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Santé de Bouteflika

Alliot-Marie muette

La maladie du président de la République risque de devenir, au fil des jours, une affaire pour l’Etat français.



Et cela même si les déclarations itératives d’Ahmed Ouyahia, chef du gouvernement, tendent à tempérer cette orientation. L’opinion nationale n’arrive pas à expliquer la cadence, ces derniers jours, des déclarations faites par les responsables français. Hier, Michelle Alliot-Marie, ministre de la Défense, a elle aussi abordé ce sujet au Cercle national de l’armée, situé à Beni Messous (Alger), à la fin de la réunion des ministres de la Défense du groupe des 5+5. A propos des nouvelles sur l’état de santé de M. Bouteflika, elle a indiqué que cela ne relève pas de ses prérogatives car, expliquera-t-elle, « il y a en France une règle juridique relative au secret médical et il est donc logique de la respecter ». Une déclaration qui s’inscrit, à quelques nuances près, dans le même registre que celle faite par Philippe Douste-Blazy, chef de la diplomatie. Sur la chaîne LCI, avant-hier, il lancera crûment : « Le secret médical empêche de dire comment va le président Bouteflika. » Au lieu de rassurer, ces deux sorties médiatiques viennent assurément ajouter aux inquiétudes des Algériens. Des inquiétudes que Mme Alliot-Marie dit n’avoir pas pressenties auprès des responsables algériens qu’elle a rencontrés. « Non. On ne peut faire réponse plus claire », soutiendra-t-elle. Plus rassurante, elle fera le lien avec l’hospitalisation de Jacques Chirac en septembre dernier pour un accident vasculaire. « Je sais que cela peut poser des problèmes, on l’a vu avec le président Chirac. Il a fallu attendre que tout le monde le voit sortir et saluer les gens pour que les supputations cessent. Je pense qu’il en sera de même pour le président Bouteflika », conclura-t-elle. Cependant, les Algériens restent préoccupés, dans le sens où leur Président est non seulement hospitalisé, depuis le 26 novembre 2005, à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, mais ce sont les autorités françaises qui entretiennent le secret autour de sa maladie. Lorsque Douste-Blazy dit : « Je ne peux pas vous dire ce qu’a M. Bouteflika », c’est le doute qui s’installe dans les esprits. S’agit-il alors d’une maladie grave ? Cela d’autant plus que, après 17 jours d’absence, l’on attend toujours le retour du président de la République dans son pays. Il ne pouvait en être autrement vu que depuis sa venue au pouvoir en 1999, il a occupé, d’une manière intense et constante, l’actualité nationale. Si vraiment il a été opéré d’un « ulcère hémorragique au niveau de l’estomac », comme l’a annoncé le communiqué officiel de lundi dernier, son retour ne devrait alors être qu’« une question de temps », comme l’affirme Ahmed Ouyahia.



Par Salah Eddine Belabes

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