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Murs d’enceinte de Sour El Ghozlane (Bouira)

La nécessaire rénovation

Le bureau d’études qui s’occupe de leur restauration, un bureau d’études algérois, tenait un point de presse hier à la bibliothèque municipale de Bouira autour de ce sujet.



Alors que pour l’intervenant qui s’exprimait devant une faible assistance le relèvement des ruines « pierre à pierre » ne pose pas de problème, pour l’équipe d’ouvriers travaillant sous sa direction, la tâche deviendra beaucoup plus délicate pour certaines portes de la ville dans un piteux état, comme les portes de Médéa, Bou Saâda et Sétif ainsi que pour les 17 bastions dont bon nombre sont par terre. Cette tâche exige un savoir-faire doublé d’une expertise particulière qui saura préserver leurs caractéristiques propres. Abordant les facteurs à l’origine de l’état de dégradation du site historique, le conférencier en a vu au moins deux : la main de l’homme, poussé par le besoin d’extension, par le désir de relier l’ancienne ville à la nouvelle, et qui dans les deux cas l’amènent à des actions de dégradation sur la muraille, et les éléments de la nature (vent, pluie, froid et chaleur) tout aussi destructeurs. Si les techniques de restauration consistent, selon le même intervenant, à remettre les choses en leur état primitif en tenant compte de leurs spécificités intrinsèques, en recourant aux mêmes matériaux qui ont servi à l’érection de ces fortifications, elles s’emploieront dans le même temps à protéger ces matériaux de la dégradation du temps. Une question posée par notre confrère lors des débats pour savoir si la muraille n’était pas aussi ancienne que certains le laissent parfois entendre, le conférencier a répondu qu’elle a été élevée en même temps que la ville qui date de l’époque coloniale à l’exception de la mosquée qui, elle, remonte au temps des Turcs. Une remarque faite par un autre s’en est suivie : comment peut-on s’occuper du patrimoine matériel sans s’intéresser au patrimoine immatériel quand tous deux sont indissociables ? En d’autres termes, comment s’astreindre à relever des ruines sans les situer dans leur contexte historique ? Et le contexte historique dan le cas présent est l’époque où sur l’emplacement même où se dressait la fière Auzia, ville romaine, le duc d’Aumale, présentant les avantages militaires qu’allait lui fournir ce site stratégique contre les armées de l’Emir Abdelkader, posait en 1862 la première pierre de la ville qu’il fortifia ensuite avec une muraille circulaire.La caserne, l’hôpital, les sièges de daïra et d’APC, puis l’école Crabet et l’église étaient nés protégés par de solides remparts. Le duc devait ensuite donner son nom à la ville qu’il a construite et Sour El Ghozlane ne s’appela plus jusqu’à l’indépendance qu’Aumale et ses habitants les Aumaliens.A notre avis, la version selon laquelle les murailles de Sour El Ghozlane seraient romaines procéderait de la même mystification qui fait de ce relais en pierres de taille dressé sur une éminence à El Hakimia, à l’est de Sour El Ghozlane un monument élevé à la mémoire du héros Takfarinas. On voit mal comment ce grand guerrier qui combattait vaillamment les Romains jusqu’à sa mort, leur infligeant parfois de lourdes pertes, lesquels lui auraient marqué une reconnaissance quelconque, en lui dressant un mausolée.



Par Ali D.

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Avis des lecteurs...

Le 1er.01.2009 à 07h35
Murs d’enceinte de Sour El Ghozlane (Bouira)

Dans votre article du 5 mai 2008, vous parlez des remparts d’Auzia. Il faut distinguer les remparts d’époque française dont vous parlez et les remparts d’époque romaine. Ces derniers ont bien existé, mais ont été en grande partie démontés par les militaires français. J’en ai retrouvé et publié un plan de 1847 qui donne leur emplacement exact. Si vous me donnez l’adresse du cabinet d’architecture, je leur enverrai une copie de cet article et de ce plan. En ce qui concerne Tacfarinas, vous avez triplement raison. D’une part les Romains n’auraient jamais laissé ériger un monument à la mémoire d’un révolté. D’autre part, il s’agit à El Hakimia d’un tombeau tardif, que j’avais daté (article dans le Bulletin d’Archéologie Algérienne vers 1973) du IVe siècle, mais qui semble plutôt dater du Ve, 5 siècles après la mort de Tacfarinas. Troisième raison : malgré une sorte de tradition en réalité toute récente, Tacfarinas n’est jamais venu dans la région, c’était un musulame, et cette tribu occupait la région entre Tébessa, Mdaourouch et Kasserine, donc beaucoup plus à l’est... Merci pour le travail que vous faites en faveur de l’histoire et du patrimoine et Bonne année 2009 Jean-Pierre Laporte (www.tabbourt.com)

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