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Pétrole et croissance



L’OPEP ne devrait plus être montrée du doigt pour sa politique de défense d’un prix du pétrole « juste ». Experts et dirigeants de banques internationales multiplient les avis et les déclarations pour noter que « la hausse des cours du pétrole ne devrait pas modifier sensiblement la croissance mondiale en 2004 ». Il y a une dizaine de jours, le président de la Banque centrale européenne estimait déjà que l’évolution du prix du brut avait « beaucoup moins d’influence » qu’auparavant sur l’économie mondiale. Il avait annoncé que la reprise mondiale était confirmée en souhaitant toutefois un prix du pétrole plus bas pour assurer un fonctionnement optimal de l’économie mondiale. Dans une étude rendue publique hier, les stratégistes du cabinet Oddo Securities ont rejeté le scénario d’un ralentissement économique global en 2005 en estimant que les niveaux actuels des cours du pétrole ne peuvent pas être considérés comme un nouveau choc pétrolier. Ils considéraient au même titre que le président de la Banque centrale européenne que la hausse actuelle était due à une augmentation de la demande de pétrole portée elle-même par une forte croissance mondiale. Avec pourtant des prix supérieurs à 40 dollars le baril depuis le début du second semestre, la situation du marché pétrolier ne semble pas être inquiétante pour les prévisions. Le FMI avait fait le même constat il y a quelques semaines. En réalité et depuis le choc des années 1970, les grands pays consommateurs ont adopté des mesures qui leur permettent de résister à des prix élevés du pétrole. La hausse actuelle des prix du pétrole soulève de nouveaux problèmes qui sont ceux de l’approvisionnement dans la mesure où le niveau de l’offre est égal tout juste au niveau de la demande et qu’il n’existe plus de capacités supplémentaires consistantes pour faire face à une crise de rupture importante dans le cas d’un conflit. Sur ce plan, l’OPEP est considérée comme partenaire stratégique et n’est plus considérée comme un cartel qui « ferme le robinet ». Pour les producteurs comme pour les consommateurs, il y a de nouveaux défis comme ceux du développement des investissements dans l’exploration. Sur ce plan, les pays de l’OPEP se positionnent comme destination privilégiée vu les réserves dont ils disposent.



Par Liès Sahar

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