C’est la vie, c’est l’histoire, il n’y a plus rien à faire et pas grand-chose à dire ; les textes de lois sur la charte sont tombés, un peu comme une révélation sur la tête d’un peuple païen, un peu comme une bombe amie sur un pays envahi ou comme une pluie verticale sur un désert d’attentistes.
Qui a élaboré ces textes ? La réponse est venue de l’initiateur même du projet, le président Bouteflika, qui a expliqué que « ces textes sont l’œuvre d’un groupe ». Quel groupe ? Toujours selon le Président, c’est « un groupe restreint de gens qui croient à l’unité du peuple et la sauvegarde du territoire ». Peut-on faire confiance à ce groupe sachant qu’il est restreint et que l’histoire a montré que le groupe a souvent attiré le reste de la population dans l’oued ? Cette population n’a pas le choix. C’est un groupe restreint de héros qui a conquis l’indépendance et un groupe (très restreint) d’anti-héros qui l’a récupérée à son avantage. Puis c’est un autre groupe de décideurs galonnés qui s’est approprié la décision. Ensuite ? Le pouvoir étant concentré entre les mains d’un groupe trop restreint, un autre groupe restreint a fondé un groupe d’égarés, euphémisme légal qui désigne une bande d’égalitaristes illuminés qui sont montés au maquis pour descendre tous les autres, ceux du premier groupe et le reste de la population. Ensuite ? Ce qui devait arriver arriva. Le premier groupe restreint a dû négocier avec l’autre groupe restreint pour se partager les avantages de groupe. La suite ? Le groupe a fait des lois pour l’autre groupe. Résultats groupés, la logique de groupe est gagnante et les perdants sont tous ceux qui ne sont pas dans un groupe, c’est-à-dire à peu près 30 millions de personnes. La solution ? Se regrouper. C’est pour cette raison que les partis sont interdits, tout comme les associations et les syndicats. Le groupe restreint pense très bien.
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