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Recul des métiers manuels

Tizi ouzou

Recul des métiers manuels

L’artisanat en crise

Sur 3816 artisans inscrits à la Chambre de l’artisanat et des métiers (CAM) de Tizi Ouzou, 985 seulement ont renouvelé leur carte d’artisan, apprend-on du directeur de cette administration.



Les autres se sont carrément reconvertis à d’autres domaines. Ceux qui travaillent dans le secteur du bâtiment, à l’instar des artistes décorateurs, sont les premiers à demander leur radiation de la chambre de l’artisanat. Ces derniers n’arrivent plus à obtenir des contrats avec leur carte d’artisan, autorisée pourtant par la loi au même titre que le registre de commerce. Les difficultés rencontrées dans l’approvisionnement en matières premières et dans la commercialisation du produit fini ont démotivé nombre d’artisans. La période du terrorisme a été fatale pour beaucoup de propriétaires d’ateliers qui ont fermé les uns après les autres. Les responsables du secteur sont mis à l’index pour leur absence sur le terrain. Au sujet du problème de commercialisation, le président de la chambre d’artisanat, M. Yefsah, se dit favorable à l’idée de « créer des comptoirs régionaux pour les produits artisanaux comme cela est le cas chez nos voisins tunisiens et marocains ». Selon lui : « Cette initiative déchargera l’artisan au moins d’une tâche et lui permettra de mettre toute son énergie au service d’une activité économique qui peut baisser considérablement le taux du chômage dans la région ». Les artisans sont par ailleurs, confrontés au problème de la concurrence déloyale exercée dans le marché informel. Les potiers et les bijoutiers sont pénalisés par l’importation clandestine des produits étrangers qui sont cédés à des prix très bas. C’est ce qu’on constate chaque samedi au du boulevard Houari Boumediène au centre-ville de Tizi Ouzou où se vendent toutes sortes de bijoux dont on ignore l’origine. S’exprimant sur toutes ces questions, le directeur du tourisme et de l’artisanat de Tizi Ouzou déclare : « Nos artisans doivent s’organiser dans des associations dans chaque filière pour pouvoir négocier les prix d’achat des matières premières et promouvoir la production ». Cependant, l’amélioration de la production artisanale qualitativement et quantitativement nécessite l’installation de nouveaux outils de production que la plupart des artisans n’ont pas les moyens d’acquérir. C’est dans ce sens que sont attendues les actions du ministère de la Petite et Moyenne entreprise et de l’Artisanat (PMEA). Il existe aussi une forte demande pour la formation des jeunes aux métiers de l’artisanat. Au niveau des collectivités locales, le dossier de l’artisanat n’a jamais été à l’ordre du jour. A titre d’exemple, l’assemblée de wilaya n’a pas consacré ces dernières années une séance pour la promotion du secteur. « L’objet artisanal a une valeur d’abord culturelle que l’on ne doit pas ignorer et à laquelle l’on doit initier les gens dès leur jeune âge », nous dira un citoyen rencontré à la maison de l’artisanat de Tizi Ouzou.



Par Lyès Menacer

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