C’est donc réglé et l’Etat a solutionné un grand problème national. Les Algériens peuvent maintenant suivre la Coupe du monde, grâce à des cartes à 2000 DA, valables un mois. Si le méchant ART n’a finalement fait que découper un abonnement d’un an en tranches de 12 mois, la victoire est encore à mettre sur le compte du Président puisque la solution a été annoncée comme venant de lui. Le régleur a donc encore frappé. Jusqu’où s’arrêtera-t-il, se demandent, émerveillés, ses partisans. Du coup, tout le monde se demande comment faisait-on avant, quand il n’y avait pas de régleur pour apporter des solutions. Avant ? Avant, il y avait les démodulateurs numériques et des bouquets emplis de bonnes choses gratuites grâce à des flashages pirates qui fonctionnaient. Encore avant, il y avait les démodulateurs analogiques et les quelques chaînes françaises qui changeaient la vie des Algériens enfermés. Encore bien avant, à l’époque de Bouteflika, il y avait des antennes UHF pleines d’éléments, des amplis, des préamplis et des rotors pour capter les chaînes hertziennes à la source, de là où elles émettent. Et bien avant ? Avant, il n’y avait rien, c’était le grand vide télévisé. Rien ou presque, puisque avant, dans les années 1960 et 1970, il y avait la RTA, seule chaîne à voir, quand on avait une télévision. Si en Europe, on a depuis multiplié par 1000 le nombre de chaînes possibles, réinventé la télévision et son contenu, créé les satellites, les transmissions numérisées, les systèmes de cryptage toujours plus perfectionnés, la TV par internet, par TNT et même par téléphone portable, il est malheureux de constater que la RTA n’a pas changé en 40 ans. Mêmes émissions et même discours, avec cette même impossibilité de la capter avec une fourchette. La RTA n’a pas changé ? C’est injuste. En 40 ans, la RTA s’est transformée. Elle s’appelle maintenant ENTV.
Par
