant plusieurs années le symbole du tourisme algérien, est de plus en plus fréquenté par des enfants et des jeunes en mal de loisirs. Quelques familles viennent quand même avec leur glacière planter leur parasol.



Des femmes nagent en maillot et d’autres en hidjab se contentent de mouiller leurs pieds. « Les émigrés ne sont pas venus en grand nombre cette année », confie un directeur d’hôtel. Et malgré les mesures de facilitations annoncées par deux ministres du gouvernement (Cherif Rahmani et Djamel Ould Abbès), les prix des billets d’avion restent parmi les plus chers au monde. Les nationaux préfèrent aller sous d’autres cieux, où ils ressentent une ambiance de vacances, de voyages, de détente et de loisirs. Les vacances ont été progressivement assimilées au départ. Or, on peut prendre des vacances sans partir. C’est le cas de beaucoup d’Algériens qui ne partent pas parce qu’ils ne le peuvent pas pour des raisons économiques, familiales ou professionnelles.

Globalement, les vacances sont vécues comme un passage d’un monde vers un autre : on cherche à se détacher d’un environnement quotidien, on quitte son domicile pour accéder à un univers à soi, conforme à ses désirs. Les vacanciers ont la possibilité de retisser des liens amicaux, familiaux ou amoureux que l’on a du mal à maintenir ou entretenir dans une société algérienne de plus en plus urbanisée. Au Casif, c’est pratiquement toujours les mêmes artistes arabes ou nationaux qui se produisent après leur passage à Timgad et Djemila. Ils chantent l’amour, la tendresse, la séparation, la déception et la patrie.

Des chansons « à l’eau de rose » font danser des jeunes jusqu’au bout de la nuit. Ils semblent rechercher l’ivresse et le vertige. Une manière de vaincre les pesanteurs sociologiques. Certains soirs, c’est plutôt une explosion de décibels... des chebs s’autoproclament roi de la scène. La foule de jeunes en délire reprend les refrains, exprimant à sa manière une soif de vivre son époque. Les spectacles sont organisés chaque année par l’ONCI, alors que le théâtre en question est la propriété de l’EGT Sidi Fredj. La télévision algérienne filme généralement et passe des concerts en début de soirée. La journée, le complexe grouille de monde. Les week-ends, c’est le rush ! Certains s’attablent sur l’une des multiples terrasses en savourant des coupes de glace. Noureddine est venu il y a 10 ans ici avec un ami et il lâche une phrase lourde de sens : « Rien n’a changé. On dirait que le temps s’est figé. On n’a même pas pensé à passer un coup de peinture sur les murs au moins pour sauver les apparences. »



Par Kamel Benelkadi

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