Zoom sur la presse française 2006
Pour les besoins du 15ème Congrès européen de la presse française, récemment tenu, des indicateurs dessinent son état chiffré.
Le chiffre d’affaires du secteur de la presse écrite est estimé à 10,59 milliards d’euros. 200 000 salariés y activent, dont 75 000 dans les publications, 65 000 chez les imprimeurs et 60 000 en aval, la distribution. Le nombre de titres existant est de 4000, cependant que 350 créations sont tentées chaque année ; presque autant cessant de paraître rapidement. En matière de format et genre une caractéristique frappe : 17 quotidiens d’information seulement (une cinquantaine en Algérie…) et 13 du domaine hippique sont alignés à côté de pas moins de 2700 magazines, d’une multitude de genres. A ces assises, le ministre français de la Culture et de la communication a suggéré aux éditeurs de journaux d’opinion de " créer une fondation de la presse française (pour permettre) aux lecteurs de participer directement au soutien des titres qu’ils aiment ". Pour conforter le pluralisme de la presse, il a précisé que dans la loi des finances 2007 un système de déduction fiscale sur les dons opérés tant par les particuliers que les entreprises inaugure ce nouveau mécénat culturel. Le ministre n’a pas omis de pointer aussi des défis " de recul, d’analyse, de rigueur et de vérification" face " au déferlement des informations, la recherche effrénée de l’immédiat, le flux des images et des émotions, le flot des voix anonymes qui veulent se faire entendre sur les blogs ". Le directeur de l’observatoire spécialisé Ipsos médias a d’un mot résumé une caractéristique déterminante du futurs lectorat de la presse écrite, déjà en chute de vente : " Internet est devenu le média référent des jeunes, c’est leur clef de compréhension ". Déjà fortement laminée ces dernières années par les publications gratuites, la diffusion de la presse française est aussi appelée à subir, l’année prochaine, la concurrence d’un quotidien d’un nouveau type, celle du Bild, tabloïd à sensation, porté par d’immenses manchettes et un style agressif, qui en Allemagne tire à pas moins de 3,6 millions d’exemplaires.
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