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Les confidences de Akli Yahiatène

Le chanteur Akli Yahiatène, invité lundi dernier à la rencontre culturelle mensuelle « Parole aux artistes » animée par Slimane Belharet à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, a émerveillé le public qui est venu l’écouter.



Son parcours artistique, ses aventures et sa perception de la chanson ont été débattus au cours de cette rencontre. L’artiste paraît aigri par la situation du monde de la chanson. « Nous n’avons plus le plaisir, le ‘’gosto’’ pour composer de nouvelles chansons. Aujourd’hui, la vraie chanson n’est pas valorisée par le public et il faut dire que dans notre pays, dans tous les domaines ce n’est pas la joie ». Auteur d’une centaine de chansons, Akli Yahiatène a également chanté en arabe, la chanson El Menfi étant la plus connue. Pour lui, la question de la langue et de la race ne devrait pas être posée, indiquant que des artistes juifs ont chanté et composé des chansons en arabe et ont contribué à l’essor de la chanson. Aujourd’hui, l’artiste semble agacé et déçu par certaines pratiques qui dénaturent la valeur de la chanson et découragent les chanteurs, notamment comme les reprises des chansons et le manque de professionnalisme chez certains éditeurs. « Par exemple, le chanteur Rachid Koceïla a repris quelques-unes de mes chansons et quand un journaliste lui a demandé pourquoi, il a répondu que c’était pour faire plaisir à Akli Yahiatène car il n’est pas connu. Faut-il en rire ou en pleurer ? », s’est-il interrogé devant un public hilare. Il ajoutera que non seulement les chansons ne sont pas reprises dans les normes, mais elles le sont sans les autorisations de l’auteur, du compositeur et de l’éditeur. Sous d’autres cieux de telles pratiques sont passibles de tribunaux, a-t-il précisé. « Une fois j’ai déposé une cassette piratée chez l’ONDA, mais on l’a jetée dans la poubelle. On n’est pas protégé », a-t-il répondu à un intervenant dans la salle. Cette sortie publique de Akli Yahiatène a été pédagogique. Le public, en majorité jeune, l’a acclamé car il l’a égayé cette rencontre avec des morceaux choisis de son répertoire. Son « oud » légendaire et sa voix inégalable ont ébloui l’assistance.



Par Saïd Gada

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