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Les derniers fossoyeurs

Une menace de disparition pèse sur le métier de « fossoyeur », du fait que les personnes en charge de l’inhumation des morts se font vieilles, approchant de la retraite, à savoir une bonne dizaine d’ouvriers de l’EPCGPF, sur le point de tirer sa révérence.



C’est un métier qui agonise, ne se prêtant pas à une relève, tant il reste vrai que l’on n’y fait pas carrière. Il serait alors légitime de s’inquiéter de la question : qui enterrera qui ? N’est-ce pas un dilemme, faisant de la problématique de la gestion des cimetières une question de vie ou de mort ? Autre remarque, peut-être même saugrenue, le véhicule assigné au transport des morts se trouve être un camion-benne, faisant office de corbillard, au lieu d’un vrai corbillard ; l’on aurait pu au moins opter pour un fourgon, bien plus pratique pour ce genre de mission, et surtout mieux perçu par les citoyens. L’effectif total de l’EPCGPF, travaillant d’arrache-pied, faisant beaucoup avec peu de moyens, est maigre, constitué seulement de 67 travailleurs, dont 33 au titre du filet social, avec une rémunération d’à peine 3 000 DA/mois. Cette situation voue les pompes funèbres à une mort lente, mais certaine ; les pouvoirs publics sont coupables de cette mise à mort, car ayant « omis » de subventionner l’EPCGPF afin de lui permettre de moderniser ses prestations. Et c’est la mort dans l’âme que les mortels, qui s’échinent à s’occuper des enterrements, inhument en même temps les pieuses pensées dues aux morts. N’est-ce pas là l’épitaphe que les responsables de la commune et les élus veulent faire porter sur nos tombes, par manquement à leur mission et faute d’une prise en charge sérieuse des cimetières ? Pour preuve de ce désengagement, les populations des deux nouvelles villes n’ont pas de cimetière, ils enterrent leurs morts au cimetière central, lequel est plus que saturé. Cette défaillance est d’autant plus accentuée qu’on relève que le cimetière des Martyrs est à la seule charge des pompes funèbres, sans que le département des Moudjahiddine, qui ne s’en soucie qu’au moment des commémorations, ne contribue financièrement à sa prise en charge. Même constat pour les affaires religieuses qui ne participent en rien à la gestion des cimetières. Qui sont alors les vrais fossoyeurs ?



Par Djamel B.

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