« Le régime marocain panique »
De nouvelles arrestations ont touché les Sahraouis dans les villes d’El Ayoun, Dakhla et Smara avec la violence coutumière des services de sécurité marocains. Hier encore mais à Casablanca, deux militants des droits de l’homme sahraouis ont été interpellés.
Il s’agit de Mohamed El Metouakal et Mohamed Fadhel Kaouedi. Le nombre des détenus avoisine actuellement la quarantaine, à leur tête le symbole de la résistance Aminatu Haider. Ces pratiques policières révélées par S. E. M. Mohamed Beissat, ambassadeur sahraoui à Alger hier lors d’un point de presse, confirment « la tendance suicidaire du régime marocain », dira-t-il. Mais elles confirment aussi et surtout, ajoutera le responsable sahraoui, « la panique dans laquelle vit ce régime face aux pressions internes et externes qu’il n’a cessé de subir ces derniers mois ». Paradoxalement, précisera Beissat, « plus les populations sahraouies optent par les voies pacifiques à revendiquer leurs droits, plus les autorités de Rabat cherchent le pourrissement ». Pourquoi un tel choix ? Tout simplement, insistera l’ambassadeur sahraoui, « parce que le régime marocain vit ses dernières heures et se retrouve poussé à exercer les mêmes pratiques que celles adoptées par l’Indonésie quelques mois avant que le Timor Leste n’obtienne son indépendance ». Mohamed Beissat citera également le cas de l’OAS en ce qui concerne l’Algérie. Selon toujours le responsable sahraoui « les autorités de Rabat sont isolées et recherchent la recrudescence dans une tentative, qui va échouer, d’inverser la balance des poids ». Des manœuvres, ajoutera-t-il, « qui sont loin de duper les opinions marocaine et internationale » et cela du fait que cette politique « contredit les nouvelles données aux plans régional et international ». Aujourd’hui plus que par le passé, indiquera Beissat, « le Maroc est obligé de se conformer à la légalité internationale à laquelle il avait fait appel en demandant un arbitrage de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye ». Cette cour « avait alors consacré le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », rappellera-t-il, tout en précisant que « l’Espagne, en tant qu’ancienne force coloniale ayant de plus signé l’accord illégal du 14 novembre 1975 avec le Maroc et la Mauritanie, est appelée à s’acquitter de sa dette envers les Sahraouis ». Dans la foulée, ce diplomate estime que la désignation ou pas d’un représentant spécial du secrétaire général de l’ONU « n’est qu’un détail alors que le plan de règlement ONU-OUA avait consacré comme seule solution au conflit maroco-sahraoui la voie référendaire ». D’ailleurs, il saisira l’occasion pour appeler la communauté internationale à « accélérer la tenue de ce référendum dans les plus brefs délais » au risque de compromettre les chances d’une stabilisation de la paix dans la région du Maghreb. Dans ce cadre, il notera l’appel lancé, avant-hier, par Mohamed Abdelaziz, président sahraoui, à Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU. Un passage de ce message indique : « Face à la dégradation continue de la situation dans les territoires occupés et aux risques d’embrasement dans la région, il y a urgence de protéger les populations sahraouies civiles de la répression des autorités marocaines. » Tout en insistant pour que l’ONU intervienne auprès de Rabat afin que « tous les prisonniers politiques sahraouis » soient libérés, Mohamed Abdelaziz sollicite Annan d’« intervenir afin que le Maroc ouvre les territoires occupés aux observateurs et médias étrangers ». Il n’a pas également manqué de responsabiliser la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara-Occidental (MINURSO) pour « assumer efficacement ses responsabilités dans la protection des vies humaines sahraouies ». Il a également condamné la politique « du tout-répressif » menée par le gouvernement marocain contre les civils sahraouis et dénoncé les « sanctions pénales démesurées infligés à des citoyens sahraouis, dont quelques-uns ont écopé de 20 ans de prison ferme » pour avoir participé, en mai dernier, à des « manifestations pacifiques réclamant l’exercice du droit à l’autodétermination ». A signaler dans ce contexte que les autorités marocaines ont retiré mardi l’accréditation de Abdessalam Razak, un journaliste marocain de la chaîne Al Jazira, accusé de diffusion « d’informations mensongères » concernant le placement en garde à vue, lundi à El Ayoun, du militant indépendantiste Ali Salem Tamek, rapporte l’AFP.
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