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Portrait. Farouk Benderradji

Un invétéré de musique chaâbi

Farouk Benderradji est un chanteur chaâbi qui, depuis une quarantaine d’années, excelle dans la chanson. Né à Batna, Farouk Benderradji a basculé véritablement dans le chaâbi en1968, où il a pu donner dans sa ville des spectacles.



Il a eu l’opportunité de participer à plusieurs festivals de musique populaire et à se produire à Constantine et au festival de Timgad. En 1972, il quitte le pays pour s’installer définitivement en France. Armé d’un amour incommensurable pour le chaâbi, l’artiste continuera à se produire dans des salles parisiennes. Façon singulière de faire connaître ce genre musical aux Français et de plonger la communauté émigrée dans des souvenirs irrévocables. Farouk Benderradji insiste pour révéler que ses maîtres de référence étaient El Hadj M’hamed El Anka et El Hachemi Guerrouabi. L’homme ne vit pas de musique mais de politique. « La musique, je l’ai fait pour mon plaisir et pour la communauté maghrébine, où j’anime des concerts et des fêtes familiales à titre gracieux ». En effet, l’artiste exerce un poste important au sein de la direction du patrimoine du conseil général de l’Essonne. Son cheval de bataille est également l’environnement. Le chanteur a, à son actif, une cassette qu’il a enregistrée l’année dernière en hommage à El Hachemi Guerrouabi et dont l’intérêt n’est autre que Amid Guerrouabi. Sur un ton navré, Farouk Benderradji estime que la relève est extrêmement difficile à prendre de nos jours. « A travers une de mes conférences, j’ai condamné le style raï. Pendant que plusieurs chanteurs chaâbi sont en train de se battre pour s’affirmer, d’autres présentent un travail médiocre. A titre d’exemple, dans le raï, on retrouve la langue française. Chose que l’artiste chaâbi n’a jamais faite. J’ai d’ailleurs écris une chanson où je me suis attaqué à la problématique du raï ». Pour l’artiste, le genre chaâbi a tendance à être mis sous les feux de la rampe que durant le mois sacré du Ramadhan. C’est, dit-il, un chaâbi occasionnel et qu’on s’enivre uniquement durant cette courte période de l’année. Il est du devoir du ministère de la Culture d’organiser des tournées nationales pour que le chaâbi puisse asseoir une force exceptionnelle. « Il faut que l’Etat se penche sérieusement sur ce cas, car les générations actuelles et futures ont besoin de connaître leur patrimoine. Mieux, le chanteur argue que les bacs des disquaires sont inondés de musique plurielle, alors que la musique chaâbi est proposée d’un façone infime. « Les devantures des disquaires doivent être achalandés de cette musique cher à tous ».



Par Nacima Chabani

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