Les Américains recommandent une consommation modérée
Les Américains ne voient pas d’un très bon œil la tendance haussière des cours du pétrole. Ils le font savoir par la voix du président de la Réserve fédérale américaine (FED), Alan Greenspan, cité par l’AFP.
Les conséquences de la « flambée » seront atténuées par rapport à celle des années 1970, a-t-il toutefois indiqué dans un discours devant des représentants du patronat japonais. « Aux Etats-Unis, au Japon et ailleurs, les effets sur la croissance auraient été plus importants si l’importance du pétrole dans l’activité économique n’avait pas décliné depuis les années 1970. » Il a noté que l’importance du pétrole dans le produit intérieur brut mondial était de deux tiers inférieure à celle d’il y a trente ans, et que le prix actuel du brut restait en termes réels en dessous du pic de février 1981. Mais si cette situation perdure, c’est la croissance mondiale qui risque de prendre un coup. « Même si l’expansion économique mondiale semble s’être poursuivie assez fermement pendant les mois d’été, la hausse récente des prix de l’énergie sera sans aucun doute un frein désormais », a-t-il déclaré en substance. Il a pointé un doigt accusateur vers la Chine qui, selon lui, fait exception aux efforts entrepris au niveau mondial pour une consommation plus rationnelle d’énergie. « Actuellement, la Chine consomme en gros deux fois plus de pétrole par dollar de PIB que les Etats-Unis. Si, comme c’est prévu, sa part dans le PIB mondial continue d’augmenter, les progrès moyens dans la consommation pétrolière mondiale seront moins prononcés que ce que les performances des pays pris individuellement pourraient suggérer », a-t-il regretté. Outre la propension des Chinois à consommer davantage de pétrole, le président de la FED considère « préoccupant » l’état des capacités de raffinage mondial. Dans ce contexte, il a évoqué l’impact des ouragans Katrina et Rita qui se sont soldés par « la fermeture des plateformes pétrolières et des raffineries le mois dernier ». Une option inéluctable, a-t-il fait savoir. L’arrêt des activités de ces infrastructures pétrolières a provoqué des tensions dues au fait que les capacités de production s’accroissent moins vite que la demande. « La concentration des réserves de pétrole dans les régions du monde politiquement instables » est également inquiétante, a-t-il relevé. Tous ces facteurs font que la transition vers un monde plus économe en pétrole « prendra du temps », a averti le président de la Fed. En attendant que le monde entier en prenne conscience, l’économie mondiale « devra sans aucun doute vivre avec les incertitudes géopolitiques et autres sur les marchés pétroliers pendant encore un certain temps », a-t-il prévenu. « L’expérience des cinquante dernières années, voire plus prouve que les forces du marché jouent un rôle clé dans la conservation des rares ressources énergétiques, et pour les diriger vers leur usage le plus adéquat. Cependant, la disponibilité des capacités de production adéquates dépendra aussi d’influences autres que celles du marché et de considérations politiques », a-t-il encore regretté.
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