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Médicaments

La production nationale menacée

L’importation de médicaments est désormais soumise à des conditions drastiques et parfois « irrationnelles », selon les opérateurs en pharmacie.



La dernière rencontre, le 14 décembre, qui a regroupé les membres de la direction de la pharmacie au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, et les représentants des opérateurs en pharmacie, au sujet du retrait des programmes d’importation 2006, est significative. Car la production nationale est tout aussi menacée. « Il n’est plus question de la protection de la production nationale, comme cela était prévu dans les mesures de sauvegarde de la production nationale consacrées par l’ordonnance présidentielle 03-04 du 19 juillet 2003 et le décret du chef du gouvernement du 22 juin 2005 », relèvent-ils. Le marché du médicament est actuellement ouvert. L’interdiction d’importation appliquée à 128 produits est désormais levée, relèvent-ils. Pourtant, l’arrêté concernant une trentaine d’articles, élaboré par l’ex-ministre de la Santé Mourad Redjimi, publié dans le Journal officiel du 12 juin 2005 et signé par Amar Tou, est l’un des moyens, selon son concepteur, « d’encourager la production locale des médicaments, la promotion et la prescription du générique et assurer l’approvisionnement du marché au moindre coût ». En pratique, ces dispositions sont, selon les opérateurs, contre le médicament générique. « Comment peut-on parler de générique lorsque tout est fait contre », s’interroge-t-on. La dernière mesure portant l’exigence aux producteurs nationaux de délivrer une étude de bioéquivalence pour les médicaments génériques est édifiante. Où est-il possible de faire cette étude ? Bien sûr à l’étranger, puisque l’Algérie ne dispose pas de centre de bioéquivalence. Selon des estimations, une étude du genre coûterait 100 000 dollars. Avec toutes les difficultés dans lesquelles se battent actuellement certaines entreprises nationales, il serait évidement difficile pour elles de présenter ce document. Ces mesures ne seraient, selon nos interlocuteurs, qu’une exclusivité réservée au bénéfice des grandes firmes pharmaceutiques étrangères. Les producteurs nationaux redoutent, en fait, que tous les efforts consentis depuis de nombreuses années, par les investisseurs algériens dans la production nationale, soient remis en cause. Ce qui pourrait, ainsi, remettre en question toute la politique du médicament générique qui caractérise les discours officiels.



Par Djamila Kourta

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