Météo 
du jour

 

Accueil > Edition du 7 octobre 2008
L'info. au quotidien
 >
   Actualité












Les taliban sont parmi nous !



Au pays du mollah Omar, on n’aurait pas vu pire. Six personnes ont été condamnées à Biskra, la veille de l’Aïd, à quatre ans de prison ferme et 100 000 DA d’amende chacun pour « non-respect du Ramadhan ». L’information est passée inaperçue tant l’attention était focalisée sur les inondations tragiques de la vallée du M’zab. Les personnes ont été arrêtées en possession de produits alimentaires pratiquement le quinzième jour du mois de Ramadhan, puis relâchées. Devant le juge, elles ont reconnu les faits, sans doute parce qu’elles étaient loin de supposer un aussi lourd verdict. Une sentence, c’est le moins que l’on puisse dire, qui a surpris tout le monde. La Ligue de droits de l’homme (LADH), les correspondants locaux de la presse nationale... Non seulement parce que c’est la première fois que le fait de ne pas jeûner durant le Ramadhan est considéré comme un délit passible de prison, mais aussi par l’artifice recherché pour arriver à une telle condamnation. Jamais au grand jamais, depuis que l’Algérie est l’Algérie, la non-observation du jeûne, même si celui-ci est un des cinq piliers de l’Islam, n’a jamais été réprimée par la loi. Pourquoi le serait-il chez nous ou dans d’autres pays musulmans où la tolérance religieuse est officiellement affirmée ?

D’ailleurs, toutes les Constitutions qui ont été adoptées depuis 1962 en Algérie ont reconnu le principe de la liberté du culte, même si l’Islam est proclamé religion d’Etat. Alors, comment un juge du tribunal de Biskra a-t-il condamné des personnes qui étaient « en possession d’aliments » avant l’heure du f’tour, de la rupture du jeûne, puisque le fait de posséder un casse-croûte dans la journée n’est pas un délit au regard de la loi, contrairement à la drogue ou aux autres substances prohibées ? Une situation qui n’est pas sans rappeler de l’affaire Habiba K. de Tiaret condamnée, elle aussi en première instance, pour « prosélytisme religieux » parce qu’elle était en possession d’une Bible ou de plusieurs ; qu’importe. Elle aussi a été arrêtée en « flagrant délit » dans un bus, quelque part entre Tiaret et Oran. Etrange endroit pour faire du prosélytisme, il faut l’avouer, et qui donne à cette affaire un caractère plus que rocambolesque qui n’a rien à envier en matière de ridicule au plus triste canular. N’empêche que rien n’a fait reculer nos zélés « redresseurs de torts » qui se sont efforcés de nous faire croire que le pays tout entier serait menacé par une campagne d’évangélisation menée à partir de l’étranger et dont les objectifs seraient de semer le doute dans les consciences des Algériens et le trouble dans leur foi musulmane. Sans la vigilance de ces fieffés redresseurs, on a du mal à imaginer quelle aurait été la surprise des dirigeants de ce pays, s’apercevant un beau matin que la majorité ou la totalité des citoyens a été évangélisée à partir de l’étranger ! Le pays serait tout simplement, de la manière la plus absurde, « ingouvernable ». Ouf ! On est passé à deux doigts d’un tsunami d’un nouveau genre.

Quant aux six malheureux citoyens surpris en possession de denrées alimentaires, en train de jouer aux cartes dans un jardin public à Biskra, leur sort a été scellé aussi facilement que l’a été celui de Habiba K., il y a quelques mois. Car il est encore plus difficile d’imaginer un flagrant délit de jeux de hasard prohibés par le Code pénal non pas un tripot clandestin, mais bel et bien dans un jardin public au centre-ville de Biskra. Mais le plus absurde, dans cette affaire, c’est que ces malheureux joueurs affamés ont été condamnés en vertu d’une disposition du code pénal qui régit ce que l’on appelle le délit de presse, la hantise des journalistes algériens depuis 2001, année où Ahmed Ouyahia, alors ministre de la Justice, a décidé de durcir davantage le code de l’information dans son caractère coercitif en matière de diffamation en introduisant de nouvelles dispositions dans le code pénal. Et plus exactement en y ajoutant le fameux article 144 bis qui porte comme intitulé : « Outrage et violence contre les fonctionnaires et les institutions de l’Etat. » L’alinéa 2 dudit article stipule ainsi : « Est puni d’un emprisonnement de 3 à 5 ans et d’une amende de 50 000 à 100 000 DA quiconque offensera le Prophète ou l’un des envoyés de Dieu ou dénigre les dogmes ou préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit ou de dessin, de déclaration ou tout autre moyen. Les poursuites sont engagées par le ministère public. » En l’occurrence, le juge de Biskra, loin de considérer ces six joueurs de belote qui avaient choisi de ne pas jeûner ce jour-là, comme des journalistes, a semble-t-il estimé que ces malheureux citoyens ont offensé un des principes de l’Islam. Encore faut-il prouver que l’inobservation de ce précepte est considéré comme une offense aux principes de l’Islam... Un tel précédent a un caractère dangereux. C’est la porte ouverte à d’autres dérives. On peut imaginer demain un autre juge condamnant d’autres personnes arrêtées au moment de la prière du vendredi dans la rue, au lieu d’être à la mosquée ! Rien ne pourra, après la condamnation de Biskra, empêcher le juge de considérer que l’inobservation de ce précepte religieux est en soi une offense réprimée lourdement par la loi. La société souffre de bien d’autres phénomènes que sont la délinquance au quotidien, le grand banditisme, qui sollicitent l’attention des juges de la République, des législateurs et des pouvoirs publics, y compris à Biskra ou Tiaret, plutôt que de s’arrêter sur ce genre d’affaires qui ne font que jeter le discrédit sur les institutions du pays.



Par Reda Bekkat

publicité
 >
  Voir aussi...

Edition du 12 mars 2008

« L’emprisonnement des journalistes est un acte révolu »
La voie démocratique passe par la dépénalisation des délits de presse

Edition du 3 mai 2008

Le code pénal, cet éternel étouffoir des libertés
Journée mondiale de la liberté de la presse

Edition du 30 juin 2005

Tribunal de Annaba

Edition du 15 mars 2005

Cour criminelle

Edition du 21 octobre 2008

Une femme condamnée à 10 ans ferme pour atteinte au Coran
Les procès liés au culte se multiplient à Biskra

publicité
 Hebdos & Services
Editions locales
Chroniques d'El Watan

 

Avis des lecteurs...

Le 8.10.2008 à 10h45
Les taliban sont parmi nous !

on apprend aujourd’hui par votre journal qu’ils ont tous été acquittés !! tant mieux, comme quoi, la presse indépendante en Algérie, quand elle s’y met, elle peut faire bouger les choses ! puis de toute façon, cette façon arbitraire de condamner des gens à de grosses peine de prison sous le minable prétexte de ne pas avoir respecter le jeûne touche essentiellement les pauvres : les richards, ceux qui vont pendant le jeûne, au Sheraton d’Oran ou d’Alger, s’empriffrer et se bourrer la gueule, ne sont jamais inquiétés !

répondre


Le 7.10.2008 à 23h09
Les taliban sont parmi nous !

je ne sais que dire apres avoir lu cet article , je croie que le journaliste auteur de ce dernier a tre bien exprimé l’avis que ,je pense et espere ,beaucoups d’algeriens aujourd’hui partagent a propos de faits de cet ordre . le tout est de ne pas s’en tenir au palabres et de passer aux actions qui elles sont le seule moyen de lutter contres ses talibans qui sont parmi nous . l’algerie est autant le pays de gens qui ne causionne pas ce genres de jugements que celui de ceux qui les rendent et les approuvent ;il est donc ,a mon avis de simple citoyen ,necessaire que notre voix aussi soit entendu par tous et fasse autant de bruit que cette affaire .

répondre


Le 7.10.2008 à 19h53
Les taliban sont parmi nous !

Il n y a pas que des talibans en Algérie, c’est inutile de rentrer dans le mépris, ce dernier n’arrange rien au contraire ! Et le fait que la presse en parle, cela montre l’existence d’un public récepteur qui partage sa position, c’est à dire contre cet intégrisme latent.

répondre


Le 7.10.2008 à 16h31
Les taliban sont parmi nous !

comme c grave !!!!!!!!!!!!.

répondre


Le 7.10.2008 à 16h02
Les taliban sont parmi nous !

mais ou allons nous ? je crois qu’au point ou est notre société même un ATATURCK ne pourrait rien faire, je suis abattu

répondre


Le 7.10.2008 à 13h23
Les taliban sont parmi nous !

Allah i barek ! Y a rab...Un juge formé dans une université algerienne est un imam sorti d’une Zaouia. C’est normal ou moment ou la foramtion de juristes en Algerie est reservée aux recalés du système scolaire. Je m’explique..Il fut un temps les meilleurs élèves du collège sont orientés vers les matières scientifiques (Maths et science) alors que les nuls sont bien sur dirigés vers lettre pour devenir des juges. et ça continue encore aujourd’hui. Alors à quoi s’attendre d’un juriste algerien formé par dessus tout en arabe...un imam d’un village kabyle saura mieux faire. Enfin, vous allez me dire que l’algerie toute entière est gouvernée par les recalés du système scolaire...

répondre


Le 7.10.2008 à 12h56
Les taliban sont parmi nous !

le juge de biskra peut faire n importe quoi le responsable de cet acte teroriste c est le president de la republique le 1er magistrat du pays. je ne cite pas la personne physique du president de la republique c est la personne morale qui ne fait pas son travail.

répondre


Le 7.10.2008 à 12h21
Les taliban sont parmi nous !

Pour commencer, je tiens à souhaiter un bon courage à ces six personnes condamnés par un juge que je considére sans aucun scrupule. Aux responsables du pays de remettre ces malheureuses victimes dans leurs droits. Quand à ce fameux juge, je pense qu’il est temps pour tout le monde de remettre les pendules à l’heure et de dire qu’on en a marre des leçons de morale que tout le monde nous fait. A la place de ces malheureuses personnes, j’introduirai une action en justice contre ce juge d’instruction et ce pour son abus de pouvoir que ni la loi ni la morale ne lui donne le droit d’outre passer. A bons entendeurs.

répondre


Le 7.10.2008 à 11h39
Les taliban sont parmi nous !

Bonjour

Être ou ne pas être musulman ! C’est cette équation que tout individu (e) ayant un nom et prénom de consonnance nord africaine, ou orientale doit résoudre.

Comme tel(le, musulman(ne) des "Docteurs" dits de la foi ont décrété que nous le sommes à la naissance voire avant. On peut donc supposer que cette caractéristique relèverait de la génétique. Ainsi et contre les lois de la nature et de la science (la vraie celle là) nous ne pouvons rien contre le sort qui nous est prescrit.

Certes, tout cela peut paraître anecdotique, mais non moins grave.

Les algériens, dont je fais partie, ont fermé les yeux pendant lontemps -et continuent de le faire- sur beaucoup de choses qui leur paraissaient, à tort, sans importance. Ainsi il se sont rendu comlpices, par leur silence d’événements aussi grave voire davantage.

Ces postures coupables rappellent un adage de chez nous : "Takhti Dari". Mais le jour où l’incendie se déclare près de nos maisons voire dedans il faudra trouver, en ces circonstances là, qui appeler au secours. Du coup, il peut-être déjà trop tard pour être entendu.

Ait Meguellet, un chanteur kabyle émérite dit dans une de ses chanson : "Toi qui crains l’ennemi, la mort est omniprésente à tes côtés. Muette, mais tu la traînes telle ton ombre. Un jour quand tu seras au pied du mur, face à toi elle se dressera. Où fuir ? Si tu ne tues, tu te fais occire. PS : Par la mort le poète vise en fait l’ennemi.

Cest ainsi que vont les choses. Se taire devant une injustice, immanquablment, c’est accepter d’être la prochaine victime.

Anzarbel

répondre
Les taliban sont parmi nous !

Je suis consternée ! Choquée, au bord des larmes ; et exactement comme toi, je pense que nous sommes par notre silence complice. Ça me rappel la période du terrorisme, quand les terroristes commençaient à commettre des meurtres individuels, ciblés, et que certaines personnes disaient : « après tout cette personne l’a peu être bien mérité », parce que c’était un policier ou que sais-je. Puis quand ça n’avait plus de sens ces même personnes pensaient : « tant que nous ça va, vaut mieux pas s’en mêler". Jusqu’au jour ou les terroristes ont défoncé leurs portes pour voler leurs biens, tuer leurs fils etc. Ce n’est qu’à ce moment là que les dénonciations ont commencé, et que Les terroristes ce sont mis à dos la population. Mais ici, on ne peut pas attendre aussi longtemps, encore un an et on aura la police des mœurs dans les rues d’Alger, et puis il faudra brûler les livres…

Au même temps, faut admettre que la torture pratiquée sans retenue est un moyen assez efficace pour décourager les coups de gueules.

C’est fini y a plus d’espoir.




Le 7.10.2008 à 11h33
Les taliban sont parmi nous !

Seul Dieu est juge . Dans le cas de ces pauvres gens ,ce n’est pas la condamnation qui est grave (bien qu’elle l’est) mais surtout le fait qu’on oriente notre pays vers l’obscurantisme,qui ferait plutôt l’affaire des intégrites.

répondre


Le 7.10.2008 à 08h31
Les taliban sont parmi nous !

Essayer d’avoir un peu de logique dans votre facon de penser monsieur le journaliste. Il est clair que le juge n’a pas condamne ces personnes pour n’avoir pas observe le jeune (le jeune est une affaire personnelle entre la personne et Dieu)mais plutot pour le fait de l’avoir fait dans un espace public, dans un pays musulman, ce qui represente une offense a notre religion. L’article 44 s’applique bien a ce cas.

répondre
Les taliban sont parmi nous !

C’est juste vous demandder de nous citer le contenu de l’article auquel vous faites allusion. Au moins on saura de quoi ça cause. N’est pas juriste qui le veut !!! A moins de nous remettre que nul n’est censé ignorer laloi.


Les taliban sont parmi nous !

Le journaliste a tout à fait raison de penser que les talibans sont parmi nous même sur internat à l’image de cette réponse pondu par ce taliban venu d’ailleurs. L’Algérie est Algérienne. Celui qui ne sent pas chez lui en Algérie, qu’il rejoint ses frères ailleurs. Ne pas jeuner est une affaire strictement personnelle. Je ne demanderai à personne de me sauver de l’enfer et c’est promis. Le ramadhan je ne l’ai jamais fait et je ne le ferai jamais : je n’ai rien à prouver de ma foi à ces talibans d’un autre âge.


Les taliban sont parmi nous !

il ne faut pas prendre uniquement l exemple du ramadhan il faut mettre en prison tous les gens de biskra qui ne font pas la priere. la priere est plus importante que le ramadhan et il faut commencer par les juges et les procureurs quiconque qui ne fait pas 5 prieres par jours parmi les magistrats doit etre ecrouer,pour non respect de la religion musulmane. si parmi ces 6 personnes il y avait quelqu un qui porte le nom de nezar,amari,betchine ou belhouchet le juge aurai agit autrement.




Le 7.10.2008 à 02h48
Les taliban sont parmi nous !

vous n’aurez aucun message car il ya 32 million de talibans en algerie et si un seul taliban ose s’exprimer et connus il sera pris dans le réseau et réduit au silence

répondre



publicité

Infos récentes : | 21 mar | 20 mar | 19 mar | 18 mar | 17 mar | 16 mar | 15 mar | Haut de page
Droits réservés © El Watan 2007