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Pourquoi le « deux poids deux mesures » ?

Démolition de constructions illicites

Pourquoi le « deux poids deux mesures » ?

Alors que la campagne de démolition des constructions illicites se poursuit dans la perspective d’assainir le tissu urbain et améliorer le cadre de vie, en butte à de multiples agressions, des autorisations de construction, qualifiées de « bizarres », « douteuses » et « étranges », parce que s’inscrivant en porte-à-faux avec cette opération, ont été délivrées par le vice-président chargé de l’urbanisme à l’assemblée populaire communale de Annaba.



L’union des associations des quartiers de la wilaya (Uaqwa) vient de saisir, à cet effet, les pouvoirs publics pour dénoncer ces décisions qui traduisent, on ne peut mieux, la politique de deux poids deux mesures. « D’un côté, on démolit les constructions illicites, de l’autre, on légifère pour agresser l’environnement et le cadre de vie », écrit Smaïl Dorbani, président de l’union à l’attention du wali. Les rédacteurs de la correspondance énumèrent, à ce propos, des cas de décisions et autres autorisations ayant été données au mépris de la loi et sans étude préalable de l’impact que celles-ci pourraient avoir sur le vécu des habitants.

Parmi ces décisions, figure celle relative à l’exploitation, durant trois mois, du tronçon d’une route, et ce pour permettre aux promoteurs d’un projet de mettre en place leur chantier, devant également servir de dépôt pour les matériaux de construction. « Comment peut-on fermer une route publique sans délimiter ni la largeur, ni la longueur du tronçon ciblé ? », s’interroge, par ailleurs, l’Uaqwa, qui fait savoir dans ce cadre que les promoteurs du projet en question ont déjà « condamné et paralysé » un passage qui relie les cités entre elles.

L’autre dépassement, constate cette même union, concerne la correspondance émanant de la direction de l’urbanisme de l’APC de Annaba, relative à la démolition des constructions illicites qui abritent des familles depuis plus de 20 ans à la cité Zamouli Abdelbaki. Son signataire, qui s’appuie sur les instructions du wali, ignore que « ces constructions sont érigées dans une habitation collective » et qu’elles ont fait l’objet d’un recensement. Ce site est un sujet de litige entre deux particuliers, et l’APC n’a rien à voir avec ce conflit, explique le président de l’union, non sans mettre l’accent sur la gravité de ce cas de figure s’il venait à se réaliser.

L’Uaqwa a fait aussi état d’une autre autorisation de maintenance permettant à son bénéficiaire de construire des locaux à l’intérieur de la bâtisse de l’entreprise des galeries algériennes (EDGA) avec des panneaux métallique du type TN40. Ce site devrait faire l’objet d’une opération d’aménagement global, et ce afin d’en éviter « la clochardisation » par la création de nouvelles constructions illicites, estime-t-on. Les comportements contraires aux règles d’urbanisme sont légion.

Peut-on lutter contre les constructions illicites, et en même temps autoriser des gens à faire ce qu’ils veulent au détriment du cadre de vie et du tissu urbain ?



Par Tewfiq G.

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