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Poésie : Mariche, ou la création multiple

Il est à la fois poète, professeur de physique, archiviste de culture berbère, animateur de soirées, caméraman et photographe. Ahcène Mohammed Mariche sait marier avec dextérité la science à la littérature, l’image au son, les rêves à la réalité pour dire et écrire.



Ses premiers poèmes remontent au lycée de Larbaâ Nath Irathen, au temps de la protesta identitaire d’avril 1980. En 2005, il publie son premier recueil, Id yukin (les nuits volubiles). Sur 113 pages, le poète laisse libre cours à son inspiration pour aborder un patchwork de thèmes : l’amour dans tous ses états, la femme, le rêve, la paix, la beauté, la nuit, la vérité, l’ingratitude. Revigoré par le succès de l’ouvrage, il récidive une année plus tard avec une nouvelle œuvre intitulée Taezulthiw (confidences et mémoires). Les filles, la jalousie, la société, le destin, l’amour, la déception, tout est sujet à la prose. Rien n’échappe à sa muse poétique. « Les préoccupations sont nombreuses, j’en ai sélectionné bon nombre. J’ai choisi les plus sérieuses pour parler sans encombre. Elles surgissent d’une façon mystérieuse, bien que j’ignore jusqu’à leurs ombres, et me pénètrent d’une allure sérieuse », note l’auteur, un brin philosophique. Ecrits dans un kabyle simple, accessible, les poèmes se lisent d’une seule traite. Dans Saint Valentin, il glorifie l’amour et réinvente l’épopée de Antar et Abla, Qaïs et Leila, et tous les « fous » du noble sentiment. Nostalgique, il se remémore dans un autre poème les belles années d’avant, la décence, la pudeur et le respect d’antan. « L’une derrière l’autre, les vertus s’en vont/Nous laissant perplexes et ahuris/Aucune trace d’elles cependant/Rien ne subsiste, c’est fini/On a beau chercher, c’est le néant/Il est temps de revoir ta vie. » La touche humaniste est omniprésente dans les œuvres de ce jeune poète natif de Tala Toulmouts (Tizi Rached). Pour brasser large, Mariche a traduit ses vers dans d’autres langues dont l’arabe, le français, l’anglais, l’italien et l’allemand. Son poème Saint Valentin a été repris dans la publication To Topos, éditée par l’université de l’Oregon state, aux USA. « Il faut faire parvenir ses pensées même vers des contrées lointaines comme pour leur dire que nous sommes là et que notre culture est au diapason de l’évaluation et de la modernité. » Ses poèmes sont disponibles sur plus d’une quinzaine de sites et autres blogs. Reconnu pour son talent , la chaîne de télévision Canal Algérie lui a ouvert ses portes à maintes reprises dans l’émission « Bonjour d’Algérie » où il déclama des poèmes en quatre langues. En juillet 2006, l’ENTV lui a consacré un reportage sur toute son œuvre artistique, diffusé dans l’émission « Saif El Djazaïr ». En projet, il compte publier quelque 300 poèmes.



Par Ahcène Tahraoui

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