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Le temps du plagiat

Si entre BINATNA et Nass Mlah City, il y a une ressemblance (ou une coïncidence) un peu trop flagrante qui laisse supposer que la série réalisée par Moussa Haddad n’est pas allée bien loin pour trouver sa source d’inspiration, une similitude dans le style et l’ambiance générale du sitcom qui, en tout cas, n’a pas échappé au téléspectateur averti, Wahiba pose en revanche un vrai problème de plagiat dans la mesure où la scénariste du film Malika Youcef, qui est également l’actrice principale, est accusée d’avoir structuré son feuilleton autour d’une trame qui lui est étrangère.



Om Hani Khalifa, auteur connu en Egypte, est formelle à ce propos, affirmant que l’histoire que raconte Wahiba lui appartient et portait même à l’origine le nom de Ibtissame Beyoun Hazina. Ainsi donc, non seulement le feuilleton réalisé par Messaoud Laïb a été un monumental ratage d’un point de vue cinématographique, il est sujet, ce qui est encore plus grave, à une considération d’éthique qui porte fatalement préjudice au monde de la production télévisuelle nationale où jusque-là les limites de la déontologie professionnelle semblent toujours avoir été respectées. Malika Youcef, qui s’est exprimé dans la presse sur les attaques dont elle a fait l’objet a tenté, en vain, de minimiser l’affaire. En reconnaissant avoir “piqué” l’idée de la trame écrite par Om Hani Khalifa, elle jette un gros pavé dans la mare que ses explications sur les changements qu’elles avoue avoir apportés au niveau du scénario pour traiter une histoire tirée de faits réels ne peuvent atténuer. Pour réparer, elle s’est dit prête à rencontrer la dépositaire véritable de l’histoire pour lui proposer un arrangement qui pourrait faire taire éventuellement le scandale, mais cette dernière, en maintenant que son scénario a carrément été calqué et non adapté, se refuse à tout compromis et serait tentée de porter l’affaire devant les tribunaux si l’on en croit certains échos venus du Caire. Triste sort n’est-ce pas pour un produit artistique qui pouvait être dispensé de tant d’aléas si son concepteur n’a pas cédé à la règle de la facilité. Cette mésaventure, qui entache qu’on le veuille ou pas la crédibilité de notre petit écran dont le tort aura été de ne pas se montrer suffisamment vigilant sur les garanties de l’authenticité de l’œuvre qui est déposée sur le bureau de la commission de contrôle, interpelle le milieu de la création chez nous sur les dangers qui le guettent lorsqu’il se montre vulnérable devant des impostures de ce genre. Et les contrefaçons, ce n’est pas ce qui manque dans un univers culturel où les incompétences sont légion et où surtout l’affairisme et l’opportunisme trouvent un terrain ouvert pour avancer. Si Wahiba, certainement l’un des feuilletons les plus insipides et les plus faibles techniquement que le téléspectateur algérien a eu à voir pendant le mois de Ramadhan, a réussi à se hisser au rang de tête d’affiche, c’est que quelque part le niveau d’appréciation et d’évaluation du produit culturel a drôlement baissé. Le petit écran national est-il devenu une boîte à miracle où n’importe quelle réalisation qui produit des images et du son se voit offrir toutes les chances de connaître une carrière inespérée au grand dam du téléspectateur algérien forcé à la consommation de navets les plus affligeants ? A voir le programme de cette année, on est tenté de le croire. Un feuilleton qui n’a même pas eu l’élégance de meubler comme le veut la tradition tout le mois de Ramadhan s’en est allé presque sous les huées du public, un autre s’installe sans crier gare avec un titre (El moukaouel) qui résonne mal et qui s’affiche comme un produit indigeste dont on se moque résolument. Un de plus, un de trop...



Par A. M.

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